‹ Les évadés de la médecineChapitre 5 sur 117 · Cantu, Histoire universelle, 176, t. II · texte numérisé non relu

Cantu, Histoire universelle, 176, t. II

près avoir vécu quelque temps dans le commerce des grands esprits.

Ainsi César Scaliger, qu’on a nommé le dicta* teur des lettres au xvic siècle, celui dont le judicieux de Thou disait « qu’il n’y avait pas dans l’antiquité un homme qui lui fût supérieur », Sealiger excellait aussi bien dans les sciences positives que dans les travaux d’imagination. L’anatomie, la botanique, lui étaient aussi familières que la philosophie, la grammaire ou la poésie.

Né à Padoue, à Venise, ou à Vérone (le problème reste à résoudre), fils d’un peintre en miniatures, Sealiger était venu en France à la suite d’Antoine de la Rovère, évêque d’Agen, qui se l’était attaché comme médecin. Il se fit naturaliser, dès son arrivée dans notre pays. Les lettres de naturalisation lui furent expédiées en 1528, au nom pompeusement solennel de Jules-César de Lescalle de Bordonis, docteur en médecine. Il semble s’être souvenu de ses premières études, quand il a écrit ses commentaires sur le livre des Insomnies d’Hippocrate, sur l’ouvrage des Plantes de Théophraste, et sur VHistoire des animaux d’Aristote. On lui doit aussi d’avoir fait adopter une classification botanique plus rationnelle que celle qui avait cours à son époque. Mais son vrai titre de gloire est d’avoir édicté, avant Malherbe et Boileau, les règles véritables du style.

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