Surtout l'épisode raconté par Hégésippe, dans Eusèbe, Il
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pas facile de dire quand ni dans quelles circonstances. Celui que toute la tradition désigne comme ayant été le successeur immédiat de Jacques sur le siège de Jérusalem est Siméon, fils de Clopas * . Tous les frères de Jésus, vers l'an 75, étaient probablement morts. Jude avait laissé des enfants et des petitsenfants *. Pour des motifs que nous ignorons, ce ne fut pas dans la descendance des frères de Jésus qu'on prit le chef de l'Église. On suivit le principe de l'hérédité orientale. Siméon, fils de Clopas, était probablement le dernier des cousins germains de Jésus qui vécût encore. Il pouvait avoir vu et entendu Jésus dans son enfance 3. Quoique l'on fût au
E., III, 32. Notez aiperixô» rive; dans Eus., III, xix, et III, xxxii, 2, 3, 6, impliquant une confusion de Juda et de Siméon (v. ciaprès, p. 493 J. L'épiscopat de Siméon est bien long, s'il commença vers 72; Hegésippeest obligé de donner 4 20 ans de vie à ce personnage (Eus., III, xxxii, 3). Eusèbe avoue que la liste des évoques de Jérusalem avait peu d'authenticité (//. E., IV, S). Cette liste (elle se retrouve dans la Chronique d'Eusèbe, à l'année 7 d'Adrien, et dans Samuel d'Ani) a peu de vraisemblance. De 33 à 105, Jérusalem aurait eu deux évêques; de 105 à 122, elle en aurait eu treize.
1. Hégésippe, dans Eusèbe, //. E., III, xxxii, 3, 6; IV, xxn, 4; Eusèbe, III, 11, 22, 35; IV, 5; Eus. ,Chron., à l'an 7 de Néron; Conslit. apost., VII, 46.
2. Hégésippe, dans Eusèbe, III, 19, 20. Voir /'Appendice à la fin du volume.
3. Eusèbe l'affirme (//. E., III, 32), et l'âge de 120 ans qu'He-
delà du Jourdain, Siméon se considéra comme chef de l'Église de Jérusalem, et comme l'héritier des pouvoirs singuliers que ce titre avait conférés à Jacques, frère du Seigneur.
Les plus grandes incertitudes régnent sur le retour de l'Église exilée (ou plutôt d'une partie de cette Église) dans la ville, à la fois coupable et sainte, qui avait crucifié Jésus et devait néanmoins être le siège de sa gloire future. Le fait du retour n'est pas douteux1; mais l'époque où il s'effectua est inconnue. A la rigueur, on pourrait en reculer la date jusqu'au moment où Adrien décida la reconstruction de la ville, c'est-à-dire jusqu'à l'an 122*. Il est
gésippe prèle à Siméon au moment de sa mort (dans Ens., xbid.) rendrait la chose toute simple, si cette longévité était admissible. Il est probable que Clopas était plus jeune que son frère Joseph, et que ses fils étaient en moyenne plus jeunes que Jésus et ses frères. On en a la certitude pour Jacques, qui paraît avoir été l'aîné des Cléophides, et qu'on surnomma ô uixpd; pour le distinguer de son cousin germain du môme nom.
S. Épiph., De mensuris, c. <4, 15. Le passage de Matth., xxvii, 8, eteelui d'Hégésippe, dans Eusèbe, II, xxni, 48, supposent chez les chrétiens une connaissance familière de Jérusalem après le siège de Titus.
2. L'argument qui milite en faveur de cette opinion, c'est qu'Adrien trouva la ville ^îatpi<jpivi)v, à l'exception d'un petit nombre d'cUiapaTa qu'Épiphane énumère. Mais wàaçptffpévwv reste d'une exactitude suffisante, en supposant que la population chrétienne qui revint ne fut pas fort nombreuse et vécut retirée dans
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plus probable cependant que la rentrée des chrétiens eut lieu peu de temps après la complète pacification de la Judée. Les Romains se relâchèrent sans doute de leur sévérité pour des gens aussi paisibles que les disciples de Jésus. Quelques centaines de saints pouvaient bien demeurer sur le mont Sion, dans ces maisons que la destruction avait respectées ' , sans que pour cela la ville cessât d'être considérée comme un champ de ruines et de désolation. La légion 10e Frelensis, à elle seule, devait former autour d'elle un certain groupe de population. Le mont Sion, comme nous l'avons déjà dit, faisait une exception dans l'aspect général de la ville. Le Cénacle des apôtres2, plusieurs autres constructions et en particulier sept synagogues, restées debout comme des masures isolées, et dont une se conserva jusqu'au temp5 de Constantin, étaient presque intactes, et rappelaient ce verset d'Isaïe: « La fille de Sion est délaissée comme
un coin des ruines. Les textes d'Eusèbe (Démonstr. évang., III, v. p. 124; H. E., III, xxxv) sur la continuité de l'Église de Jérusalem jusqu'à la guerre d'Adrien ne s'expliquent pas sans un retour partiel. Un in partibus trop prolongé se comprendrait difficilement.
4. Épiphane, /. c. Cf. saint Jérôme, Epist. ad Dard., Opp., t. II, p. 640, édit. Martianay.
2. Cf. saint Cyrille de Jér., Catech. xvi, 4; Vogué, les Églises de terre sainte, p. 323.
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une cabane dans une vigne1 ». C'est là, on peut Je croire, que se fixa la petite colonie chrétienne qui fit la continuité de l'Église de Jérusalem. On peut aussi supposer, si l'on veut, qu'elle résida dans une de ces bourgades de juifs, voisines de Jérusalem, telles queBéther, qu'on identifiait idéalement avec la ville sainte 2. En tout cas, cette Église du mont Sion fut, jusqu'au temps d'Adrien, bien peu nombreuse. Le titre de chef de l'Église de Jérusalem paraît n'avoir été qu'une sorte de pontificat honorifique, une présidence d'honneur, n'impliquant pas une vraie charge d'âmes. Les parents de Jésus, en particulier, semblent être restés pour la plupart au delà du Jourdain.
L'honneur de posséder dans leur sein des personnages aussi marquants inspirait aux Églises de Batanée un orgueil extraordinaire3. Il est probable qu'au moment du départ de l'Église de Jérusalem pour Pella, quelques-uns des « Douze », c'està-dire des apôtres choisis par Jésus, Matthieu par exemple, vivaient encore et firent partie de l'émigra-