‹ Les Évangiles et la seconde génération chrétienneChapitre 62 sur 393 · Le même, ibid., III · texte numérisé non relu

Le même, ibid., III

«0 ORIGINES DU CHRISTIANISME. (An 74]

vreté1, mais en même temps juifs très-exacts, mettant le titre d'enfant d'Israël avant tout autre avantage*. On les révérait fort et on leur donnait un nom (peut-être maraniin ou moranoïé) dont l'équivalent grec était àecro'ouvoi. Déjà, depuis longtemps, sans doute même du vivant de Jésus, on avait dû supposer que Jésus descendait de David 3, puisqu'il était reçu que le Messie serait de la race de David. L'admission d'une telle descendance pour4 Jésus l'impliquait pour sa famille. Ces bonnes gens en étaient fort préoccupés et un peu vaniteux*. Nous les voyons sans cesse occupés à construire des généalogies qui rendissent vraisemblable la petite fraude dont la légende chrétienne avait besoin. Quand on était trop embarrassé, on se réfugiait derrière les persécutions d'Hérode, qui, prétendait-on, avait détruit les livres généalogiques. Aucun système arrêté ne prit le dessus à cet égard. Tantôt on soutenait que le travail avait été fait de

4. Évang. des Ilébr., Ililg., p. 4G, 47, 23; Recognit., II, 29.

2. Saint Jacques en fut l'idéal. Voir l'épître attribuée à ce dernier. Cf. l'Antéchrist, ch. m.

3. Voir Vie de Jésus, p. 246 et suiv. En 58, la légende était sûrement déjà formée. Cf. Rom., I, 3; Hebr., vu, 44; Apoc, v, 5. Notez Marc, x, 47, 48 ; xi, 40.

4. La préoccupation de la race de David est assez vive vers l'an 400. Talm. de Jér., Kilaïm, ix, 3 (Derenbourg, p. 349).

5. <PavT,TiûvTeî (Jules Afr., dans Eus., //. E., I, vu, 4 4).

mémoire, tantôt qu'on avait eu pour le construire des copies des anciennes chroniques. On avouait qu'on avait fait « le mieux qu'on avait pu » 1 . Deux de ces généalogies nous sont parvenues, l'une dans l'Evangile dit de saint Matthieu, l'autre dans l'Evangile de saint Luc, et il paraît qu'aucune d'elles ne satisfaisait les ébionim, puisque leur Evangile ne les contenait pas, et qu'il y eut toujours contre ces généalogies une forte protestation dans les Eglises de Syrie*.

Ce mouvement, tout inoffensif qu'il était en politique, excita des soupçons. Il semble que l'autorité romaine eut plus d'une fois l'œil ouvert sur les descendants vrais ou prétendus de David '. Vespasien avait entendu parler des espérances que les Juifs fondaient sur un représentant mystérieux de leur antique race royale 4„ Craignant qu'il n'y eût là un prétexte pour de nouveaux soulèvements, il fit, dit-on, rechercher tous ceux qui semblaient appartenir à cette lignée ou qui s'en targuaient. Cela donna lieu à beaucoup de vexations, qui peut-

\. Eî; 5<rov èÇtxvoBvto. Jules Afr., dans Eus., //. E., I, vu, <4.

2. Voir Vie de Jésus, p. 250. L'origine royale de Jésus est admise des juifs dès le commencement du nie siècle. Talm. de Bab., Sanhédrin, 43 a (cf. Derenbourg, p. 349, note 2).

Page 1