DE LA REYNIE
Traita
VISA PROBATOIRE DE L ’OUVEAQE DE PAPIN
Il ressort de cette déclaration, que Papin a bien pris ses grades à Angers, et que, se trouvant dans l’impossibilité d’acquitter la rémunération due aux professeurs, il a pris l’engagement de les désintéresser sur les premiers honoraires qu’il toucherait dans l’exercice de sa profession, dans cette même ville d’Angers, où il avait l’intention bien arrêtée de s’établir : immorari et médicinaux facere voluero. Denis Papin accomplit-il sa promesse? On est réduit, sur ce point, aux conjectures (1).
De 1669 à 1671, on le perd de vue, sauf qu’en 1670, te 27 septembre, il a signé, en qualité de parrain, sur les registres de baptême des protestants de Blois; mais était-il revenu dans sa ville natale en vue de cette cérémonie, ou y résidait-il à cette époque? Il est malaisé, faute de renseignements plus précis, de se déterminer pour l’une ou pour l’autre de ces hypothèses.
demande, lorsque je viendrai me fixer et exercer la médecine dans cette ville. Je m’engage, en outre, à répondre publiquement (soutenir la thèse), à prendre les insignes du doctorat selon les usages de ladite académie, et à payer tous les frais nécessaires et habituels, dont les susdits maîtres docteurs m’ont accordé la remise, après un examen privé et probatif.
« En foi de quoi, j’ai écrit les présentes lettres de ma propre main.
« Donné à Angers, le onzième jour de juillet 1669.
« Denis Papin. »
1. Des recherches faites à l’Ecole de médecine d’Angers par son distingué directeur, M. le docteur Boquel, n’avaient, au moment où nous écrivions ceci, abouti à aucun résultat.
DENIS PAPIN
Nous le retrouvons à Paris, vers la fin de 1671, où le célèbre Huyghens, depuis peu de retour d'un voyage en Hollande, se l’est associé dans ses travaux.
L’auteur de la Dioptrique avait dû faire la connaissance de Papin à Angers; ils s’étaient vraisemblablement rencontrés sur les mêmes bancs, bien que Huyghens, en raison de son âge plus avancé, ait dû quitter l’Ecole plusieurs années avant Papin. De 1671 à 1674, Papin vécut constamment auprès de Huyghens, dans les bâtiments de la bibliothèque du Roi, et c’est en cette année 1674 — Papin avait alors 27 ans — que parut le premier de ses ouvrages : Nouvelles expériences du vuide, avec la description des machines qui servent éi le faire. M. Hubin, célèbre «émail leur du roi et ami de Papin, se chargea de mettre ce volume sous les yeux des membres de l’Académie des Sciences, et le Journal des Savants le mentionna deux fois avec éloges.
Entre temps, Papin s’était lié avec un homme qui devait exercer sur sa carrière la plus heureuse influence : dès 1672, Leibnitz avait fixé sa résidence à Paris, où il ne demeura pas moins de quatre ans. Il se rendait fréquemment à la bibliothèque royale, pour assister aux expériences de Huyghens, et c’est là qu’il se lia, avec le jeune Blésois, d’une de ses amitiés qui, malgré des nuages passagers, durent jusqu’à la mort.
Quelques mois à peine après la publication de l’écrit qui avait fait connaître Papin au public scientifique, le jeune physicien français passait en Angleterre. Etait-il survenu des dissentiments entre Huyghens et lui? Il semble, au contraire, qu’ils aient conservé les meilleures relations. Tandis que Huyghens recommandait son ancien condisciple d’Angers aux membres tes plus influents de la Société Royale de Londres, notamment à Boyle, son fondateur, et à Robert Hooke, Papin tenait son protecteur au courant des nouveautés scientifiques et s’acquittait avec zèle des commissions qu’il voulait bien lui confier. Il apparaît plutôt que Papin aurait été mis dans la nécessité de chercher une position a l’étranger, pour n’avoir pas trouvé, à Paris, l’occasion d’exercer fructueusement ses talents.
Faut-il croire qu’une imprudence des siens ou de Ses coreligionnaires l’ait contraint à prendre cette détermination? Rien n’autorise à l’affirmer. Bien que la Révocation de l’Edit de Nantes, en 1685, ait été précédée, pendant vingt-cinq ans, de mesures sévères contre les protestants, il n’est nullement prouvé qu’en 1675, l’année du voyage de Papin à Londres, les médecins réformés fussent déjà inquiétés dans l’exercice de leur profession. Si l’on s’en rapporte à Fontenelle (1), ce n’est qu’en 1681 que