Mélanges d’histoire et de littérature , I
des fervents du spiritisme s’essaient encore à faire revivre la mémoire.
Médecin pareillement Nostradamus, que son instinct prophétique a fait tourner en dérision par les écrivains du xvie et du xvii8 siècles, et que les critiques de nos jours ont peut-être trop hâtivement jugé.
Par ses attaches familiales, Nostradamus était destiné, -dès sa naissance, à la médecine.
Son aïeul paternel, Pierre de Nostradamus, médecin du roi de Calabre, était fils de René le Bon, roi de Navarre et comte de Provence.
Son aïeul maternel avait été conseiller et médecin du roi René.
Sa philosophie terminée, le jeune Nostredame, tel était son véritable nom, fut envoyé à Montpellier pour y suivre des cours de médecine. Il était encore sur les bancs de l’ Ecole, quand éclata dans la contrée une fièvre pestilentielle (1), qui y causa de
1. Voici comment César Nostradamus, fils du prophète, décrit cette épidémie. C’est d’un laconisme pittoresque et saisissant : « Les personnes atteintes de cette maladie chassent incontinent toute espérance de salut, se cousent ellesmêmes en deux blancs suaires, et se font mesme en vie (ô chose non jamais vue) leurs tristes et lamentables obsèques.
« Les maisons sont abandonnées et vides, les hommes défigurés, les famés éplorées, les enfans éperdus, les vieillards étonnés, les plus forts vaincus et les animaux poursuivis. Le palais clos et fermé, la justice en silence et discrétion, Thémis absente et muette, et le portefaix en crédit.
« Les boutiques fermées, les arts cessés, les temples soli-
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