Voir l'Antéchrist, p. 347 et suiv
2. Irénée, III, m, 4 (anecdote de Polycarpe); Eusèbe, H. E., III, xxviu, G; IV, xiv, 6. Épiphane, haer. xxx, 24, met Ebion en place ùr.Cérinlhe, par lapsus. L'anecdote a peut-être été inventée d'après le passage II Joh., 40, 41, censé authentique.
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haines violentes sont le fait des sectaires. Qui aime beaucoup hait beaucoup.
De tous les côtés, la difficulté de concilier le» deux rôles de Jésus, de faire cohabiter dans une même existence l'homme sage et le Christ produisait des imaginations analogues à celles qui excitaient la colère de Jean. Le docétisme était, si on peut s'exprimer ainsi, l'hérésie de ce temps. Beaucoup ne pouvaient admettre que le Christ eût été crucifié, mis au tombeau1. Les uns, comme Cérinthe, admettaient une sorte d'intermittence dans le rôle divin de Jésus ; les autres supposaient que le corps de Jésus avait été fantastique, que toute sa vie matérielle, surtout sa vie souffrante, ne fut qu'une apparence 2. Ces imaginations venaient de l'opinion, fort répandue à cette époque, que la matière est une chute, une dégradation de l'esprit, que la manifestation matérielle est un abaissement de l'idée. L'histoire évangélique se volatilisait ainsi en quelque chose d'impalpable. Il est curieux que l'islamisme, qui n'est qu'une sorte de prolongation arabe du
4. « Qui Jesum séparant a Chrislo, et irapassibilera persévérasse Christum passura vero Jesum dicunl. » Irénée, III, xi, 7.
2. Le désir de combattre cette erreur se sent dans les Épîlres de Jean, I Joh., i, 1, 3; iv, 2, 3; II Joh., 7; Polycarpe, Episl. ad Plril., c. 7; pseudo-Ignace, Éph., 7-8; Trall.,9, 40; Smyrn., 4-8; Magn., 8, 9, 40, 44 ; saint Jérôme, Ado. luciferianos, 8.
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judéo-christianisme1, ait adopté cette idée sur Jésus-, A Jérusalem, en particulier, les musulmans ont toujours nié absolument qu'Isa soit mort sur le Golgotha ; ils prétendent que l'on crucifia en sa place quelqu'un qui lui ressemblait s. Le lieu supposé de l'ascension, sur le mont des Oliviers, est pour les scheikhs le vrai lieu saint de Jérusalem se rapportant à Isa ; car c'est là que le Messie impassible, né du souffle sacré, non de la chair, parut pour la dernière fois uni à l'apparence qu'il avait choisie.
Quoi qu'il en soit, Cérinthe devint dans la tradition chrétienne une sorte de Simon le Magicien, un personnage presque fabuleux, le représentant typique du christianisme docète, frère du christianisme ébionite et judéo-chrétien. Gomme Simon le Magicien était l'ennemi juré de Pierre, Cérinthe fut censé l'adversaire acharné de Paul. On le mit sur le