Mikliilta, sur Exode, xvm
[An 14] LES ÉVANGILES. 15
mait ces excès. Certains s'interdisaient toute jouissance1, vivaient dans les larmes et le jeûne, ne buvaient que de l'eau. Johanan ben Zakaï les consolait : « Ne t'attriste pas, mon fils, disait-il à un de ces désespérés; à défaut des holocaustes, il nous reste un moyen d'expier nos péchés, qui vaut bien l'autre, les bonnes œuvres. » Et il rappelait le mot d'Isaïe : « J'aime mieux la charité que le sacrifice2. » Rabbi Josué était dans les mêmes sentiments, « Mes amis , disait-il à ceux qui s'imposaient des privations exagérées, à quoi bon vous abstenir de viande et devin? — Comment! lui répondait-on, nous mangerions la chair dont on faisait le sacrifice sur l'autel détruit aujourd'hui? nous boirions le vin avec lequel on offrait la libation sur ce même autel? — Eh bien, répliquait Rabbi Josué, ne mangeons pas alors de pain, puisqu'il n'est plus possible de faire des offrandes de farine ! — En effet, on pourrait se nourrir de fruits. — Que dites-vous? Les fruits ne sont pas permis davantage, puisqu'on ne peut plus en offrir les prémices au temple*. » La force des choses s'imposait. On maintenait théoriquement l'éternité de la Loi; on soutenait qu'Elie même n'en
t. Mischna, Sota, ix, 15; Tosifta, ibid., xv.