Pirké Abolh, m
3. (3rœlz,Gesch. der Juden, IV, 148,2e édit.; Ewald, Gesch.des Volkes Israël, VII, p. 349, notei ; Derenbourg, Palest., p. 41 8, notel .
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Un monument des mornes tristesses de ce temps paraît être l'Apocalypse de Baruch \ L'ouvrage est une imitation de l'Apocalypse d'Esdras', et se divise comme cette dernière en sept visions. Baruch,
1. Baruch avait été déjà exploité antérieurement par les auteurs d'apocryphes. On avait composé sous son nom un livre qui, plus heureux que l'Apocalypse, a pris place à la suite deJérémie, dans les Bibles grecques et latines. L'ouvrage dont nous parlons en ce moment n'a été conservé qu'en syriaque. Geriani, Monumenta sacra et profana, t. I, fasc. u (Milan, 1866), t. V, fiisc. n ('871); Frilzsche, Libri apocryphi Vet. Test. (Leipzig, 1871), p. 654- 699. Diverses particularités (§§ 76, 77) porteraient à croire que le livre, tel que la version syriaque nous i'a conservé, n'est pas complet.
2. Les rapprochements entre les deux écrits se remarquent à chaque page, presque à chaque ligne. Ce qui prouve que pseudo- Baruch est l'imitateur, c'est que les idées les plus particulières de pseudo-Esdras sont chez lui censées connues et n'ont pas besoin d'être expliquées. Notez surtout ce qui concerne \espromptuaria, le petit nombre des élus et la prière pour les morts. En quelques lignes, pseudo-Baruch (voir surtout § 85) résume des pages de pseudo-Esdras. La doctrine du péché originel, si exagérée chez pseudo-Esdras, semble corrigée (§ 54). La phrase Juventus seculi prœteriit (§ 85, vers. 10) est mieux amenée dans pseudo-Esdras. Il n'est pas sans exemple que, quand un apocryphe imite un autre apocryphe, le texte le plus court soit celui de l'imitateur (comp. Baruch, i, 15 — H, 17, à Daniel, îv, 4-19). Le fait que l'ouvrage a été adopté par les chrétiens empêche d'en rabaisser la composition au-dessous de la guerre juive sous Trajan; car, à parti* d'Adrien, aucun manifeste juif ne fut plus adopté par les chrétiens. Le § 22 prouve d'ailleurs que le livre est postérieur au siège de 7an 70 et antérienr à la construction d'Jilia Capitolina. On ne peut rien conclure des §§ 26-23.
218 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 117}
secrétaire de Jérémie, reçoit de Dieu l'ordre de rester à Jérusalem pour assister au châtiment de la ville coupable. Il maudit le sort qui l'a fait naître pour être témoin des outrages infligés à sa mère. Il supplie Dieu d'épargner Israël. Sans cela, qui le louera, qui expliquera sa loi? Le monde est-il donc destiné à revenir à son silence primitif? Et quelle joie pour les païens qui s'en iront dans les pays de leurs idoles se glorifier devant eux des défaites qu'ils ont infligées au vrai Dieu ' !
L'interlocuteur divin répond que la Jérusalem qui va être détruite n'est pas la Jérusalem éternelle, préparée dès les temps paradisiaques, qui fut montrée à Adam avant son péché, et qui fut entrevue par Abraham et Moïse. Ce ne sont pas les païens qui détruisent la ville ; c'est la colère de Dieu qui va l'anéantir. Un ange descend du ciel, enlève du temple tous les objets sacrés et les confie à la terre. Les anges alors démolissent la ville 8. Sur les ruines. Baruch entonne un chant de deuil. Il s'indigne que la nature continue son cours, que la terre sourie et ne soit pas brûlée par un éternel soleil de midi.
Laboureurs, cessez de semer, et toi, terre, cesse de
h. Souvenir du triomphe de Vespasien et de Titus. 2. Comp. § 80.
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porter des moissons; vigne, que sert désormais de prodiguer ton vin, puisque Sion n'est plus? Fiancés, renoncez à vos droits; vierges, ne vous parez plus de couronnes1; femmes, cessez de prier pour devenir mères. C'est désormais aux stériles à se réjouir et aux mères à pleurer2; car pourquoi enfanter dans la douleur ce qu'il faudra ensevelir a\ec larmes? Désormais ne parlez plus de charme, ne discourez plus sur la beauté. Prêtres, prenez les clefs du sanctuaire, jetez-les vers le ciel, rendez-les au Seigneur, et dites-lui : « Garde maintenant ta maison. » Et vous, vierges, qui filez le lin et la soie avec l'or d'Ophir, hâtezvous, prenez tout cela et jetez-le au feu, pour que la flamme rapporte ces choses à celui qui les a faites et que nos ennemis n'en jouissent pas. Terre, aie des oreilles-, poussière, prends un cœur pour annoncer dans le scheol, et dire aux morts : « Que vous êtes heureux en comparaison de nous autres3! »
Pseudo-Baruch,pas mieux que pseudo-Esdras,ne peut se rendre compte de la conduite de Dieu envers son peuple. Certes, le tour des gentils viendra. Si Dieu adonné à son peuple des leçons si sévères, que sera-ce de ceux qui ont tourné tous ses bienfaits contre lui? Mais comment expliquer le sort de tant de justes qui ont scrupuleusement observé la Loi et ont