‹ Les évangilesChapitre 132 sur 228 · Jeanne, femme de Chuza, intendant de la maison d’Hérode · texte numérisé non relu

Jeanne, femme de Chuza, intendant de la maison d’Hérode

Suzanne et plusieurs autres (b), qui l’assistaient de leurs biens. "4, Or, le peuple s’assemblant en foule et se pressant de sortir des villes pour venir vers lui, il leur dit en parabole :

5. Celui qui sème s’en alla semer son grain, et une partie de la semence qu’il semait tomba le long du chemin, où elle fut foulée aux pieds; et les oiseaux du ciel la mangèrent.

6. Une autre partie tomba sur des pierres; et ayant levé, elle se sécha, parce qu’elle n'avait point d'humidité.

7. Une autre tomba au milieu des épines ; et les épines, croissant avec la semence, l’étouffèrent.

embellissements. Dans Matthieu, Jésus se sert de cette formule pour guérir les malades ; dans Luc, cette formule d’absolution regarde les gens en santé. Il a voulu par là montrer la divinité de Jésus et sa messianilé. — Quoi qu’il en soit de cette aventure, cet éloge indirect de la vertu de Simon est d'une merveilleuse et réjouissante ironie. Jésus a passé par là. | (a) Magdalene, de Magdala, ville de Galilée.

(b) Aliæ multæ, beaucoup de femmes. Elles sont de toutes les révolutions. £

8. Une autre partie tomba dans de bonne terre; et, ayant levé, elle porta du fruit, et rendit cent pour un. En disant ceci, ilcriait : Que celui-là entende, qui a des oreilles pour entendre (c).

9. Ses disciples lui demandèrent ce que voulait dire cette parabole.

10. Et il leur dit : Pour vous, il vous a été donné de connaître le mystère du royaume de Dieu; mais pour les autres, ÿ ne leur est proposé qu'en paraboles ; afin (d) qu’en voyant, ils ne voient point, et qu’en écoutant, ils ne comprennent point.

11. Voici donc ce que veut dire cette parabole. La semence, c’est la parole de Dieu. :

12. Ceux qui sont marqués par ce qui tombe le long du chemin, sont ceux qui écoutent la parole; mais le diable vient ensuite, qui enlève cette parole de leur cœur, de peur qu’ils ne croient et ne soient sauvés.

13. Ceux qui sont marqués par ce qui tombe sur des pierres, sont ceux qui, écoutant la parole, la reçoivent avec joie; mais ils n’ont point de racine, parce qu’ils croient seulement pour un temps , et qu’au temps de la tentation ils se retirent.

14. Ce qui tombe dans les épines marque ceux qui ont écouté la parole, mais en qui elle est ensuite étouffée par les inquiétudes, par les richesses et par les plaisirs de cette vie; de sorte qu’ils ne portent point de fruit. .

15. Enfin, ce qui tombe dans la bonne terre marque ceux qui, ayant écouté la parole avec un cœur bon et excellent, la retiennent el la conservent, et portent du fruit par la patience (e).

16. Il n’y a personne qui, après avoir allumé une lampe, la couvre d’un vase ou la mette sous un lit; mais on la met sur le chandelier, afin qu’elle éclaire ceux qui entrent;

c) Cf. Matthieu, x, notes b et autres.

d) Ut, Matthieu, quia. Ce verset tout entier est travesti de Matihieu et ne signifie rien du tout. La cause du travestissement est dans la manie du sens spirituel. Jésus annonçait une réforme sociale. Il rencontrait peu de partisans, surtout parmi les riches. Il s’en vengeait par de mordantes paraboles. Aussi disait-il à ses disciples : Vous, bonnes gens, je vous parle à cœur ouvert; mais les égoistes, je me moque d’eux. |

(e) Vers. 11-15. — Cette interprétation n’est à autre fin que de donner aux paroles de Jésus un sens étranger au sien.

17, Car il n’y a rien de secret qui ne doive être découvert, ni rien de caché qui ne doiveêtre connu, et paraître publiquement (f).

18. Prenez donc bien garde de quelle manière vous écoutez; car on donnera encore à celui qui a déjà; et pour celui qui wa rien, on lui ôtera même ce qu’il croit avoir. ;

19. Cependant sa mère et ses frères étant venus vers lui, et ne pouvant l’aborder à cause de la foule du peuple,

29. Il en fut averti, et on lui dit: Votre mère et vos frères sont là dehors qui désirent de vous voir.

21. Mais il leur répondit : Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la pratiquent. S

22, Un jour (g), étant monté sur une barque avec ses disciples, il leur dit : Passons à l’autre bord du lac. Ils partirent donc.

23. Et, comme ils passaient, il s’endormit: et un si grand tourbillon de vent vint tout d'un coup fondre sur le lac, en sorte que leur barque s'emplissant d’eau, ils étaient en péril.

2%. Ils s’approchèrent donc de lui et l'éveillèrent, en lui disant : Maître, nous périssons. Jésus, s'étant levé, parla avee menaces aux vents et aux flots agités; et ils s’apaisèrent, et il se fit un grand calme,

(f) Vers. 16-17. — Tout ceci est rapporté au hasard, sans suite. Il faut absolument refaire la vie de Jésus, la recoudre, seul moyen de rendre l’homme et la chose intelligibles.

(g) Una dierum. Luc ne met pas d'ordre dans sa narration : il la coud par lambeaux détachés. Ainsi il rapporte, comme Matthieu, l’histoire de la tempête, celle des Géraséniens, puis celles de Jaïrus et de l’hémorroïsse, comme consécutives l’une à l’autre ; mais il les fait précéder et suivre d’autres histoires plus où moins concordantes, comme celle -dufils de la veuve de Naïm, etc.

En comparant attentivement ces récits, on voit que les histoires ont été rédigées longtemps après les événements, et qu’en gros les évangélistes ont retenu de la vie de Jésus ces faits généraux : qu’il commença à prêcher après son baptême; que la mort de Jean le força de se retirer en Galilée ; qu'il fit plusieurs excursions dans les environs du lac, jusque près de Tyr, Gésarée et la Décapole ; puis qu'il se disposa à son grand voyage de Jérusalem, où il périt. (Cf. Matthieu, xxi, note &,)

25. Alors il leur dit : Où est votre foi? Mais eux, remplis de crainte et d’admiration, se disaient l'un à l’autre : Quel est donc ‘cet homme qui commande de la sorte aux vents et aux flots, et à qui ils obéissent ? |

26. Ils abordèrent ensuite au pays des Géraséniens, qui est sur le bord opposé à la Galilée.

27. Et lorsque Jésus fut descendu à terre, il vint au-devant de lui un homme, qui depuis longtemps était possédé du démon, et qui ne portait point d'habit, ni ne demeurait point dans les maisons, mais dans les sépulcres.

28. Aussitôt qu'il eut aperçu Jésus, il jeta un grand cri, et vint se prosterner à ses pieds, en lui disant à haute voix : Jésus, Fils du Dieu très-haut, qu'y a-t-il entre vous et moi? Je vous conjure de ne point me tourmenter.

29. Car il commandait à l'esprit impur de sortir de cet homme, qu’il agitait avec violence depuis longtemps. Et, quoiqu’on le gardât lié de chaînes et les fers aux pieds, il rompait tous ses liens, et était poussé par le démon dans le désert.

30. Jésus lui demanda : Quel est ton nom? Il lui dit : Je m'apee Légion, parce que plusieurs démons étaient entrés dans cet

omme;

31. Et ces démons le suppliaient qu’il ne leur commandât point de s’en aller dans l’abime.

32. Mais, comme il y avait là un grand troupeau de pourceaux qui paissaient sur une montagne, ils le suppliaient de leur permettre d’y entrer, ce qu’il leur permit.

33. Les démons, étant donc sortis de cet homme, entrèrent dans les pourceaux ; et aussitôt le troupeau courut avec violence se précipiter dans le lae, où ils se noyèrent.

34. Ceux qui les gardaient, ayant vu ce qui était arrivé, s’enfuirent, et s’en allèrent le dire à la ville et dans les villages,

86. D'où plusieurs sortirent pour voir ce qui était arrivé; et étant venus à Jésus, ils trouvèrent cet homme, duquel les démons étaient sortis, assis à ses pieds, habillé et en son bon sens; ce qui les remplit de crainte.

36. Et ceux qui avaient vu ce qui s'était passé leur racontèrent comment le possédé avait été délivré de la légion de démons.

37. Alors tous les peuples du pays des Géraséniens le prièrent de s’éloigner d'eux, parce qu'ils étaient saisis d’une grande frayeur. Il monta donc dans la barque pour s’en retourner (h). ap |

38. Et cet homme, duquel les démons étaient sortis, le suppliait

(k) Vers. 27-37. — Cette histoire n’a pas la même portée dans Luc que dans Matthieu.

-2h40 : ÉVANGILE

qu'il lui permit d'aller avec lui; mais Jésus le renvoya, en lui disant : à sr

39. Retournez dans votre maison, et publiez les grandes choses que Dieu a faites en votre faveur (i). Et il s'en alla par toute la ville, publiant les grâces que Jésus lui avait faites. ue.

&0. Jésus étant revenu, le peuple le reçut avec joie, parce qu'il . était attendu de tous. Pr

&A." Alors il vint à lui un homme, appelé Jaïre , qui était un chef de synagogue ; et, se prosternant aux pieds de Jésus, il le suppliait de venir dans sa maison, |

42. Parce qu'il avait une fille unique, âgée d’environ douze ans, qui se mourait. Et comme Jésus y allait, et qu’il était pressé par la foule du peuple,

43. Une femme qui était malade d'une perte de sang, depuis douze ans, et qui avait dépensé tout son bien à se faire traiter par les médecins, sans qu'aucun d’eux l’eût pu guérir,

4k. S'approcha de lui par derrière et toucha le bord de son vêtement ; au même instant sa perte de sang s'arrêta (j).

45. Et Jésus dit: Qui est-ce qui m’a touché? Mais tous assurant que ce n’étaient pas eux, Pierre et ceux qui étaient avec lui dirent : Maître, la foule du peuple vous presse et vous accable, et vous demandez qui vous a touché?

46. Mais Jésus dit: Quelqu'un m’a touché; car j'ai reconnu qu'une vertu est sortie de moi.

47. Cette femme, se voyant ainsi découverte, vint toute tremblante, se jeta à ses pieds et déclara, devant tout le peuple, ce qui l'avait portée à le toucher, et comment elle avait éte guérie à l’'instani. 2

48. Et Jésus lui dit : Ma fille, votre foi (k) vous a guérie; allez en paix. +

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