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On se souvient de son épigramme, d’un sel par trop gros

Ton frère, dis-tu, l’assassin,

M’a guéri d’une maladie ;

La preuve qu’il ne fut jamais mon médecin,

C’est que je suis toujours en vie.

A (rencontre de son affirmation, n’avons-nous pas celles de Perrault et de son frère, qui sont au moins aussi dignes de créance?

Boileau, disons-le en passant, a olfert un exemplaire réussi de ce que nous nommerions le parfait arthritique.

A l’âge de dix ans, il avait été taillé de la pierre (1). Plus tard il avait eu plusieurs accès de coliques néphrétiques; puis étaient survenus des accès d’oppression, de véritables crises d’asthme, qui ne laissaient pas que de l’incommoder fort.

Tous les médecins lui affirmaient « que cela s’en irait et se moquaient de lui quand il témoignait douter du contraire» (2). Mais il restait sceptique, non sans raison de l’être.

Quand on le mettait sur le chapitre de sa santé, le pion du Parnasse ne tarissait pas : dans toutes ses épîtres, il se met complaisamment en scène avec le bonnet d’Argan sur la tête.

En 1676, il fait savoir au duc de Vivonne, qui ne devait avoir cure « de ces étranges bagatelles », qu’il vient d’être tourmenté d’une maladie très violente pendant quatre mois : en même temps, il lui

1. V. la Correspondance de Boileau et Brossette, édit. Laverdet, p. 562.

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