‹ Les Évangiles et la seconde génération chrétienneChapitre 295 sur 393 · Tatien, Adv. gentes, 33; Min. Félix, Octav · texte numérisé non relu

Tatien, Adv. gentes, 33; Min. Félix, Octav

2. Digeste, 1. 6, Ad leg. Hl. pecul. (XL VIII, 13) ; cf. I. 4, § .2

3. Voir cependant jactance, Inst. div.^Y, il, et l'essai de M. Le Blant pour rétablir le De o/pcio proconsuUs d'Ulpien (Comptes rendus de l'Acad. des inscr., 1866, p. 3o& et suiv.J.

404 ORIGINLS DU CHRISTIANISME. (Au 98]

Chaque renaissance de l'esprit romain sera un redoublement de persécution. Les empereurs qui, à diverses reprises au 111e siècle, entreprennent de relever l'smpire, sont des persécuteurs. Les empereurs tolérants, Alexandre Sévère, Philippe, sont ces?" ~\ù n'ont pas de sang romain dans les veines ei 4ai sacrifient les traditions latines au cosmopolitisme de r Orient.

(( Vénère la divinité en tout et partout, conformément aux usages de la patrie, et force les autres à l'honorer. Hais et punis les partisans des cérémonies étrangères, non-seulement par respect pour les dieux, mais surtout parce que ceux qui introduisent des divinités nouvelles l répandent par là le goût des coutumes étrangères, ce qui mène aux conjurations, aux coalitions, aux associations, choses que ne com~ porte en aucune façon la monarchie. Ne permets non plus à personne de faire profession d'athéisme ni de magie. La divination est nécessaire; nomme donc officiellement des aruspices et des augures, à qui s'adresseront ceux qui veulent les consulter ; mais qu'il n'y ait pas de magiciens libres ; car de telles gène, en mêlant quelques vérités à beaucoup de

4. Katvâ nva $a<.uu>vta, Comp. Act., xvn, 48; Lettre de l'Égl. de Vienne, dans Ku>., H. E.t V, l (Ç»vn «al xawf, ôfïicxEÎa); Arnober Ailv. nat.j II, 66.

(An 98) LES ÉVANGILES. 40b

mensonges, peuvent pousser les citoyens à la révolte. Il en faut dire autant de plusieurs de ceux qui se disent philosophes; garde-toi d'eux; il n'est pas de maux qu'ils ne fassent aux particuliers et aux peuples *. »

Voilà en quels termes un homme d'État de la génération qui suivit les Antonins résume leur politique religieuse. Gomme en un temps plus rapproché de nous, l'État crut faire acte d'habileté en s'emparant de la superstition pour la régler. Les municipes jouirent par délégation du même droit *. La religion ne fut plus qu'une simple affaire de police. Un système d'annulation absolue, où tout mouvement est comprimé , ou toute personnalité passe pour dangereuse, où l'individu isolé, sans lien religieux avec les autres hommes, n'est plus qu'un être purement officiel, placé entre une famille réduite à de mesquines proportions et un État trop grand pour être une patrie, pour former l'esprit, pour faire battre le cœur ; tel était l'idéal qu'on rêvait. Tout ce qui paraissait susceptible de frapper les hommes. de produire une émotion , était un crime * , que

1 . Dion Cassius, discours fictif mis dans la bouche de Mécène» (Lit, 36).

Page 1