Ant., XVIII, m, 3; v, 2; XX, ix
2. Surtout rv pour èvojjûÇe-ro. Voir Vie de Jésus, p. xl, xli, Cf. saint Jérôme, De viris ill., c. 13. La transition par laquelle reprend le paragraphe suivant (Ant., XVIII, m, 4) semble supposer que l'apparition de Jésus était présentée comme un événement fâcheux pour la nation (êtesov rt Seivo'v), et même comme une œuvre d'imposture, puisque le fait que Josèphe est amené à raconter pour suivre le même ordre d'idées est une supercherie religieuse. Que la nature de cette supercherie renferme, comme ou l'a quelquefois supposé, une allusion à la conception surnaturelle de Jé»us, c'est ce qui est tout à fait invraisemblable. Il y a plus : si Josèphe s'était exprimé sur le compte de Jésus d'une façon tout à fait désavantageuse, les chrétiens l'eussent traité en ennemi et ne l'eusssnt pas adopté. On n'admet à correction que les écrivains qui ne sont pas tout à fait pervprs.
(An 91J LES EVANGILES. 2H)
Quant au cercle réduit des prosélytes aristocratiques, d'un goût littéraire médiocre, pour qui Josèphe composa son livre, la satisfaction dut y être entière. Les difficultés des vieux textes étaient habilement déguisées. L'histoire juive prenait l'allure d'une histoire hellénique, semée de harangues, conduite selon les règles de la rhétorique profane. Grâce à un étalage charlatanesque d'érudition, à un choix de citations douteuses ou légèrement falsifiées, on avait réponse à toutes les objections. Un rationalisme discret jetait un voile sur les merveilles trop naïves des anciens livres hébreux ; après avoir lu le récit des plus grands miracles, on restait libre d'en croire ce qu'on voulait1. Pour les non-israélites, jamais un mot blessant; pourvu qu'on veuille bien reconnaître la noblesse historique de sa race , Josèphe est satisfait. A chaque page, une douce philosophie, sympathique à toute vertu, envisageant les préceptes rituels de la Loi comme un devoir pour les seuls israélites, et proclamant hautement que chaque homme juste a la qualité essentielle pour devenir fils d'Abraham. Un simple déisme métaphysique et rationaliste, une morale purement naturelle, voilà ce qui remplace la sombre théologie de Jéhovah. La Bible, ainsi ren-