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Et non de l'arianisme, comme on dit quelquefois

2. Coran, iv, 456; voir les commentaires de Zamakhschan (I, p. 198-199, édit. de Boulaq) et de Beidhavi (I, p. 240, édit. Flcischer) sur ce passage; cf. Maracci. Modjir eddîn, Hist. de Jérus., p. 449, édit. du Caire; cf. p. 152; Tabari, I,p. 563, édit. Zotenberg; Weil, Bibl. Legenden der Musel/n., p. 296, Jean de Damas, De hœres., 101, p. 411, Lequien; Euthymius Zigabenus, etc., dans Sylburg, Saracenica sive Moamethica (Heidelbcrg, 4595), p. 5, 61. Comp. le Livre d'Adam des mendaïtes,. 4re partie, ch. i, vers la fin.

3. Voir, dans noire tome VI», ce qui concerne le gnosticisme.

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môme pied qu' Ebion; on s'habitua bientôt à ne les pas séparer !, et comme Ebion était la personnification abstraite du judéo-christianisme parlant hébreu, Cérinthe devint une sorte de mot générique pour désigner le judéo-christianisme parlant grec. On fit des phrases comme celles-ci : « Qui osa reprocher à Pierre d'avoir admis les païens dans l'Église ? Qui abreuva Paul d'injures ? Qui provoqua une sédition contre Tite l'incirconcis? Ce fut Ebion, ce fut Cérinthe » *, phrases qui, prises à la lettre, firent supposer contre toute vérité que Cérinthe avait eu un rôle à Jérusalem, dès les premières années de l'Eglise. Gomme Cérinthe ne laissa pas d'écrits, la tradition ecclésiastique roula, en ce qui le touchait, d'inexactitudes en inexactitudes. Dans ce tissu de contradictions 3, il n'y a qu'un mot de vrai. Cérinthe fut bien le premier hérétique, l'auteur d'une doctrine destinée à rester une branche morte dans le grand arbre de

\. Chez les hérésiologues, la secte de Cérinthe suit toujours celle d'Ébion, et ce rapprochement contribua sans doute à faire prendre Ébion pour un personnage réel.

t. Épiph., xxvm, 2-5, 8.

3. En réalité, la tradition ecclésiastique nous a légué deux portraits de Cérinthe, fort différents l'un de l'autre : 1° le Cérinthe millénaire, disciple ou auteur de l'Apocalypse, qui résulte de ce que disent Caïus et Denys d'Alexandrie; 2° le Cérinthe gnostique et antijuif, qui résulte de la notice d'Irénée et de celle des Philjsophamena, laquelle découle presque tout entière d'Irénée.

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la doctrine chrétienne. En s' opposant à lui, en le niant, l'Église chrétienne fit le plus grand pas qu'elle eût encore fait vers la constitution d'une orthodoxie.

Par ces luttes et ces contradictions, en effet, la théologie chrétienne se développait. La personne de Jésus et les combinaisons singulières de l'homme et de la Divinité qu'on était amené à supposer en lui formaient la base de ces spéculations. Nous verrons le gnosticisme naître d'un courant d'idées toutes semblables, et chercher à son tour à décomposer l'unité du Christ; mais l'Eglise orthodoxe sera confiante à repousser de telles conceptions; l'existence du christianisme, fondé sur la réalité de l'action personnelle de Jésus, était à ce prix.

Jean se consolait sans doute de ces aberrations, fruits d'un esprit étranger à la tradition galiléenne, par la fidélité et l'affection dont l'environnaient ses disciples f . En première ligne * était un jeune Asiate, nommé Polycarpe, qui devait avoir trente ans lors

4. L'impression de tristesse causée par la multiplication de9 sectes et des schismes vers l'an 100 se retrouve peut-être dans les discours prêtés à Jésus, Jean, xvn, etc. Cf. I Joh., i, 17.

2. C'est gratuitement qu'on a rattaché Ignace et Papias à l'école de Jean. Irénée, V, xxxm, 4 (cf. Eus^ H. E., III, xxxix, 1,2); Eus. et saint Jérôme, Chron.,y. 162-163, Schœne; Mari. Ign., 3; Curelon, Corp. iyn., p. 221, 252.

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de l'extrême vieillesse de Jean, et qui paraît s'êlre converti à la foi du Christ dès son enfance 1 . Le respect extrême qu'il avait pour l'apôtre le lui faisait regarder avec l'œil curieux de l'adolescent, où tout s'agrandit et se transforme. La vive image de ce vieillard se fixa dans son esprit, et toute sa vie il en parla comme d'une vision qu'il aurait eue du monde divin2. C'est à Smyrne qu'il exerça sa principale activité, et il n'est pas impossible qu'il eût été détaché par Jean pour présider l'Eglise déjà ancienne ' de cette ville, comme le veut Irénée *.

1. Mari. Pohjc, 9; comp. l'Antéchrist, p. 566-567. Le chiffre S6 paraît devoir s'appliquer à la durée de la vie de Polycarpe et non au temps qui se serait écoulé depuis sa conversion. Le 7ios de l'Épître de Polycarpe, § 11, se rapporte à l'Église de Smyrne, opposée à celle de Philippes. Le martyre de Polycarpe eut lieu le 23 février 155. Voir Mém. de l'Acad. des inscr., nouv. série, t. XXVI, 1re part., p. 232 et suiv ; Zeitschrift fur die histor. Théologie, 1875, p. 377-395.

2. Irénée, Adv. hœr., III, m, 4, surtout la lettre à Florinus, dont on a vainement attaqué l'authenticité, et la lettre à Victor. Irénée, esprit si peu solide, si dénué de tout jugement, est en général une faible autorité; mais il s'agit ici de faits personnels: il s'en entretient avec des gens qui les savaient aussi bien que lui. Un mensonge de sa part est donc impossible à supposer. Nous avouons pourtant qu'il est surprenant qu'il ne soit pas question de Jean dans l'Épître ni dans le Martyre de Polycarpe.

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