‹ Les évadés de la médecineChapitre 3 sur 117 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

A l’âge où les vocations sont indécises, où l’âme de d’enfant, à lia veille de l’adolescence, cherche à entrevoir le but de ses aspirations inquiètes, la médecine est, de toutes les (professions, celle à qui vont les prédilections studieuses.

La puissance de cet attrait s’explique-t-elle par ce fait que lia médecine est la science qui sert de lien à toutes les autres, la science du mécanisme humain et de ses fonctions?

Aujourd’hui, comme autrefois, ne faut-il pas, pour ll’aborder, une éducation solide, une variété de connaissances et d’aptitudes qui, à l’occasion, nous permettent d’aborder presque toutes les carrières? C’est un fait que la plupart des personnages qui ont occupé les biographes, ont débuté, dans la vie intellectuelle, par des études médicales, ou en ont eu la curiosité.

Ces études exercent le raisonnement, développent le sens critique, exigent l’esprit d’à-propos. En fautil davantage pour éveiller nos dispositions latentes, pour nous révéler à nous-mêmes nos capacités?

La liste est longue des savants qui ont cultivé, avec un égal succès, toutes les branches des connaissances humaines. Aujourd’hui où chacun tend à se spécialiser, on compte les têtes encyclopédiques, autrefois il n’en allait pas ainsi : ils sont légion ces auteurs qu’en bibliographie on désigne du nom de polygraphes, pour bien marquer l’embarras d’une classification précise.

Tout à la fois poètes, dramaturges, philosophes, mathématiciens, ils sont, pour mieux dire, la synthèse d’une époque. Aurons-nous dès lors, quelque surprise à les voir cultiver la médecine, cette science de tant de complexité?...

Ce fut jadis une révélation pour le monde lettré d’apprendre que le Dante, avant d’être diplomate, historien, et surtout le plus grand poète de son siècle, avait été inscrit sur le registre des médecins et apothicaires de Florence.

Les lois de la république florentine prescrivaient aux citoyens qui sollicitaient un emploi public, de se faire immatriculer sur les registres de l’un des arts majeurs, entre lesquels la ville était partagée, Le Dante s’inscrivit pour le sixième (celui des médecins), soit qu’il possédât, parmi ses biens de famille, une boutique d’apothicaire, soit qu’il ait eu primitivement le désir d’embrasser la carrière médicale.

Faut-il attribuer à cette circonstance cette sorte de divination de la plupart des découvertes scien-

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