‹ Les Évangiles et la seconde génération chrétienneChapitre 64 sur 393 · RAPPORTS ENTRE LES JUIFS IT LES CHBETIBX · texte numérisé non relu

RAPPORTS ENTRE LES JUIFS IT LES CHBETIBX

Les relations de ces Églises tout hébraïques de Batanée et de Galilée avec les juifs devaient être fréquentes. C'est aux judéo-chrétiens que se rapporte une expression fréquente dans les traditions talmudiques, celle de mînim, répondant à « hérétiques » '• Les mînim sont représentés comme des espèces de thaumaturges et de médecins spirituels , guérissant les malades par la puissance du nom de Jésus et par des applications d'huile sainte. On se rappelle que c'était là un des préceptes de saint Jacques*. Ces sortes de guérisons, ainsi que les exorcismes, étaient le grand moyen de conversion employé

4. Minœi de saint Jérôme. Epist. ad August.,89 (74), col. 623 de Mart. (t. IV, 2* part.).

2. Voir l'Antéchrist, p. 55-57. Tosifta Cholin, II ; Talm. de Bab., Aboda zara, 17 a, 27 b; Justin, Dial., 39.

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par les disciples de Jésus, surtout quand il s'agissait de juifs \ Les juifs s'appropriaient ces recettes merveilleuses, et, jusqu'au m* siècle, on trouve des médecins juifs guérissant au nom de Jésus2. Gela n'étonnait personne. La croyance aux miracles journaliers était telle, que le Talmud prescrit la prière que chacun doit faire quand il lui arrive des « miracles particuliers » 3. La meilleure preuve que Jésus crut accomplir des prodiges, c'est que les gens de sa famille et ses disciples les plus authentiques eurent en quelque sorte la spécialité d'en faire. Il est vrai qu'il faudrait aussi conclure d'après le même raisonnement que Jésus fut un juif étroit, ce à quoi l'on répugne. Le judaïsme, du reste, renfermait dans son sein deux directions, qui le mettaient à l'égard du christianisme dans des relations opposées. La Loi et les prophètes restaient toujours les deux pôles du peuple juif. La Loi provoquait cette scolastique bizarre qu'on appelait la halaka, et d'où allait sortir le Talmud. Les prophètes, les psaumes, les livres poétiques inspi-

1. Notez ce qui concerne Jacob de Caphar-Schekania, etc., ciaprès, p. 533 et suiv., et l'exemple d'Aquila, Épiph., De mens., ch. 45. lien était encore ainsi au ive siècle. Voir le curieux récit d'Épipliane, haer. xxx, 4-12. Cf.Quadratus, cité par saint Jérôme, De vir. ill., c. 19.

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