Clément d'Alex., Pœdag
l'ouvrage qui porte son nom. L'apôtre était mort depuis longtemps quand l'Évangile fut composé, et d'ailleurs l'ouvrage repousse absolument un tel auteur1. Jamais livre ne fut aussi peu d'un témoin oculaire. Comment, si notre Évangile était d'un apùtre, y trouverait-on un canevas si défectueux de la vie publique de Jésus? Peut-être l'Évangile hébreu avec lequel l'auteur compléta Marc portait-il le nom de Matthieu2. Peut-être la collection des logia portait-elle ce nom. L'addilion des logia étant ce qui faisait le caractère du nouvel Évangile, le nom de l'apôtre garant de ces logia aura pu être conservé pour désigner l'auteur de l'ouvrage qui tirait son prix de ces additions*. Tout cela est douteux. Papias4 croit
1. Comp. surtout Matth., ix, 9; x, 3; More, h, <û; m, 18; Luc, v, 27; vi, 15; Ad., i, 13. Le rédacteur du premier Évangile a substitué le nom de Matthieu à celui de Lévi fils d'Alphée (voir Vie de Jésus, p. 1 66-1 67, note) ; donc, ce rédacteur n'est pas l'apôtre Matthieu. L'Évangile ébionite (Épiph., xxx, 13) admettait que le texte actuel du premier Évangile fut l'ouvrage de Matthieu; mais c'est là une autorité moderne et sans valeur. Voir ci-dessus, p. 111-412