‹ Les Évangiles et la seconde génération chrétienneChapitre 296 sur 393 · Qui novas et usu vel ratione incognitas reSgîones indu · texte numérisé non relu

Qui novas et usu vel ratione incognitas reSgîones indu

4C6 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 98}

l'on prévenait par la mort ou l'exil. C'est ainsi que l'empire romain tua la vie antique, tua l'âme, tua la science, forma cette école d'esprits lourds et bornés, de politiques étroits qui, sous prétexte d'arrêter la superstition, amenèrent en réalité le triomphe de la théocratie.

Un grand affaiblissement intellectuel était la conséquence de ces efforts pour revenir à une foi que personne n'avait plus. Une sorte de banalité se répandit sur les croyances et leur enleva tout sérieux. Les libres penseurs, innombrables au Ier siècle avant et au ier siècle après Jésus-Christ l, diminuent peu à peu et disparaissent. Le ton dégagé de la grande littérature latine se perd et fait place à une pesante crédulité. La science s'éteint de jour en jour. Depuis la mort de Sénèque, on peut dire qu'il n'y a plus un seul savant tout à fait rationaliste.

cunt, ex quibus animi hominum moveantur, honestiores deportantur, humiliores capite puniuntur. » Paul, Sentent., V, xxi, S. Cf. Digeste, 1. 30 , De pœnis (XLVIII, 49) : a Si quis aliquid fecerit quo levés hominum animi superstitione numinis terrerentur, Divus Marcushujusmodi hommes in insulam relegari rescripsit. » Ce reserrt se rapportait sans doute à des faits comme celui qui est rapporté dans Jules Capitolin, Ant. Phil., 4 3.

4. Qu'on se rappelle César, Lucrèce, Cicéron, Horace, etc. Voir, par exemple, Cicéron, De nat. deorum, II, 2. Juvénal seui continue, dans la société romaine, jusqu'aux temps d'Adrien l'expression d'une franche incrédulité.

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Pline l'ancien est curieux, mais n'a aucune critique. Tacite, Pline le jeune, Suétone, évitent de se prononcer sur l'inanité des plus ridicules imaginations. Pline le jeune croit à de puériles histoires de revenants'. Epictète veut que l'on pratique le culte établi *. Même un écrivain aussi frivole qu'Apulée se croit obligé de prendre, quand il s'agit des dieux, le ton d'un conservateur rigide3. Un seul homme, vers le milieu de ce siècle, paraît tout à fait exempt de croyances surnaturelles, c'est Lucien. L'esprit scientifique, qui est la négation du surnaturel, n'existait plus que chez un très-petit nombre ; la superstition envahissait tout, énervait toute raison.

En même temps que la religion corrompait la philosophie, la philosophie cherchait des conciliations apparentes avec le surnaturel *. Une théosophie niaise et creuse, mêlée d'imposture, devenait à la mode. Apulée appellera bientôt les philosophes « les prêtres de tous les dieux » B ; Alexandre d'Abonotique fondera un culte avec des prestiges de jongleur. Le charlatanisme religieux, la thaumaturgie, relevée par un faux vernis de philoso-

1 Epist., VII, 27.

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