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II. — Idée générale des Recueils

Le passage des saints Livres, lu dans les réunions liturgiques, fut désigné parfois sous le nom de « Péricope ». Ce mot, dans la langue profane,

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signifie : « fragment d'un auteur » ; Origène l'emploie en parlant d'un passage lu dans les assemblées chrétiennes, saint Jérôme également s'en sert quelquefois dans le même but : cependant l'expression n'est pas passée dans la langue liturgique de l'Eglise. Les protestants, à la suite de Luther, l'ont adoptée et s'en servent aujourd'hui pour désigner, non pas les anciennes péricopes de l'Eglise, mais « toutes les lectures chrétiennes ordonnées dans leurs services » (i).

Le mot qui a prévalu dans la liturgie catholique est celui de Leçon {lectio, lecture) ; d'où dérive l'expression « Lectionnaire ».

Les recueils spéciaux n'existèrent pas dès le commencement. On se servit, au début, des livres bibliques eux-mêmes, soit isolés, soit groupés de diverses façons. Nul point d'arrêt n'y était marqué à l'avance pour la lecture. « Le président de l'assemblée choisissait les passages à lire et arrêtait le lecteur quand il le jugeait à propos. Plus tard, il y eut pour chaque dimanche et chaque fête un texte déterminé : on continua néanmoins à se servir de bibles complètes, où se trouvaient marqués le commencement et la fin des leçons, soit en marge, soit dans une table placée en tête du volume. » A cette table, on donna, en grec, le nom de Synaxaire ; en latin, celui de Capitulaire. « Bientôt, on en vint

(i) Article « Pericopen » dans la Realencyclopàdie de Herzog.

à découper dans les livres de la Bible, et même dans les Evangiles, les leçons des différents jours de l'année ; on eut ainsi, au lieu d'Evangiles, des Evangéliaires , au lieu de Bibles entières, des Lectîonnaires. Encore, finit-on par fondre dans le même recueil les leçons de l'Ancien Testament, des Epîtres, de l'Evangile ; on y mit aussi des extraits de certains autres livres (i). »

Un mot d'explication sur les noms donnés aux différents recueils : le Capitulaire des Evangiles est l'index ou la table marquant le passage à lire de l'Evangile par la simple mention des mots du commencement et de la fin ; le Lectïonnaire, suivant Agobard, est le livre des leçons empruntées aux différents écrits de la Bible et mises dans un ordre convenable ; l'expression fut néannioins restreinte au recueil des Epîtres, qu'on appelait aussi Epistolaire, On donna encore à ce dernier le nom ^Apostolique ou Livre de l'Apôtre^ parce que les leçons qu'il contenait étaient tirées des écrits des Apôtres et notamment de saint Paul. Entendu dans son sens le plus large, c'est-à-dire comme contenant prophéties, épitres, évangiles, le Lectionnaire fut appelé aussi Contes, Liber coinitis ou Liber comicas : cette dénomination très ancienne est fondée, dit Du Cange, peut-être sur ce qu'un recueil de ce genre fut dédié à un grand

(i) Mgr Duchesne : Origines du Cîiîte chrétien, p. io6. — Dora Guéranger : Instittiiions litur^iqîies^ tom. III, p. 271.

personnage, ou plutôt sur ce que les ecclésiastiques doivent avoir ce recueil avec eux comme un coiJtpagîion inséparable pour en lire le contenu, pour le méditer jour et nuit (i). Le recueil fut quelquefois aussi appelé Pléiiiaire, sans doute par opposition aux Lectionnaires abrégés ou Capitulaires qui donnaient une simple indication des passages à lire, tandis que le Pléniaire renfermait le passage en entier.

\J Evangéliaire s'entend, dans son sens plus strict, du recueil des Evangiles à lire, à l'exclusion des autres lectures : qu'il s'agisse du texte complet ou des mots du commencement et de la fin (comme dans le Capitulaire des évangiles). — Que le lecteur veuille bien retenir ces quelques explications pour l'intelligence de ce qui va suivre : les dénominations signalées et certaines autres (comme Sacramentaire, Missel) seront employées l'une pour l'autre au cours de cet opuscule, mais uniquement comme source de renseignements sur l'usage de l'Evangile dans la liturgie (2). '

(i) Du Cange, Glossaire. — Voir aussi dans les œuvres du B. Tommasi, préface du tom. V, p. xxi.

(2) On peut également pour toutes ces notions consulter Zaccaria : Bibliotheca ritualis, tom. I, p. 35, livre I, ch. 3.

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