‹ Les Évangiles et la seconde génération chrétienneChapitre 59 sur 393 · Épiph., xxx · texte numérisé non relu

Épiph., xxx

3. Épiph., xxx, 46, Homélies pseudo-clém., lettres prélim. , Sacy, Chrest. arabe, I, p. 306, 346.

4. Irénée, I, xxvi, 2 ; III, xv, 1 ; Eusèbe, //. E., III, 27 ; Épiph., xxx, 47, 25;Théodoret, Ilœret. fab.,11, 4 ; saint Jérôme, In Matth.„ xii, init. Cf. Saint Paul. p. 299 et siaiv.

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miraculeuse restauration. Ils l'appelaient « la maison de Dieu », et, comme ils se tournaient vers elle dans la prière, on devait croire qu'ils lui avaient voué une espèce d'adoration1. Un œil pénétrant aurait pu dès lors apercevoir qu'ils étaient en train de devenir des hérétiques, et qu'un jour ils seraient traités de profanes dans la maison qu'ils avaient fondée.

Une différence totale séparait, en effet, le christianisme des nazaréens , des ébionim > des parents de Jésus, de celui qui triompha plus tard. Pour les continuateurs immédiats de Jésus, il s'agissait non de remplacer le judaïsme, mais de le couronner par l'avènement du Messie. L'Église chrétienne n'était pour eux qu'une réunion de hasidim, de véritables Israélites, admettant un fait qui, pour un juif non sadducéen, devait paraître fort possible : c'est que Jésus, mis à mort et ressuscité, était le Messie, qui dans un bref délai devait venir prendre possession du trône de David et accomplir les prophéties. Si on leur eût dit qu'ils étaient des déserteurs du judaïsme, ils se fussent sûrement récriés, et eussent protesté qu'ils étaient les vrais juifs, les héritiers des promesses. Renoncer à la loi mosaïque eût été„

<. Irénée, I, xxvi, 2.

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d'après leur manière de voir, une apostasie ; ils ne songeaient pas plus à s'en affranchir qu'à en délivrer les autres. Ce qu'ils Croyaient inaugurer, c'était le triomphe complet du judaïsme, et non une religion nouvelle, abrogeant celle qui avait été promulguée sur le Sinaï.

Le retour à la ville sainte leur était interdit; mais, comme ils espéraient que les empêchements ne dureraient pas, les membres importants de l'Eglise réfugiée continuaient à faire corps ensemble, et s'appelaient toujours l'Église de Jérusalem1. Dès l'époque du séjour à Pella% on donna un successeur à Jacques, frère du Seigneur, et naturellement on choisit ce successeur dans la famille du maître. Rien de plus obscur que tout ce qui touche à ce rôle des frères et des cousins de Jésus dans l'Eglise judéochrétienne de Syrie 3. Certains indices4 feraient croire que Jude, frère <àu Seigneur et frère de Jacques, fut quelque temps chef de l'Église de Jérusalem. Il n'est

4. C'est ainsi que, de nos jours, le patriarche des maronites, dans le Liban, s'appelle toujours « patriarche d'Antioche b, quoique les maronites aient quitté Antioche depuis des siècles.

2. Eusèbe, //. E., 111, *. Cf. Chron., an 7 de Néron. La contradiction entre ces deux textes n'est qu'apparente. Le second fait est donné par anticipation.

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