Ibidem
6. Talm. de Bab., Gittin, 66 a. 11 y a là des dates peu concordantes. Les circonstances de l'évasion de Johanan supposeraient la ville déjà bloquée (Midrasch rabba, sur Kohélelh, vu, 11, et sur Eka, i, 5; cf. Talm. de Bab., Gittin, 56 a et b). Or, à cette époque, Vespasien n'était plus en Judée. En 67 et 68, au contraire, il passa par Iabné.
7. Aboth de-rabbi Nathan, iv; Talm. de Bab., Gittin, 56 b: Mischna, Sanhédrin, xi, 4.
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Pour des raisons que nous ignorons, il entra dans la politique des Romains de la laisser subsister, et, à partir de l'arrivée de Johanan ben Zakaï, elle prit une importance majeure.
Rabbi Gamaliel le jeune mit le comble à la célébrité de labné, en prenant la direction de son école après Rabbi Johanan 1 , qui se retira à Berour- Haïls. Iabné devint, à partir de ce moment, la première académie juive de la Palestine E. Les juifs des diverses contrées s'y rendaient pour les fêtes, comme autrefois on se rendait à Jérusalem, et de même qu'autrefois on profitait du voyage à la ville sainte pour prendre l'avis du sanhédrin et des écoles sur les cas douteux, de même à ïabné on soumettait les questions difficiles au bet-dir.k. Ce tribunal n'était qu'improprement et rarement appelé du nom de l'ancien sanhédrin; mais il avait une autorité incontestée; les docteurs de toute la Judée s'y réu-
*, . Les causes de la rivalité de tes deux docteurs sont obscures. V. Derenbourg, Palest., p. 306 et suiv.
2. Village situé non loin de Iabné, en inclinant, ce semble, vers Kulonié (Midrasch Koh., vu, 7; Aboth de-rabbi Nathan, c. xiv).
2. Dans la liste des migrations du sanhédrin que la tradition juive a dressée, figure à la première place celle de Jérusalem a îabné. Talm. de Bab., Rosch has-schana, 31 a.
4. Mischna, Para, vu, 6; Tosifta, ibid., c. vi. Ci'. Derenbourg, op. cit., p. 319.
nissaient parfois, et donnaient alors au bet-dîn le caractère d'un1 cour suprême. On garda longtemps le souvenir du verger où se tenaient les audiences de ce tribunal et du pigeonnier à l'ombre duquel s'asseyait W président1.
Iabné semblait ainsi une sorte de petite Jérusalem ressuscitée. Pour les privilèges et aussi pour les obligations religieuses, on l'assimila complètement à Jérusalem *; sa synagogue fut considérée comme la légitime héritière de celle de Jérusalem, comme le centre de la nouvelle autorité religieuse. Les Romains eux-mêmes se prêtèrent à cette manière de voir, et accordèrent au nasi ou ab-bet-din de Iabné une autorité officielle. Ce fut le commencement du patriarcat juif 3, qui se développa plus tard et devint une institution
1. Sifrë, § 118; Talm. de Bab., Berakoth, 23 b; Schabbath, 33 b, 138 b, etc.; Mekhilta sur Exode, xiv, 22; Benj. de Tudèle, t. I, p. 79, A -lier; Neubauer, Gèogr. du Talmud, p. 74, Derenbourg, Palesl , p. 380-381.
2. Mischna, Rosch has-schann , iv, 1, 2, 3,4, Sanhédrin.. xi, 4; Succa, i.i. 12; Talm.de Bab., Rosch has-schana, 21 b, 31 b; Sola, 40a, b; Kt>rilôt,9a; Derenbourg, Hisl. de la Pal., p. 304 et suiv.
3. Mischna. Ednlolh, vu, 7; Talm. de Bab., Sanhédrin, 11 a. Cf. Mischna, ttosch has-schana, il, 7; iv, 4; Épiph., haer. xxx, 4. Il est douteux que le titre officiel ait existé à l'époque où nous sommes. Note/, revendant la lettre d'Adrien dans Vopiscus, Soturn.j 8 'i/>se iIIp palriarcha).
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fort analogue a ce que sont de nos jours les patriarcats chrétiens de l'empire ottoman. Ces magisl ratures à la fois religieuses et civiles, conférées par le pouvoir politique, ont toujours été en Orient le moyen employé par les grands empires pour se débarrasser de la responsabilité de leurs raïas. Cette existence d'un statut personnel n'avait rien d'inquiétant pour les Romains, surtout dans une ville en partie idolâtre et romaine, où les juifs étalent contenus par des forces militaires et par l'antipathie du reste de la population. Les conversations religieuses entre juifs et non-juifs paraissent avoir été fréquentes à Iabné. La tradition nous montre Johanan ben Zakaï soutenant de fréquentes controverses avec les infidèles, leur fournissant des explications sur la Bible, sur les fêtes juives. Ses réponses sont souvent évasives, et parfois, seul avec ses disciples, il ne permet de sourire des solutions peu satisfaisantes qu'il a données aux objections des païens *.
Lydda eut ses écoles, qui rivalisèrent de célébrité avec celles de Iabné, ou plutôt qui en furent une
1. Bereschith rabba, eh. xvn; Bammidbar rabba, iv, x; Midrasch rabba, sur Deuiër., xxvm, 12; Talm. de Bab., Bechorolh, 5 a; Houlin, 26 6; Baba kama, 38 a; Talm. de Jér., Sanhédrin, i, 4; Baba kama, iv, 3; DerenDourg, Palestine, p. 3*6- 317. 322.
i\ ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 14]
sorte de dépendance '. Les deux villes étaient à environ quatre lieues l'une de l'autre; quand on était excommunié à Iabné, on se rendait à Lydda. Tous les villages, danites ou philistins, de la plaine maritime environnante, Berour-Haïl, Bakiin, Gibthon, Gimso, Bené-Berak, tous situés au sud d'Antipatris, et qui jusque-là étaient à peine considérés comme faisant partie de la terre sainte, servaient également d'asile à des docteurs célèbres '. Enfin le Darom, ou partie méridionale de la Judée, située entre Éleuthéropolis et la mer Morte, reçut beaucoup de juifs fugitifs \ C'était un riche pays, loin des routes fréquentées par les Romains et presque à, la limite de leur domination.
On voit que le courant qui porta le rabbinisme vers la Galilée ne se faisait pas sentir encore. Il y avait des exceptions : Rabbi Éliezer ben Jacob, le
1 . Cf. Derenbourg, op. cit.,p. 341 , noteo; 366, 368,373, note; 380, 384; Neubauer, Géogr.du Talm., p. 79. Jusqu'au me siècle, l'embolisme du calendrier se fit à Lydda. Talm. de Jér., Sanhédrin, i, 2.
2. Talm. de Bab., Sanhédrin, 32 h, 74 a; Hagiga, 3 a; Midrasch Bereschilh rabba, c.lxi; Talm. de Jér., Pesahim, m, 7; Schebiit, iv, 2; Demaï, m, 1 ; Maaserolh, il, 3; Tosifta, ibid., c. il ; Keloubolh, i, 5; Hagiga, i, 1 ; Pe>iUa rabbathi, ch. vm CI. Neubauer, Géographie du Talmud, p. 72-73, 78-80, 82; Derenbourg, Uisl. de la Pal., p. 306-307, no'e, 312.