Cf. l'Antéchrist, p
2. ClG-Kio bnzb 7rveûp.aTo; 5eiv&û rtvo? y.nX araffitiS'cu; àvappimaôévre;
(Eusèbe); incrcdibili motu sub uno tempore, quasi rabie efferati (Orose).
[An 116] LES ÉVANGILES. 505
moins une révolte qu'un massacre, avec des détails d'effroyable férocité. Ayant à leur tête un certain Lucova', qui avait chez les siens le titre de roi, ces enragés se mirent à égorger les Grecs et les Romains, mangeant la chair de ceux qu'ils avaient égorgés, se faisant des ceintures avec leurs boyaux, se frottant de leur sang, les écorchant et se couvrant de leur peau. On vit des forcenés scier des malheureux de haut en bas par le milieu du corps. D'autres fois, les insurgés livraient les païens aux bêtes, en souvenir de ce qu'ils avaient eux-mêmes souffert, et les forçaient à s'entre-tuer comme des gladiateurs. On évalue à deux cent vingt mille le nombre des Cyrénéens égorgés de la sorte. C'était presque toute la population ; la province devint un désert. Pour la repeupler. Adrien fut obligé d'y amener des colons d'ailleurs2; mais le pays ne reprit jamais l'état florissant qu'il avait dû aux Grecs.
De la Cyrénaïque, l'épidémie des massacres gagna l'Egypte et Chypre. Chypre vit des atrocités. Sous la conduite d'un certain Artémion, les fanatiques détruisirent la ville de Salamine et exterminèrent
1. Dans Dion Cassius, il s'appelle Andréas, sans doute par faute de copiste.
i. Orose, l. c. Cf. Eus., Chran., an 4 ou 5 d'Adr. ; Eckhel, VI, p. 497. Libyœ restitutori.
506 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 116)
la population entière. On évalua le nombre des Chypriotes égorgés à deux cent quarante mille l. Le ressentiment de ces cruautés fut tel, que les Chypriotes prononcèrent l'exclusion des juifs de leur île à perpétuité ; même le juif jeté sur les côtes par force majeure était mis à mort.
En Egypte, l'insurrection juive prit les proportions d'une véritable guerre2. Les révoltés eurent d'abord l'avantage. Lupus, le préfet de l'Egypte, dut reculer. L'alerte fut vive à Alexandrie. Les Juifs, pour se fortifier, détruisirent le temple de Némésis, élevé par César à Pompée3. La population grecque parvint cependant, non sans lutte, à reprendre le dessus. Tous les Grecs de la basse Egypte se réfugièrent avec Lupus dans la ville et en firent comme un grand camp retranché. Il était temps. Les Cyrénéens, conduits par Lucova, arrivaient pour se joindre à leurs frères d'Alexandrie et pour former avec eux une seule armée. Privés de l'appui de leurs coreligionnaires alexandrins, tous tués ou prisonniers, mais grossis par des bandes venues des autres parties de