‹ Les Évangiles et la seconde génération chrétienneChapitre 319 sur 393 · Les Apôtres, p. xxh et suiv · texte numérisé non relu

Les Apôtres, p. xxh et suiv

4. Voir les Apôtres, p. xx-xxi, 54-55. L'auteur de l'Épttre de Barnabe croit encore que la résurrection et l'ascension ont eu lieu le même jour (Barn., c. 45).

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autres Evangiles, la période des apparitions de Jésus ressuscité s'évanouit peu à peu , sans clôture définitive. L'imagination en vint à désirer un coup de théâtre final, une façon nette de sortir d'un état qui ne pouvait se continuer indéfiniment. Ce mythe, complément de la légende de Jésus, se forma d'une manière lente et pénible. L'auteur de l'Apocalypse, en 69 , croyait sûrement à l'Ascension. Jésus, selon lui, est enlevé au ciel et porté au trône de Dieu1. Dans le même livre, les deux prophètes, calqués sur Jésus, tués comme lui, ressuscitent au bout de trois jours et demi; après leur résurrection, ils montent au ciel sur une nuée, à la vue de leurs ennemis2. Luc, dans l'Evangile, laisse la chose en suspens; mais, au début des Actes, il raconte, avec la mise en scène voulue, l'événement sans lequel la vie de Jésus n'avait pas de couronnement. Il sait même combien a duré la vie d'outre-tombe de Jésus. Elle a été de quarante jours, par une remarquable coïncidence avec l'Apocalypse d'Esdras 3. Luc put être à Rome un des premiers lecteurs de cet écrit, qui dut laire sur lui une vive impression.

L'esprit des Actes est le même que celui du

î. Ch. xii, 5.

S. Ch. xi, 41.

.3. IV Esdr., xiv, 23 et suiv. (vulg.J.

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troisième Evangile1 : douceur, tolérance, conciliation, sympathie pour les humbles, aversion pour les superbes. L'auteur est bien celui qui a écrit : « Paix aux hommes de bonne volonté ! » Nous avons exposé ailleurs les singulières tortures que ces excellentes intentions lui ont fait donner à l'exactitude historique, et comment son livre est le premier document de l'esprit de l'Église romaine indifférent à la vérité des choses, dominé en tout par des tendances officielles. Luc est le fondateur de cette éternelle fiction qu'on appelle l'histoire ecclésiastique, avec sa fadeur, son habitude d'adoucir tous les angles, ses tours niaisement béats*. Le dogme a priori d'une Eglise toujours sage, toujours modérée est la base de son récit. L'essentiel pour lui est de montrer que les disciples de Paul sont les disciples non pas d'un intrus, mais d'un apôtre comme les autres, qui a été en communion parfaite avec les autres. Le reste lui importe peu. Tout s'est passé comme dans une idylle. Pierre au fond était de l'avis de Paul, Paul de l'avis de Pierre. Une assemblée inspirée a vu tous les membres du collège apostolique réunis dans une même pensée. Le premier païen baptisé l'a été par Pierre; Paul, d'un autre côté, s'est soumis aux pre-

\. Voir les Apôtres, introd. et ci-dessus, p. 264 et suiv. 2. V. les Apôtres, p. p. xhi et suiv., xxiv et suiv.

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scriptions légales et les a observées publiquement a Jérusalem. Toute franche expression d'une opinion nette répugne à ce prudent narrateur. Les juifs sont traités de faux témoins, parce qu'ils rapportent un mot authentique de Jésus et qu'ils prêtent au fondateur du christianisme l'intention d'apporter des changements au mosaïsme '. Selon l'opportunité, le christianisme n'est que le judaïsme ou est tout autre chose. Quand le juif s'incline devant Jésus, son privilège est hautement reconnu. Luc alors a les paroles les plus onctueuses pour ces pères, pour ces aînés de la famille, qu'il s'agit de réconcilier avec les cadets '. Mais cela ne l'empêche pas d'insister complaisamment sur les païens qui se convertissent et de les opposer au juif endurci ', incirconcis de cœur4. On voit qu'au fond il est pour les premiers. Ses préférés, ce sont les païens chrétiens en esprit, les centurions qui aiment les juifs8, les plébéiens qui avouent leur bassesse. Retour à Dieu, foi en Jésus , voilà ce qui égalise toutes les

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