‹ Les évadés de la médecineChapitre 25 sur 117 · LO · texte numérisé non relu

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Origine des Petites Affiches Fac-similé réduit ( Bibliothèque ville de Paris )

donna la vogue. Depuis, le gros vulgaire les approuva. Aujourd’hui, M. Bouvard, premier médecin du roy, les a mises au plus haut point de la réputation que sa grande fidélité, capacité et expérience peut donner à ce qui le mérite vers Sa Majesté, qui en boit icy par précaution et presque toute La Cour à son exemple. »

Ce n’était encore qu’un essai timide de publicité; d’autres, par la suite, se montreront plus audacieux.

L’annonce, amorcée par Renaudot, allait se perfectionner avec son continuateur, nous ne dirons pas son successeur, le gazetier Loret.

La gazette de Loret offre cette singularité qu’elle est en vers, plus ou moins mirlitonesques, mais la rime y est. Loret est un journaliste généralement bien informé. Il nous fait, par exemple, connaître les expériences de la machine à calculer du jeune Pascal, sans se douter qu’il donne l’éveil sur le génie d’un grand homme, Mais les charlatans n’obtiennent pas de notre gazetier une moindre recommandation auprès du public : s’il ne peut fournir de précision, il donne des indications suffisantes pour qu’on se renseigne en lieu sûr. Parlant du conférencier Richesource :

Les affiches qu’en grosse lettre Aux lieux publics il fera mettre,

Pourront apprendre où ce sera Au curieux qui les lira.

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Il sera plus explicite, hâtons-nous de le dire, lorsqu’il s’agira de vanter les perruques du hel-air que tenait Mme Touzé, les friandises du célèbre confiturier Francœur, ou l’hypocras de Maillard, « apothicaire près Saint Honoré ». Pour le coup, c’est bien le type de la réclame industrielle, et nous sommes en 1661 !

Que gagnait Loret à faire cette besogne? Nous l’ignorons, mais il est à présumer qu’il devait y trouver quelques profits, sans quoi eut-il persévéré?

Dans la Liste des avis du Bureau d’adresse , pour servir depuis le 1er jour de l’an 1670, nous relevons une annonce qui ne déparerait pas la quatrième

page de nos journaux; en voici le texte savoureux :

« Le Philosophe inconnu, arrivé depuis peu, fait toujours débiter l’eau catholique de Paracelse », — il s’agit de l’eau de mélisse, qui se vendait déjà dans les premières années du règne de Louis XIII, et dont les Carmes de la rue de Vaugirard finirent par accaparer le monopole (1).

Cette eau catholique de Paracelse, « remède universel contre toutes les maladies », se trouvait « chez le sieur d’ Aiguillon, de la Férié ». On la vendait « 6 livres l’once et aux pauvres gratis.... 6 gouttes, prises dans ce qu’on voudra, est un préservatif cordial pour maintenir la santé ».

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