NICOLAS COPERNIC
moments qu’il pouvait dérober à ses malades et à l’enseignement; sans signaler Bainbridge, astronome anglais du xvif siècle, connu surtout pour sa description de la comète de 1618, et qui avait fait ses études médicales avant d’occuper une chaire d’astronomie à l’Université d’Oxford.
Rappelons encore que, lorsqu’en 1582, Grégoire XIII entreprit la réforme du calendrier établi par Jules Gésar, ce fut un médecin de Calabre, Louis Lilio, qui en posa les bases, en donnant le plan dudit calendrier, adopté depuis sous le nom de calendrier grégorien.
Ayons garde surtout d’oublier Copernic, le précurseur direct de Galilée, qui fut, en même temps qu’astronome, mathématicien, peintre et... médecin.
Dès l’âge de dix-huit ans, Copernic avait suivi des cours de médecine et de philosophie à l’Université de Cracovie.
C’est à Padoue qu’il aurait obtenu son diplôme de docteur. Mais il dut souvent interrompre ses études médicales par de fréquentes excursions à Bologne où l’attiraient la réputation et les vastes connaissances du professeur Maria de Ferrare, dont l’exemple et les conseils le fortifièrent dans le goût qu’il témoignait déjà pour l’astronomie.
Malgré son immense savoir — ou peut-être à cause de cela même — la modestie de Copernic égalait son génie : après avoir découvert le système
du monde, il hésitait à faire imprimer son travail; ce fut seulement quelques heures avant sa mort qu’il en reçut le premier exemplaire.
Le grand homme était loin de se douter à cette heure suprême que sa géniale découverte était assurée d’un renom immortel !
Tout le monde sait comment Galilée découvrit, un jour, l’isochronisme des oscillations du pendule, en observant les mouvements d’une lampe suspendue à la voûte de la cathédrale de Pise. Galilée suivait, à cette époque, à l’Université de Pise, des cours de physique et de médecine (1). La direction de ces études le conduisit à chercher et à trouver un procédé pour mesurer avec exactitude le nombre des pulsations artérielles. La première pendule qu’il construisit d’après le principe du pendule, reçut cette destination. Cet appareil se trouve décrit, pour la première fois, dans un ouvrage de Sanctorius publié en 1607 à Venise. En dépit de toute justice, Sanctorius s’attribuait l’invention de l’instrument imaginé par Galilée, et qu’il s’était contenté de baptiser (2). Galilée a eu d’ailleurs cette bonne ou mau-
1. Rappelons à ce propos que Galvani, surtout connu par ses merveilleuses découvertes de physique, était professeur d’anatomie à Bologne.
2. Sanctorius l’appelle pulsilogium dans l’ouvrage publié sous ce titre : Methodi errorum omnium qui in arte medicâ contingunt.