‹ Les évangilesChapitre 153 sur 268 · Et ils se rioient de lui, sachant qu’elle étoit morte · texte numérisé non relu

Et ils se rioient de lui, sachant qu’elle étoit morte

1 I<a jeune fille, c'est l'Humanité. A certaine» époque», affaissée, sans mouvement, ceux qui ne jugent que par les dehors, déclarent que c'en est fait d’elle. Xc les croyei point ; elle n’est pas morte, elle dort.

54. Mais lui, prenant sa main, s’écria, disant : Jeune fille, lève-toi.

55. Et l’esprit revint en elle ; et elle se leva incontinent. Et il ordonna de lui donner à manger.

56. Et ses parents étoient hors d’eux-mêmes d’étonnement, et il leur commanda de ne dire à personne ce qui s’éloit passé.

Au-dessus de la parenté d’où liait la famille particulière, simple élément de la famille universelle, il existe une autre parenté, qui, par un lien plus sacré encore parce qu'il est moins charnel, unit tous les hommes sons la paternité immédiate de Dieu même. Là est le fondement, la raison du devoir, comme la raison, le fondement du droit : car devant Dieu tous sont égaux, libres dès lors à l’égard l’un de l’autre, et voilà le droit : tous étant égaux devant Dieu, aucun ne sauroit se préférer à autrui sans injustice, ou, suivant l’expression de Jésus, chacun doit aimer autrui comme il s’aime soi-mème, et voilà le devoir. L’amour réglé, l’amour légitime et saint, se proportionnant à son objet, selon les lois souveraines de l'Ordre, va toujours montant, toujours s’épandant en des sphères de plus en plus hautes. Ainsi l’individu s’aime et doit s’aimer, puisqu’il est, et que Dieu veut qu’il soit; mais il doit aimer plus que soi la famille dont il n’est qu’un membre , et plus que celle-ci la grande famille qui embrasse toutes les autres. En s’élevant de la sorte, l’amour retrouve son principe éternel, qui est aussi son terme infini. Il s’y replonge, s’y dilate sans lin, et par lui s’opère l’ineffable union de l’être créé et de l’Etre ineréé, union qui n’étant jamais consommée, parce qu’elle a, du côté de la créature, des bornes nécessaires, mais qui fuient toujours, croit perpétuellement, et forme et formera, au delà de toute durée mesurable, la béatitude, perpétuellement croissante aussi, des créatures sentantes et pensantes, auxquelles Dieu

2Ifi ÉVANGILE

n'a communiqué son cire, que pour leur communiquer, autant que le permet leur nature , le sentiment qu'il a de son être, et qui constitue sa félicité interne.

Page 1