LA XL* ET DERNIÈRE EUVANGILLE
Quant une femme pour aler pissier engambe de nuit pardessus son marj, se c*est devant le tiers chant du cocq, affin que bras
B. Troisième Série. i5t ou jambe ou autre n'en perde sa souplesse, la doibt faire retourner ainsi qu'elle ala; et/ se cest après le chant derrenier, elle a loy de s'en retourner par ailleurs (IV, 20).
A tant finent les Euçangilles des Que- T%ouUes^jadiz recueillies par honnorables et discrète^ personnes, maistre Fouquart de Ca\m^raf, maistre Anthoine du Val et Jehan d'Arras^ dit Caron.
[quatrième SERIE.]
\ EPUis les précédentes Eayangiles [ est avenu que un homme et safem- I me aloîent de LilleàlaBassée,et, environ Foumes,lessurprintla nuit moult obscure, et assez tost après ilz se des voyèrent, par ce que, à leur avis, tousjours yeoient loing d'eulx une chandeille. Si sieuyirent icelle jusques au prèz du jour, qu'ilz s^apperçeurent estre retournez ou lieu où la nuit les ayoit pris. Dont lendemain s^espandy la nouvelle entre les vieilles aux séries où les fileresses de coustume s'assemblent, où souvent estoit parlé de Sebille et des faéez.
[i]. Sur quoy fut dit et conclud pour Euvangile par une vieille ridée, que ces deux gens ainsi abusez avoient faussement amé Tun l'autre, et que le luiton avoit poveoir de les ainsi mener et abuser jusques à ce que la femme aura de son mary ou fîlz ou fille.
B. Quatrième Série. i53 • [2]. En non Dieu, respondy une autre non moins jone, quant premièrement je amay par amours, qui fut assez loyaument, toutesfois le luiton m^abusa maintes fois, et aussi me trâPveiUa le quauquemare souvent, jusques à ce que je y eus remédié.
[3]. Je tous prie, dist une autre sans dens qui aloit aubaston, que tu me dyes par comment tu fus quitte de la quauquemare, qui aincoires me traveille souvent ; car, se ne fust ce meschief, et un, que bien congnoy, à mon plaisir me requeroitde marier, jà ne lui refuseroie.
[4]- Pour aussi vray que Euvangille, respondy celle, on me fist prendre viij festus cueillis la nuict de sainct Jehan , et dlceulx en faire iiij petites croix et les mettre aux quatre corons de mon lit, et ainsy enfus délivré.
[5]. Certes ainsy en feray-je, respondy la vielle, affin de parvenir, se Dieu veult, aincoires au dessus de mon désir.
[6]. Certes, dist une autre fileresse non gaires ancienne, moult de fois ay oy parler des luitons; mais oncques n'en fus abusée.
Mais de la quauquemare ne me sçay faire quitte. J'ay autres fois oy dire que qui moust ses vaches le vendredy par entre deux jambes par derrière, la quauquemare
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le trayeille tost, et son marj en a Tayenture. Mais je n'y ay volu entendre. Il a autrement du mal assez, et si m'en porroit estre de pis; tous entendez bien le siu*plas.
[7]. Il n'y a point de faulte, dist l'une des filleresse , qui yeult estre quitte de la quaur quenuube, si s'endorme les brais en croix, et qui si se doute du luiton, si veste sa chemise ce devant derrière.
[8]. Le luiton, dist une autre moult vielle , quant j'estoie à marier , me suivoit de nuit où que j'aloye et grant paour me faisoit. Une nostre voisine me dist z Porte du pain avec toy, et quant volenté te prent de pissier,fay ton aise, et tandis mengue de ton pain ; s'il te voit ce faire, jamais plus il te suivera.
[9]. La survint une jadis compaigne à dame Traseline, qui dist : Or ça, où sont voz devises? — Sachiez, dist une vielle, que nous parlons des luitons , de la quauquer mare et des travaulz qu'ilz nous donnent souvent. — Et, pour aussi vray que Euvangile, dist celle compaigne , se ilz vous ont traveillié, pas ne m'ont oublié ; car, n'eust esté l'ayde de dame Traseline, qui sçet des secrez de Sébile, j'estoie perdue.
[10]. Mais parlons de ces leus vvarous, qui n'est riens si dangereux que leur mon*
B. Quatrième Série. i55 tre. Car mon mary, que j'ay espousé et que tel Tay souppechonué, passé a xxxTJ ans m^en fait perdre maint beau sonmie. Je ne sçaj que penser, ne nul remède n'ay trouvé fors un seul. C'est de mon chat, qui va par nuit en amours ; car il me defiend contre tel péril, et se met au devamt de iceulx, et à toute heure defiend son ami.
[il]. Pour aussi vray que nous sommes icy assises, dist une autre filerresse , moult de fois, puis dix ans, quant de nuit j'aloie à la série, je rencontroie mon chat qui me venoit au devant, et si oioye après lui Mente comme de ours ou de vache alant et venant de loing après moy.
[12]. Je oy, dist une autre, jà pieça raconter à une ma parente qu'elle doubtoit son mary estre leu warou. Mais , par conseil, si tost qu'il estoit nuit , celle traynoit sa coroie ou son escourceul sur la terre après elle, etpar ainsi n'en povoit estre aprochié.
[i3]. Cela n'est point mauvais, dist une autre, car il est esprouvé. Mais quand il vous sieut, il vous [convient] avoir de la chandeiUe benoîte sur vous, et la tenez en vostre main sans alumer, et incontinent il vous eslongera et querra autre part son aventure.
i56 Appendice.
[i4]. Je oy, dist une autre vielle, jà pieça raconter à une mienne Toisine qui souppechoDDoit, son mari d^estre lea y72rou , car elle le perdoit souvent en yver, entre le Noël et la cbandeleur. Un soir elle se party de sa maison traynant son escoorceul après elle , et lendemain elle percent entre ses dens aincoires des pièces du fil dodit escourceul, que le matin avoit trouvé tout descbiré aux dens.
[i5]. Dist une autre vielle : Se un homme a telle destinée d'estre leu warou, c'est fort se son filz n'en tient , et , se filles a et nulz filz, volentiers sont quauquemaires.
[16]. Certes, dist lors une des plus sages de toute l'assemblée , je vous ascoute volentiers , et voz raisons ne sont que bonnes. Mais que me direz-vous des mors espéris? Il s'en fait bon garder, aussi bien que de luitons, de quauquemaires ou de leu warous ; car ilz traveillent sans estre veus, et aussi souvent confortent. Et les pires sont ceulx des enfans momez , et les plus courtois sont des enfans destruits, puisqu'ilz sont néz après leur baptesme occis ou estains,
[17] Dist une autre vielle : Quant l'enfant est néz, bien doit estçe baptisié, ou
B. QuATRiÈuE Série. 167 autrement, s'il n'est bien pourleu et à loisir, il aura en sa vie mal encontre ou quelque autre maie aventure.
[18]. Un homme qui femme prent par mariage doit avoir qu'elle ne soit née par jour périlleux, s'il n'en veult avoir povre jojc ; et pareillement doit la femme enquérir de son mari.
[19]. La eut une autre vielle qui dist:
Je me donne grant merveille de ces amans par amours, qui suivent leurs amies longtemps, puis reviennent et cuident estre amez comme devant. Certes ilz n'en ont garde ; je ne le sçay que par moy mesme ; et puis prient, et s'aucune chose leur est ottrojée, ils ne compèrent point et failient de promesse, puis vuellent revenir par excusation. Jamais après ce bien à femme ne feront.
[20]. Par ces croix, dist une autre vielle toute ridée, pas ne suis des plus jones ; mais, se le plus beau de tous autres m'avoit prié et en eust acquis quelque ottroy, et il deffailloit de sa promesse , jamais à temps n'y revendroit. Et se femme par sa folie autrement le fait, jamais bien ne lui en doit avenir.
[21]. Par CES deux mains, dist une autre
f58 Appendice.
vielle, j'en ay ea sept espoasez , qui tous m'ont wytotté, comme je donbte; mais, espérant d'en avoir nn bon , se de marier estoie requise, s'il estoit à mon plaisir, bon gré l'en sauroye.
[22]. En nom, dist une aastre, aussi bien se mari on de cervoise comme de vin , ne l'un ne Pautre ne maintient en sa maison paix. Mais qui me frauderoit du lit, jamais de moy beau ris n'auroit.
[23]. HÉE Dieu! dist une autre vieille, que vault compaignie , s'amour n'y a? Nul n'est wihot, neviel, ne lait, ne mal eureux, s'il ne le cuideestre. Qui de maint meschief veult estre quitte, si ne se marie jamais sur le jeudy.
[24]. Femme nulle, dist une autre, ne doit bomme espouser en decours de lune , pour le bon eur que la lune donne à son renouvellement.
[26]. Ha! dist une autre, fenmie qui doubte estre encbainte , ne doibt mengier frommage mol ; car, s'elle porte filz , il aura petit V.. et court, et, se c'est une fille, elle aura c. . large , parfont et maigre.
[26]. Pour estre quite des poirions , il
^ fault prendre du fille que une femme a filé
tandis qu'elle couche d'enfant , et en loyer
B. Quatrième Série. 169 lespoirions, et incontinent ilz cherront tous, sans aucune remède.
Reliqua désuni nunquam acripta.
iCo