Ils lui répondirent : Nous le pouvons. Mais Jésus leur
1 Jésus leur parle de ses souffrances, de sa mort prochaine, et ce n’est pas de lui qu’ils s’occupent, mais d’oux-mèmes. Ils demandent le prix du combat, et n'ont pas encore combattu, et ne fton^enl pas même à combattre. Chacun veut sa part et la meilleure part dans la jjloirc : mais qui veut le calice ?
dit : Le calice que je dois boire, vous le boirez en effet, et vous serez baptisés du baptême dont je dois être baptisé :
40. Mais d’être assis à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de le donner; ce sera donné à ceux à qui il a été préparé.
41. Entendant ceci, les dix autres s’indignèrent contre Jacques et Jean.
42. Mais Jésus les appelant, leur dit : Vous savez que ceux qui possèdent l’autorité sur les peuples, les dominent, et que leurs princes ont puissance sur eux.
43. Il n’en sera pas ainsi parmi vous; mais quiconque voudra être le plus grand , sera votre serviteur :
44. Et quiconque voudra être le premier parmi vous, sera le serviteur de tous 1 2 .
45. Car le Fils de l’homme même n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie pour racheter celle de plusieurs.
46. Ils vinrent ensuite à Jéricho ; et comme il partoit de Jéricho avec ses disciples et une grande multitude, le fils deTimée, Bartimée l’aveugle, étoit assis, mendiant, sur le bord du chemin.
47. Lequel, ayant entendu que c’ étoit Jésus de Nazareth, se mit à crier, disant : Jésus, Fils de David, ayez pitié de moi.
48. Et plusieurs s’efforçoient de le faire taire. Mais lui crioit encore plus haut : Fils de David, ayez pitié de moi.
49. Alors Jésus s’arrêtant, ordonna qu’on l'appelât. Et ils l’appelèrent, en lui disant : Aye confiance; lève-toi, il t’appelle.
50. Rejetant son manteau, il se lève en hâte et vient à Jésus.
51. Et J ésus lui dit : Que voulez-vous que je vous fasse? L’aveugle lui dit : Seigneur, que je voie *.
52. Jésus lui dit : Allez, votre foi vous a guéri. Et aussitôt il vit, et il le suivoit dans le chemin.
1 De* enseignements de Jésus, aucun n’a été, de tou* temps, plus oublié que celui-ci. C’est pourquoi la société qu’il venoit fonder, le royaume de Dieu, est encore dans l’avenir.
2 C’est l'éternelle prière de tout lioiume et du genre humain , à laquelle il faut en ajouter deux autres : Seigneur, faites que j’aime, faite* que je veuille.
Ecoutez bien, entendez bien ce que vous dit Jésus. Pour le suivre, il faut tout quitter, maisons, frères, sœurs, père, mère, fils, champs; rien n’est excepté de ce grand sacrifice. Non pas que Jésus vienne abolir les lois de la nature, rompre les liens de la famille, qu’il a, au contraire, rendus plus étroits, plus sacrés; non pas qu’il interdise toute possession comme mauvaise : mais il veut que l’homme place au-dessus de sa famille selon la chair, la famille universelle qui enveloppe toutes les autres dans son unité; il veut que la possession se légitime par le partage, afin que nul ne soit déshérité, et parce que ce partage, volontaire à la fois et de devoir, unit par le fond de l’àme celui qui donne et celui qui reçoit. Alors, autant il est de familles particulières , autant chacun a de pères, de mères, de frères, de fils; et ainsi des maisons, et des champs. Rien n’a été détruit, tout s’est agrandi dans les vastes proportions du genre humain luimême. L’amour a multiplié dès ici -bas tous les biens au centuple, en même temps qu’il a préparé l’accroissement de ces biens dans les siècles qui suivront, et au delà encore, dans l’ordre d’existence qui succède à l’existence terrestre. Ne soinhle— t— il pas qu’unc pareille doctrine, répandue au milieu d’un monde rempli de tant de douleurs dont elle tariroit la source, devrait tout d’abord l’attirer à soi? Et cependant, à ceux qui essaieront de l’établir par la parole cl par l’exemple, Jésus annonce des persécutions. Et c’est qu’en effet, opposée à la cupidité, à l’orgueil, à tous les penchants égoïstes, elle aura toujours pour ennemi le Mauvais, toujours à combattre Satan et les fils de Satan, les dominateurs, les oppresseurs, qui disent : « La terre nous appartient; elle » est au plus fort, et nous avons la force; au plus habile,
« et nous avons la ruse. Que nous parle-t-on de frères?
» Qu’est-cc qu’un frère? Esclave, obéis à ton maître. Voilà » notre loi. » Entre cette loi et la loi de Jésus, choisissez.