‹ Les Évangiles apocryphesChapitre 155 sur 211 · chapitre VI · texte numérisé non relu

chapitre VI

Marie était un objet d'admiration pour tout le peuple, car, lorsqu'elle avait trois ans, elle marchait avec

gravité, et elle s'adonnait si parfaitement à la louange du Seigneur, que tous étaient saisis d'admiration et de surprise; elle ne semblait pas une enfant, mais elle paraissait déjà grande et pleine d'années, tant elle vaquait à la prière avec application et persévérance. Sa figure resplendissait comme la neige, de sorte que Ton pouvait à peine contempler son visage. Elle s'appliquait au travail des ouvrages en laine , et tout ce que des femmes âgées ne pouvaient faire , elle l'expliquait, étant encore dans un âge aussi tendre. Elle s'était fixé pour règle de s'appliquer à l'oraison depuis le matin jusqu'à la troisième heure et de se livrer au travail manuel depuis la troisième heure jusqu'à la neuvième. Et depuis la neuvième heure, elle ne discontinuait pas de prier jusqu'à ce que l'Ange du Seigneur lui eût apparu, et elle recevait sa nourriture de sa main, afin de profiter de mieux en mieux dans l'amour de Dieu. De toutes les autres vierges plus âgées qu'elle et avec lesquelles elle était instruite dans la louange de Dieu , il ne s'en trouvait point qui fût plus exacte aux veilles , plus instruite dans la sagesse de la loi de Dieu , plus remplie d'humilité , plus habile à chanter les cantiques de David, plus gracieuse de chanté , plus pure de chasteté , plus parfaite en toute vertu. Car elle était constante, immuable, persévérante, et, chaque jour , elle profitait en dons de toute espèce. Nul ne l'entendit jamais dire du mal, nui ne la \it jamais se mettre en colère. Tous ses discours étaient pleins de grâce et la vérité se manifestait dans sa bouche. Elle était toujours occupée à prier ou à méditer la loi de Dieu. Et elle étendait sa sollicitude sur ses

compagnes , craignant que quelqu'une d'elles ne péchât en paroles, ou n'élevât sa voix en riant, ou ne fût gonflée d'orgueil, ou n'eût de mauvais procédés à l'égard de son père et de sa mère. Elle bénissait Dieu sans relâche , et pour que ceux qui la saluaient ne pussent la détourner de la louange de Dieu , elle répondait à ceux qui la saluaient : « Grâces soient rendues à Dieu î » Et c'est d'elle que vint l'usage adopté par les hommes pieux de répondre a ceux qui les saluent : « Grâces soient rendues à Dieu ! » Elle prenait chaque jour pour se substanter la nourriture qu'elle recevait de la main de l'Ange (6), et elle distribuait aux pauvres les aliments que lui remettaient les prêtres du Temple. On voyait très-souvent les Anges s'entretenir avec elle , et ils lui obéissaient avec la plus grande déférence. Et si une personne atteinte de quelqu'infirmité la touchait, elle s'en retournait aussitôt guérie.

Page 1