Voir V Antéchrist, p
3. Dion Cassius, LXVI, 25: LXVII, 8; Suct., Dom., 4. Cf. Martial, VI, 4; Stace, Silves, IV, ix, et le livre De speclaculis, recueil de petites pièces de divers auteurs, en tète de Martial. Cf. Mémoires de l'Acad. des inscriptions, sav. étr., t. VIII, S' part., p. 144, 453-155.
4.Juv.,iv, 453-154, se rapporte aux derniers mois de Domitien. 5. Suétone, Dom., 20.
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faisant aimer. Il prétendait connaître mieux que personne les exigences d'un pouvoir sans constitution, obligé de se défendre, de se fonder chaque jour.
On sentait, en effet, que ces horreurs avaient leur raison politique, que ce n'était pas les caprices d'un frénétique. La hideuse image de la souveraineté nouvelle, telle que l'avaient faite les nécessités du temps, soupçonneuse, craignant tout de tous, tête de Méduse qui glaçait d'effroi, apparaissait en ce masque odieux, injecté de sang, dont le savant terroriste semblait avoir cuirassé son visage contre toute pudeur1.
C'était principalement sur sa propre maison que se portaient ses fureurs2. Presque tous ses cousins ou neveux périrent. Tout ce qui lui rappelait Titus l'exaspérait. Cette famille singulière, qui n'avait pas les préjugés, le sang-froid aristocratiques, la profonde désillusion de la haute noblesse romaine, offrait des contrastes étranges. D'épouvantables tragédies s'y jouaient. Quel destin, par exemple, que celui de cette Julia Sabina, fille de Titus, traînée de crime en crime, finissant comme l'héroïne d'un roman de bas
\. Tacite, Agric, 45; Philoslrate, Apoll, VII, 28. $,. Pline, Panégyr., 48. 63.
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étage, dans les douleurs de l'avortement* ! Tant de perversité provoquait d'étranges réactions. Les parties sentimentales et cendres de la nature de Titus se retrouvaient chez quelques membres de la famille, surtout dans la branche de Flavius Sabinus, frère de Vespasien. Flavius Sabinus, qui fut longtemps préfet de Rome, et tint en particulier cette fonction l'an 6/i2, put déjà connaître les chrétiens ; c'était un homme doux, humain, et auquel on adressait déjà ce reproche « de bassesse d'âme» 3, qui devait perdre son fils. Pour la férocité romaine un tel mot était synonyme d'humanité. Les nombreux juifs qui entraient dans la familiarité de la famille flavienne devaient trouver surtout de ce côté des auditeurs déjà préparés et attentifs4.
Il est hors de doute, en effet, que les idées chrétiennes ou judéo-chrétiennes pénétrèrent dans la
1. Suétone, Dom., 22; Dion Cassius, LXVII, 3; Pline, Lettres, IV, 10.