Tympanum famœ. Pline, Hist. nat.y praef
3. Pline, Hist. nat., praef., I. c; Sénèque, Epist. 88; Aulu- Gelio, VI, 8, VII, 8
4. Saint Jérôme en fait la remarque, Epist. 84 (Mart., IV, V part., col. 655) : « Tanta sœcularium profert testimonia ut mihi miraculum subeat quomodo vir hebrsus et ab infantia sacris iitteris eruditus cunctam Graecorum bibliothecam evolverit. Cf. Ant., XX, xi, 2.
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tique : on sent à chaque page le parti pris de l'avocat, faisant flèche de tout bois. Josèphe ne fabrique pas de textes; mais il reçoit de toute main; les faux historiens , les classiques frelatés de l'école juive d'Alexandrie, les documents sans valeur entassés dans le livre « sur les Juifs » qui circulait sous le nom d'Alexandre Polyhistor *, sont par lui avidement acceptés ; par lui cette littérature suspecte des Eupolème, des Cléodème, des soi-disant Hécalée d'Abdère, Démétrius de Phalère. etc., fait son entrée dans la science et la trouble gravement. Les apologistes et les historiens chrétiens, Justin, Clément d'Alexandrie, Eusèbe, Moïse de Khorène le suivront dans cette mauvaise voie. Le public auquel s'adressait Josèphe était superficiel en fait d'érudition; il se contentait facilement; la culture rationnelle du temps des Césars avait disparu ; l'esprit humain baissait rapidement et offrait à tous les charlatanismes une proie assurée.
Telle était cette littérature de juifs lettrés et libéraux, groupés autour des principaux représentants d'une dynastie libérale elle-même en son origine,
4. Si l'on croit qu'un nspl 'io^aïuv a été écrit par Polvh-istor, il iaui admettre au moins que ce célèbre érudit a été grossièrement trompé par les fraudes des Juifs d'Alexandrie. V. Mém. de l'Acad. des inscr., t. XX11I, 2' partie, p. 318.
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mais pour le moment dévorée par un furieux. Josèphe formait des projets d'ouvrages sans fin. Il avait cinquante-six ans. Avec son style artificiel et bigarré de lambeaux hétérogènes, il se croyait sérieusement grand écrivain; il s'imaginait savoir le grec, dont il n'avait qu'un usage d'emprunt. Il voulait reprendre sa Guerre des Juifs, l'abréger, en faire une suite de son Archéologie et raconter tout ce qui était arrivé aux Juifs depuis la fin de la guerre jusqu'au moment où il écrivait. Il méditait surtout un ouvrage philosophique en quatre livres sur Dieu et son essence, selon les opinions des juifs, et sur les lois mosaïques, afin de rendre compte des prohibitions qui y sont contenues et qui étonnaient fort les païens1. La mort l'empêcha sans doute d'exécuter ses nouveaux desseins. Il est probable que, s'il avait composé ces écrits, ils nous seraient arrivés comme les autres. Josèphe, en effet, eut une destinée littéraire fort étrange. Il resta inconnu à la tradition juive talmudique ; mais il fut adopté par les chrétiens comme un des leurs, et presque comme un écrivain sacré. Ses écrits complétaient l'histoire sainte, laquelle, réduite aux documents bibliques, n'offre qu'une page blanche pour certains siècles. Ils formaient une sorte
4. Jos., Ant., proœm., 4; I, i, 1 ; x, 5; III, v, 6; vi, 6; vm, 10]; IV, vm, 4; XX, xi, i (cf. XX, u, 6); Contre Apion, I, 14.
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de commentaire des Evangiles , dont la suite historique eût été inintelligible sans les données que fournissait l'historien juif sur l'époque des Hérodes. Ils flattaient surtout une des théories favorites des chrétiens et fournissaient une des bases de l'apologétique chrétienne, par le récit du siège de Jérusalem '.
Une des idées, en effet, auxquelles les chrétiens tenaient le plus , c'est que Jésus avait prédit la ruine de la ville rebelle à sa voix *. Quoi de plus fort, pour montrer l'accomplissement littéral de cette prophétie, que le récit, fait par un Juif, des atrocités inouïes qui accompagnèrent la destruction du temple3? Josèphe devint ainsi un témoin fondamental et un supplément de la Bible. Il fut lu et copié assidûment par les chrétiens. 11 s'en fit, si j'ose le dire, une édition chrétienne, où l'on put se permettre certaines corrections pour les passages qui choquaient les copistes. Trois passages surtout pré-
4. Saint Justin ne paraît pas avoir connu les écrits de Josèphe; mais l'auteur du roman de Clément les avait lus (Homél. v, 2). La première citation expresse est dans Théophile, Ad AutoL, TU, 23. Puis viennent Minucius Félix, 33 (passade douteux, voy.Halm) ; Cohortalio ad Grœcos (faussement attribuée à Justin), 9; plus tard, Eusèbe, saint Chrysostome, saint Augustin.
2. Matth., xxiu, 38; Luc, xm, 35; xxm, 27 et suiv., et les discours apocalyptiques.
3. Minucius Félix, 33; Eusèbe, Démonslr.évang., VI, ch. 48; Théophame, 8 et 9.
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sentent sous ce rapport des doutes que la critique n'a pas encore levés complètement : ce sont les passages relatifs à Jean- Baptiste, à Jésus et à Jacques '. Certes, il est possible que ces passages, au moins celui qui est relatif à Jésus, soient des interpolations faites par les chrétiens à un livre qu'ils s'étaient en quelque sorte approprié. Nous préférons croire cependant qu'aux trois endroits en question il était parlé en effet de Jean-Baptiste, de Jésus et de Jacques, et que le travail de l'éditeur chrétien, si l'on peut s'exprimer ainsi , s'est borné à retrancher du passage sur Jésus certains membres de phrase, à modifier quelques expressions choquantes pour un lecteur orthodoxe *.