‹ Les évangilesChapitre 163 sur 268 · Et Jésus dit : Et à vous aussi, Docteurs de la loi, mal · texte numérisé non relu

Et Jésus dit : Et à vous aussi, Docteurs de la loi, mal

il leur répond qu’il ne leur sera point donné d’autre «igné que celui de Jonas, c’est-à-dire sa parole mémo , sa prédication. Elle est cette lampe mise sur un candélabre , afin que ceux qui entrent voient la lumière. Une lampe, pour être vue, a-t-elle besoin d’une autre lampe qui l’éclaire? La doctrine de vie se justifie par elle-même, comme la lumière se manifeste par ellemême. I/o* il pur de In conscience la reconnoit aussitôt , et ne demande point d'autre preove. l*es Xiniliics crurent à Jonns ; croyei à celui qui est plus que Jouas.

heur! parce que vous chargez les hommes de fardeaux qu’ils ne peuvent porter, et que vous ne touchez pas même du doigt.

47. Malheur à vous, qui bâtissez des tombeaux aux Prophètes; et vos pères les ont tués.

48. Certes, vous montrez bien que vous consentez aux œuvres de vos pères; car eux les ont tués, et vous, vous leur bâtissez des sépulcres.

49. C’est pourquoi la sagesse de Dieu a dit : Je leur enverrai des Prophètes et des Apôtres, et ils tueront les uns, et poursuivront les autres :

50. Afin que soit recherché le sang de tous les Prophètes , qui a été versé depuis le commencement du monde jusqu’à cette génération ;

51. Depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie, qui périt entre l’autel et le temple. Oui, je vous le dis, ce sang sera redemandé à cette génération *.

52. Malheur à vous, Docteurs de la loi, parce que vous avez pris la clef de la science, et n’y êtes point entrés, et avez repoussé ceux qui entroient.

53. Comme il leur disoit ces choses, les Pharisiens et les Docteurs de la loi commencèrent à le presser, et à l’accabler de toute sorte de questions,

54. Lui tendant des pièges , et cherchant à surprendre quelque parole de lui pour l’accuser.

Le pouvoir politique n’existoit plus chez les Juifs asservis à la domination romaine, mais la synagogue étoit encore debout, prête cependant à tomber elle-même, intérieurement ruinée par sa propre corruption. Des chefs de l’Eglise mosaïque, les uns, sans foi aucune, attachés uniquement aux biens matériels, ne songeoient qu’à jouir, dans un mol repos, de ce que leur avoit laissé le vainqueur : les autres,

1 Chaque crime n'est pas puni an moment même : la souveraine justice les laisse s’acenmuler jusqu'au jour où, la mesure étant comble, elle les enveloppe tous dans un châtiment général.

plus pervertis encore, parce qu’ils pervertissoient la Loi meme, se reconnoissoient à deux caractères fréquemment rappelés par Jésus : l’hypocrisie et l’esprit de persécution. Aux devoirs réels ils substituoient de vaines cérémonies, des superstitions sous lesquelles s’abritoient les passions justifiées, mises à l’aise ; avides d’ailleurs et remplis d’orgueil , d’iniquité, de rapine, de haine pour quiconque, en éclairant la conscience, en la réveillant de son assoupissement, ébranloit l’empire qu’ils exerçoient sur le peuple crédule. C’étoicnt là les grands adversaires du Christ, ses ennemis les plus ardents, ceux qui crurent en le tuant tuer aussi l’avenir, ceux à qui Jésus déclaroit que seroit redemandé le sang de tous les Prophètes, versé depuis le commencement du monde, parce qu’ils étoient de la race meurtrière, et que l’esprit de cette race étoit encore tout vivant en eux. Immortelle ici-bas, parce que le mal n’y sera jamais entièrement détruit, elle s'y est perpétuée et s’y perpétuera jusqu’à la fin. Il s’y trouvera toujours des Scribes et des Pharisiens hypocrites, sépulcres sur lesquels les hommes marchent sans le savoir, des docteurs de la Loi, qui tiennent la clef de la science et n’y entrent point, et repoussent ceux qui s’efforcent d’entrer. Car c’est là encore un de leurs caractères : ils aiment les ténèbres, ils s’y complaisent; la lumière porteroit en eux un trouble gênant, mais surtout elle ruineroit leur autorité sur les peuples. Ils useront donc de tous les moyens, de la ruse et de la violence, pour empêcher qu’elle ne leur arrive. Ils garderont avec jalousie la clef de la science, repoussant ceux qui voudroient entrer. Que si néanmoins la vérité, qu’on ne retient pas longtemps captive, pénètre en quelques-uns, ils v tâcheront de l’y enfermer, ils étendront un voile épais entre elle et la foule plongée dans l’obscurité. Quiconque essaiera de la guérir de son ignorance, ils lui fermeront la bouche, ils le bâillonneront, ou, s’ils ne le peuvent, ils tâcheront de surprendre quelque parole de lui pour l’accuser, en attendant qu’ils le crucifient. A qui comparerai-je ces esprits de la nuit?

Ils ressemblent aux vents qui amassent les nuées pour dérober à la terre et la lumière eMa chaleur du soleil : mais le soleil a monté, et il a dissipé les nuées, et la terre s’est réjouie aux rayons de l’astre qui la vivifie.

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