Jos., Vita
3. Diog. Laè'rte, II, v, 41; Photius, cod. xxxiii; Comment, sur l'œuvre dea six jours, attribuée Eustalhe, init. (Lyon, 1629, p. I); saint Jérôme, De viris ill., 14; Suidas, au mot Ttêsptâ;.
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celte catastrophe étrange éprouvassent le besoin de la raconter. Antonius Julianus, un des lieutenants de Titus, en fit un récit qui servit de base à celui de Tacite1, et que le sort nous a pareillement envié.
La fécondité de Josèphe était inépuisable. Gomme beaucoup de personnes élevaient des doutes sur ce qu'il disait dans son Archéologie et objectaient que, si Ja nation juive eût été aussi ancienne qu'il la faisait* les historiens grecs en auraient parlé, il entreprit à ce sujet un mémoire justificatif, qu'on peut regarder comme le premier monument de l'apologétique juive et chrétienne. Déjà, vers le milieu du 11e siècle avant Jésus-Christ, Aristobule, le péripatéticien juif, avait soutenu que les poètes et les philosophes grecs avaient connu les écrits hébreux et y avaient emprunté tous les passages de leurs écrits qui ont une apparence monothéiste. Pour le prouver, iî forgea sans scrupule des passages d'auteurs profanes, d'Homère, d'Hésiode, de Linus, qu'il prétendait empruntés à l'Ecriture*. Josèphe reprit la lâche avec plus d'honnêteté, mais aussi peu de critique. Il fallait réfuter des savants qui, comme Lysinaque d'Alexandrie, Apol-
4. Minucius Félix, 33. Voir V Antéchrist, p. 51 1, note. Vespasien et Titus avaient, à ce qu'il paraît, écrit des mémoires sur « même sujet. Jos., Vita, 65.
2. Clém. d'Alex., Strom.,V, 14; Eus., Prœp. evang., XIII, 12.
1U ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 94}
lonius Molon (vers cent ans avant Jésus-Christ), s'étaient exprimés d'une manière défavorable sur le compte des Juifs. Il fallait surtout détruire l'autorité du savant égyptien Apion, qui, cinquante ans avant le temps où nous sommes, avait, soit dans son histoire d'Egypte, soit dans un traité distinct, déployé une immense érudition pour contester l'ancienneté de la religion juive. Aux yeux d'un Egyptien, d'un Grec, cela équivalait à lui enlever toute noblesse. Apion avait eu des relations à Rome avec le monde impérial ; Tibère l'appelait « la cymbale du monde » l; Pline trouvait qu'il eût mieux valu l'en appeler le tam-tam2. Son livre pouvait être encore lu à Rome sous les Flavius. La science d' Apion était celle d'un pédant vaniteux et léger8; mais celle que Josèphe lui oppose ne vaut guère mieux. L'érudition grecque était pour lui une spécialité improvisée, puisque sa première éducation avait été juive et toute consacrée à la Loi4. Son livre n'est et ne pouvait être qu'un plaidoyer sans cri-