‹ Les Évangiles et la seconde génération chrétienneChapitre 169 sur 393 · Suétone, Dom · texte numérisé non relu

Suétone, Dom

t. V. ci-après, p. 346.

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les pratiques juives étaient bonnes pour les Juifs de race:, que le vrai culte est celui que chacun adopte en toute liberté. Flavius Clemens fut-il chrétien dans la rigueur du mot? On en peut douter. Il aimait la « vie juive », il pratiquait les mœurs juives: voilà ce qui frappa ses contemporains. Ils n'approfondirent pas davantage, et peut-être Clemens lui* même ne sut-il jamais bien à quelle catégorie dt juifs il appartenait. La clarté ne se fit que quand le fisc s'en mêla. La circoncision reçut ce jour-là un coup fatal. L'avidité de Domitien étendit l'impôt des juifs, le fiscus JudaïcuSj, même à ceux qui, sans être Juifs de race et sans être circoncis, pratiquaient les mœurs juives. Alors les catégories furent tranchées; il y eut le juif pur, dont on établissait la qualité par des visites corporelles, et le juif par à peu près, VimprofessuSj qui ne prenait du judaïsme que sa morale honnête et son culte épuré.

Les peines édictées par une loi spéciale contre la circoncision des non-juifs contribuèrent au même résultat. On ignore la date précise de cette loi; mais elle paraît bien être de l'époque des Flavius. Tout citoyen romain qui se fait circoncire est puni de la déportation perpétuelle et de la perte de tous ses biens. Un maître s'expose à la même peine en permettant à ses esclaves de se soumettre à l'opération ; le médecin opérateur est

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puni de mort. Le juif qui fait circoncire ses esclaves non-juifs s'expose également à la mort1. Cela était bien conforme à la politique romaine, tolérante envers les cultes étrangers , quand ils se renfermaient dans le cercle de leurs nationaux; sévère, dès que ces cultes faisaient de la propagande. Mais on conçoit combien de telles mesures étaient décisives dans la lutte des juifs circoncis et des inci:concis ou improfessi. Ces derniers seuls pouvaient exercer un prosélytisme sérieux. Par loi d'empire, la circoncision était condamnée à ne plus sortir de la famille étroite des enfants d'Israël.

Agrippa II et probablement Bérénice moururent vers ce temps 2. Ce fut une perte immense pour la

1. De seditiosis , dans Paul, Sentent., V, xxn, §§3 et 4. Antonin renouvelle les mêmes défenses. Digeste, XL VIII, vin, 11.

2. Agrippa II était sûrement mort avant que Josèphe écrivit son autobiographie (ch. 65). Il l'était même probablement avant que Josèphe achevât ses Antiquités (notez XX, ix, 4). Le passage Contre Apion,l, 9, ne prouve rien. L'assertion de Pliotius,cod. xxxn, qui fait mourir Agrippa en l'an 100, est inconciliable avec Josèphe. Les dernières monnaies connues d'Agrippa, émises sous le règne de Doinitien, correspondraient, selon H. Madden {Jeiv. coin., p. 133; cf. p. 113 et suiv.), à l'année 95, et. selon M. de Saulcy (Aum. de la terre sainte, p. 316), à l'année 86. Les points do départ des ères qui figurent sur les monnaies d'Agrippa donnent lieu aux difficultés les plus grave?. D'un autre côté, les indications qu'on croit tirer de la Chronique d'Eusèbe pour le faire mourir

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colonie juive, que ces hauts personnages couvraient de leur crédit auprès des Flavius. Quant à Josèphe, au milieu de celte lutte ardente, il redoublait d'activité. Il avait cette facilité superficielle qui fait que le Juif, transporté dans une civilisation qui lui est étrangère, se met avec une merveilleuse prestesse au courant des idées au milieu desquelles il se trouve jeté, et voit par quel côté il peut les exploiter. Domitien le protégeait, mais fut probablement indifférent à ses écrits. L'impératrice Domitia le comblait de faveurs1. Il était, en outre, le client d'un certain Épaphrodite, personnage considérable*, supposé identique à l' Épaphrodite de Néron, que Domitien avait pris à son service3. Cet Epaphrodite, esprit curieux, libéral et qui encourageait les études historiques, s'intéressait au judaïsme. Ne sachant pas

peu après la prise de Jérusalem reposent sur des malentendus. Les monnaies s'y opposent absolument.

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