Mélilon, dans Eus., II. E., IV, xxvi
291 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 95]
de leurs biens. Il y eut quelques apostasies1. En l'an 95, justement, Flavius Glemens était consul. Dans les derniers jours de son consulat 2, Domitien le fit mourir , sur les plus légers soupçons 3 venant de basses délations4. Ces soupçons étaient assurément poétiques; mais le prétexte fut la religion. Clemens avait sans doute montré peu de zèle pour les formes païennes que revêtait chez les Romains tout acte civil; peut-être s'était-il abstenu de quelque cérémonie jugée capitale. Il n'en fallut pas davantage pour lancer contre lui et contre Flavie Domitille l'accusation d'impiété. Glemens fut mis à mort. Quant à Flavie Domitille, elle fut reléguée dans l'île de Pandatarie B, qui avait déjà vu l'exil de Julie,
4. Pline, l. c; Géra. Rom.,£/ns{., ch. 59, tcù; it£7rrcoxoTaî (édit. Pbilothée Bryenne).
2. Dion dit ùîrarEÛovTa; Suétone : tanlum non in ipso ejus consulatu. 11 était rare que l'on tînt alors le consulat plus de six mois.
3. Suétone, Dom., 15, Dion Cassius, LXV11I, 44; Philostrate, Apoll., VIII, 23; Syncelle, p. 650 (les mots aù-ro; te KÀrp;; ûtù? Xpt<rrcû àvaiptïrai sont du Syncelle et non de la Chro?i. d'Eusèbe, comp. saint Jérôme et l'arménien). V. ci-dessus p. 229, note.