Et ils s’en retournèrent chacun dans sa maison
Dix-huit cents ans se sont écoulés depuis la prédication du Christ, et encore aujourd'hui il est vrai de dire : homme ne parla comme cet homme. Qu’a-t-on substitué à sa doctrine? Qu’y a-t-on ajouté? C’est elle encore, elle seule, qui fermente au sein de la société présente, en travail, depuis un demi-siècle, pour la réaliser moins imparfaitement. Que veut-elle, sinon l’égalité, laquelle est le fondement meme de la loi évangélique? Que le premier parmi vous soit le serviteur de tous. Que veut-elle, sinon la liberté? Et le Christ est venu pour briser les chaînes, délivrer les captifs, pour affranchir le genre humain. Que veut-elle, sinon la fraternité? Et le Christ a dit : Vous êtes tous frères; aimez-vous donc et traitez-vous mutuellement en frères. Ainsi ce que veut la société, c’est le règne du Christ, l'accomplissement de sa parole , l’incarnation de sa doctrine dans les institutions et les lois, l’établissement enfin si longtemps attendu, de ce qu’il appeloit le royaume de Dieu. L’esprit que dévoient recevoir ceux qui croiroient en lui est maintenant dans le monde , il agite les peuples réveillés de leur long sommeil, et, d’un mouvement irrésistible, les pousse à de nouvelles destinées. L’opposition sans doute est grande de la part des pouvoirs et des races corrompues que groupent autour d’eux l’intérêt sordide, l’orgueil de la domination, toutes les passions mauvaises, tous les instincts pervers. Mais rien ne résiste à l’Esprit : en lui est la force suprême , la force qui triomphe finalement. Car, où est l’Esprit, là est la foi qui jamais ne chancelle, l’espérance, qui ne défaille jamais, l’amour que ne rebute aucune fatigue, et que n’effraie aucun
labeur. Où est l'Esprit, là est le dévouement, l’oubli de soi, la persévérance, l'union indissoluble. Mais aussi où ne sont pas toutes ces choses, où l’Esprit n’est pas, nul effort qui ne soit vain. Ce n’est point à ceux qui s’isolent, qui ne vi vent que pour cux-mèmes, ne songent qu’à eux-mémes, qui ne savent ni croire, ni aimer, ce n’est point à ceux-là que Jé sus a dit : Vous serez oppressés dans le monde; mais, oyez confiance, fai vaincu le monde.