Ch xiii
6. Par exemple, celle de Torcello (photographiée par Naya, Venise).
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surreclion ou du jugement dernier semblent calquer la description que fait notre auteur des dépôts d'âmes. De ses assertions dérive principalement l'idée qu'Esdras recomposa les Écritures perdues1. L'ange Uriel lui doit son droit de cité dans l'art chrétien2 ; l'adjonction de ce nouveau personnage céleste à Michel, Gabriel et Raphaël donna aux quatre angles du trône de Dieu, et par suite aux quatre points cardinaux, leurs gardiens respectifs3. Le concile de Trente, tout en excluant du canon latin le livre tant admiré des anciens Pères, n'empêcha pas de le réimprimer à la suite des éditions de la Vulgate, dans un caractère différent. Si quelque chose prouve la promptitude avec laquelle la fausse prophétie d'Esdras fut accueillie par les chrétiens, c'est l'emploi qui en est fait dans le petit traité d'exégèse alexandrine, imité de l'Epître aux Hébreux, auquel on attacha très-anciennement le nom de Barnabe *. L'auteur de ce traité cite le faux
*. Ch. xiv, 42 et suiv.
2. 11 figurait déjà dans le livre d'Hénoch (Syncelle, p. 24; Cèdremus, p. 9 et 41).
3. Bammidbar rabba, sect. 2. Buxtorf, au mot SwilN. CL Waddington, Inscr. de Syrie, n° 2068.
4. Barnabe étant l'auteur vraisemblable de l'Épitre aux Hébreux, on comprend qu'une imitation de ce dernier écrit lui ail été attribuée. L'erreur vint peut-être aussi de ce que Barnabe passait pour avoir présidé l'Église d'Alexandrie. Le texte grec original de cet écrit n'est connu dans son intégrité que depuis
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Esdras ', comme il cite Daniel, Hénoch 2 et les anciens prophètes. Un trait d'Esdras l'a surtout frappé, c'est le bois d'où le sang découle3 ; naturellement il y voit l'image de la croix. Or tout porte à croire que le traité attribué à Barnabe a été composé^ comme l'Apocalypse d'Esdras, sous le règne de Nerva *. Celui qui l'a écrit applique ou plutôt altère pour l'appliquer à son temps une prophétie de Daniel sur dix règnes (César, Auguste, Tibère, Caligula, Claude, Néron, Galba, Othon5, Vespasien, Titus) et
la découverte du Codex Sinaïticus. Le manuscrit du Fanar, déjà utilisé par le métropolite Philothée Bryenne pour les Épi — très de saint Clément, contient également !'Épître de Barnabe (KXgp. imar., p. y'). La publication de ce dernier texte lèvera les doutes qui restent encore sur des passages importants, comme Barn., 4.
1. Barn., 12 (iv àD.w 7rpo<p-«TYi) ; cf. 4, 4 6. Voir ci-dessus, p. 370, note 2.