‹ Les évangilesChapitre 12 sur 268 · Car où est votre trésor, là est votre cœur · texte numérisé non relu

Car où est votre trésor, là est votre cœur

22. L’œil est la lampe du corps; si donc votre œil est pur, tout votre corps sera dans lu lumière ;

23. Et si votre œil est obscurci, tout votre corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en vous est ténèbres, les ténèbres mêmes que seront-elles 1 ?

24. Xul ne peut servir deux maîtres; car, ou il aimera l’un et haïra l’autre, ou il sera docile à l’un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon 2 .

25. C’est pourquoi je vous dis : Xe vous inquiétez point de votre vie, comment vous mangerez, ni de votre corps, comment vous le vêtirez. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture , et le corps plus que le vêtement?

2G. Hegardez les oiseaux du ciel, ils ne sèment, ni ne moissonnent, ni ne recueillent en des greniers; et votre Père céleste les nourrit. X’êtes-vous pas de plus de prix qu’eux?

27. Qui de vous pourrait , par son industrie, ajouter une coudée à sa stature?

28. Et le vêtement , pourquoi vous en inquiéter? Voyez les lis des champs, comme ils croissent : ils ne travaillent ni ne filent :

* Si l'on appelle ténèbres lu privation de la lumière qui éclaiie le* corps, que sera-ce donc qot les vraies ténèbres, la privation de la lumière qui éclairé l’iiiue intérieurement?

2 Le denioo de* richesses, selon les idées des Juifs.

29. Or, je vous le dis : Salomon, dans foute sa gloire, n’étoit pas vêtu comme l'un d'eux.

30. Que si l'herbe des champs, qui est aujourd'hui, et demain sera jetée dans le four, Dieu la vêtit ainsi, combien plus vous, hommes de peu de foi?

31. Xe vous inquiétez donc point, disnnt : Que mangeronsnous? que boirons-nous? ou comment nous vêtirons-nous?

32. Les Gentils s’enquièrent de ces choses, mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin.

33. Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné de surcroît.

34. N’ayez donc point de souci du lendemain ; demain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.

Ce n’est pas l’insouciance et l’indolence que le Christ recommande ici ; mais il enseigne aux hommes à s’affranchir des appréhensions exagérées qui ont leur source dans une préoccupation dominante des choses matérielles, des besoins du corps. Il leur apprend à vivre d’une vie plus haute que celle qui leur est commune avec les animaux et les plantes mêmes : car s’ils vivoient de cette vie élevée, la véritable vie des créatures intelligentes et libres, ils auroient peu à s’inquiéter de la vie inférieure, aux nécessités de laquelle la nature, associée au travail de l’homme, pourvoit comme d’elle-même. Où seroit l’indigence, si chacun cherchoit premièrement le royaume de Dieu et sa justice, c’est-à-dire si, docile à la loi de Dieu, aux devoirs qu’elle impose, chacun s’efforçoit avant tout de les accomplir fidèlement? Chargez l’équité, la charité de la distribution des biens que la terre nous prodigue, et il y aura pour tous de la nourriture, des vêtements pour tous. La misère est la fille de l’injustice, de la cupidité égoïste, du criminel mépris des saints devoirs de l’humanité, de leur violation si générale, si permanente, qu’on s’est presque habitué, par une effrayante aliénation de

S Kl. O Y S .AI Y T MATTHIEI. 1»

la conscience, à la confondre avec l’ordre même. Donc, Seigneur, que votre royaume advienne : Que votre loi devienne la loi du monde régénéré : Que la faim et la nudité n’y soient plus le partage des trois quarts de la race humaine : Qu’il soit la demeure , non plus d’ennemis acharnés à se nuire , mais de frères empressés à se secourir mutuellement : Que, plus nombreux de jour en jour, vos enfants s’unissent pour détruire le mal, pour abattre le temple de Satan, et reconstruire le vôtre sur ses ruines.

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