Alors les Juifs prirent des pierres pour le lapider
39, Et Jésus leur dit : J'ai fait devant vous -plusieurs. bonnes œuvres, par La puissance de. mon Père; pour laquelle est-ce que vous me lapidez ?
33. Les Juifs lui répondirent : Ce n’est pas pour aucune bonne œuvre que nous vous lapidons, mais à cause de votre blasphème, et parce qu’étant homme, vous vous faites Dieu (j).
34. Jésus leur repartit: N’est-il pas écrit dans votre loi : J'ai dit que vous êtes des dieux (k) ? é
35.. Si donc elle appelle dieux ceux à qui la parole de Dieu était adressée, et que l’Ecriture ne puisse être détruite,
36. Pourquoi dites-vous que je blasphème, moi que mon Père a sanclifié et envoyé dans le monde, parce que j'ai dit que je suis Fils de Dieu (1)?
RE
Les Juifs s’en plaignent, et les critiques ne peuvent en rendre raison. Dans. l’hypothèse évangélique qui présente Jésus
comme Messie, cette réserve est inexplicable; dans la mienne, | qui.fait de Jésus un anti-messianiste, interprétant le mythe |
du Messie d’une réforme générale, on conçoit très-bien la modération de Jésus. (Cf. Luc, , 52.)
(i) Versers 25-30. — Divagation qui est de Jean, non de |
Jésus.
..(?) L'observation est sans réplique. Que va dire Jésus?
(k) Ou ceci n’est qu'une escobarderie, ou Jésus a démenti d'avance par ces mots l'opinion de sa divinité. Il est Dieu, parce qu’il est de Dieu, comme nous tous,
({) Filius Dei sum. Jésus-Christ a soin d'expliquer ce que:
37. Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas.
38. Mais si je les fais, quand vous ne voudriez pas croire, croyez à mes œuvres; afin que vous connaissiez et que vous croyiez que mon Père est en moi et moi dans mon Père.
39. Les Juifs alors tâchèrent de le prendre ; mais il s’échappa de leurs mains;
40. Et s’en alla de nouveau au delà du Jourdain (m), au même lieu où Jean d’abord avait baptisé; et il demeura là (n),
41. Plusieurs vinrent l'y trouver, et ils disaient : Jean n’a fait aucun miracle (0) ;
l’on doit entendre par le titre qu’il prend dé Fils de Dieu, à l'exemple des anciens prophètes. Pourquoi a-t-on voulu le faire plus qu’il n’a demandé ?
Observons qu’en grec, l’article 6, le, manque; en sorte qu'il faut traduire : Je suis fils de Dieu, et non pas : 1x fils de Dieu. ,
(m) Territoire neutre.
(n) Versets 34-40. — Ainsi, d’après ce passage décisif, Jésus, dans l'opinion de Jean l’évangéliste lui-même, ne s’est point donné comme fils de Dieu au sens de Nicée. Jésus n’est pas le Verbe ; il est une manifestation du Verbe; il est un des Æons; quelque chose de plus que prophète et Messie; il n’est pas Dieu; il n’est pas Messie. Nulle part, dans les Évangiles, autant qu'ici, on ne voit que l'opinion sur le compte de Jésus s’est formée lentement après sa mort, beaucoup plus que de son vivant; qu’ainsi les Evangiles nous donnent la croyance de leurs auteurs, non l'affirmation de Jésus. Cette affirmation de Jésus, cette réponse au quid dicis de teipse qu’on lui pose sans cesse, il faut la dégager, par une élaboration critique, des tergiversations évangéliques, qui évidemment trahissaient l'embarras des disciples, non celui du maître.
(o) Jean-Baptiste ne fit jamais de miracles. On voit par ce passage que l’on ne regardait point comme nécessaire qu’un prophète fit des miracles. Il y a plus; c’est que même un thaumaturge n’avait pas besoin, pour être reconnu comme tel, que la puissance surnaturelle ne l’abandonnât jamais;
49, Et tout ce que Jean a dit de celui-ci élait vrais Et-il y en eut beaucoup qui crurent en lui (p).
(CHAPITRE XI (a).
Mort de Lazare. Entretien de Marthe avec Jésus. Résurrection de Lazare. Les Juifs veulent prendre Jésus. Caïphe prophétise. pe 0
À, Il y avait un homme malade, nommé Lazare, qui était du bourg de Béthanie, où demeuraient Marie et Marthe, sa sœur. 2, Cette Marie était celle qui répandit sur le Seigneur une huile de parfum et, qui lui essuya les pieds avec ses cheveux (b); et Lazare, qui était alors malade, était son frère. 3. Ses sœurs envoyèrent donc dire à Jésus : Seigneur, celui que vous aimez est malade. ris 4. Ce que Jésus ayant entendu, il dit : Cette maladie ne va point à la mort; mais elle n’est que pour la gloire de Dieu, et afin que le Fils de Dieu en soit glorifié (c). : shoes 5, Or Jésus aimait Marthe et Marie, sa sœur, et Lazare (d).
il suffisait qu’il en eût fait un seul. Après cela, si l’on réfléchit combien les Juifs étaient peu difficiles en fait de miracles, combien leur judiciaire était faible, on trouvera bien misérable l’étalage d’argumentations par lequel on a voulu défendre l’authenticité des miracles du Christ. sé
(p) La boule de neige grossit. Jésus est si haut que, même quand il se défend d’être le Christ, on le suit. F
(a) Chaque histoire arrive pour servir d'occasion et de texte ‘à un discours : en sorte qu’on peut rigoureusement leur appliquer la règle que nous appliquons à tous les faits arrivés en conséquence de soi-disant prophéties : ces histoires et ces faits ont été imaginés pour la prophétie et pour encadrer la doctrine ; donc ils sont faux; c’est de l’apologue.
(b) Allusion à un fait que l'écrivain suppose déjà connu, bien qu’il le raconte plus bas, Ir, 3. Le.
(ce) Cf. plus haut, 1x, 3; même réflexion. | (d) Lazarum. Le verset 1 dit: quidam languens Lazarus.
6. Ayant donc entendu dire qu’il était malade, il demeura encore deux jours au lieu où il était (e);