IMPRIMATUR
Parisiis, die 22 jitnii 1907.
G. Lefebvre,
Vie. gen.
INTRODUCTION Le Saint Evangile dans la Liturgie,
I. — L'ancienne Synagogue, pleine de vénération pour les Livres inspirés, n'a jamais manqué d'en faire la lecture pendant les réunions qu'elle tenait chaque semaine. Deux passages, l'un tiré du Pentateuque, l'autre emprunté aux Prophètes, étaient lus, chaque samedi, devant l'assemblée; la distribution en était faite de façon à assurer la lecture complète de ces deux parties de la Bible une fois par année. Nous savons par saint Luc que cette pratique existait au temps du Sauveur : être invité à faire ou à commenter la lecture, c'était recevoir un honneur, une marque de distinction. Le disciple a consigné dans son évangile (iv, i6) la scène qui se passa à la synagogue de Nazareth au moment où Jésus y entra; puis, au livre des Actes (xiii, 15), il nous donne la même attestation en signalant la présence de saint Paul dans la synagogue d'Antioche de Pisidie.
Le fait fut pris sans nul doute pour une indica-
tion et les premières assemblées chrétiennes furent sanctifiées par la lecture des Saints Livres. A mesure qu'étaient communiquées aux églises les partiesqui devaient bientôt former le Nouveau Testament, la lecture en était jointe à celle des extraits de l'Ancien. Des interprètes ont vu une allusion à la lecture de l'écrit de saint Luc dans ce passage delalPépître aux Corinthiens : viïl, i8 : Mishnus etiain cum illo (scil. Titojfratreut ciijiis laits est in evangelïo per omîtes ecclesias ; plus manifestement encore, saint Paul marque ses intentions au sujet de la pratique dont nous parlons quand il écrit, Colos., IV, i6 : Et citm lectajîieritapudvos epistola hœc, facite itt et tu Laodicensmm ecclesia légat Hv, et eaiit qîtœ Laodicensmin est, vos legatis. Des années devaient s'écouler encore avant que l'Eglise de Jésus-Christ pût offrir un ensemble de lectures bien délimitées et distribuées à travers le cycle liturgique ; il y a néanmoins dans ces débuts comme un premier germe ; ce germe va bientôt se développer et il est intéressant d'en suivre l'évolution. Le lecteur entrevoit déjà l'objet de notre travail, et comprend que nous soyons amené à en restreindre le cadre : dire quel fut l'emploi du Nouveau Testament dans la liturgie chrétienne nous entraînerait bien au delà des limites d'un petit opuscule ; nous nous bornerons à parler de l'usage de l'Evangile et des Evangéliaires depuis les premiers temps de l'Eglise jus-
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qu'au XV"^ siècle, époque où les manuscrits cèdent la place aux livres imprimés.
Tel est donc le plan que nous nous proposons de suivre. Quelques lignes d'introduction vont donner une idée générale des recueils où se trouvent soit le texte évangélique lui-même, soit l'indication des passages à lire durant l'office divin ou la célébration des saints mystères. Ensuite, ^mettant à profit les manuscrits connus jusqu'à ce jour, on essaiera de dire le genre de recueils que présente chaque époque de l'histoire, la répartition du texte sacré au cours de l'année liturgique, les formules ajoutées pour commencer ou pour terminer la lecture, le cérémonial institué pour traduire la vénération et le respect envers la divine parole. Chacun de ces points fournit la matière de développements plus ou moins considérables suivant les époques : on peut, en adoptant l'ordre chronologique, établir la division suivante :
i'^ Première époque : les quatre premiers siècles de l'Eglise.
2'' Deuxième époque : du v" au x® siècle.
3*^ Troisième époque : du x^ siècle au milieu du XV.