Jésus lui dit : J'irai et je le guérirai
8. Mais le centenier lui répondit : Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison; mais dites seulement une parole, et mon serviteur sera guéri.
9. Car quoique je ne sois moi-même qu'un homme soumis à la puissance d’un autre, ayant néanmoins des soldats sous moi, je dis à l’un : Allez là, et ily va; et à l’autre : Venez ici, et il y vient ; et à mon serviteur : Faites cela, et il le fait.
ligion à la morale, la piété envers Dieu à la piété enversles hommes : c’est ce qui fait son autorité. Les scribes et les pharisiens, hypocrites, n’aimaient au fond ni Dieu ni les hommes.
(a) Si vis, potes : l'âme du peuple répond à la pensée de Jésus : Tu as la piété envers Dieu, dit le lépreux ; aie aussi pitié envers moi, et je serai guéri.
(b) Nemini dixeris. Pourquoi? Afin, dit un critique, de prévenit la malice du prêtre, qui aurait déclaré la guérison de cet homme nulle, s’il avait su que Jésus-Christ en était l’auteur.
40. Jésus, entendant ces paroles, en fut dans l'admiration, ct dit à ceux qui le suivaient : Je vous dis, en vérité, que je n'ai point trouvé une si grande foi (c)' dans Israël (d) même.
A1. Aussi je vous déclare que plusieurs viendront d'Orient et d'Occident, et auront place dans le royaume des cieux avec Abraham, Isaac et Jacob (e) :
12. Mais les enfants du royaume (f) seront jetés dans les ténèbres extérieures. Il y aura là des pleurs et des grincements de dents. .
13. Alors Jésus dit au centenier : Allez, et qu'il vous soit fait sus que vous avez cru. Et son serviteur fut guéri à la même
eure (g).
14. ie étant venu dans la maison de Pierre, vit sa bellemère qui était au lit, et qui avait la fièvre (h).
45. Et lui ayant touché la main, la fièvre la quitta ; elle se leva aussitôt, et elle les servait,
16. Sur le soir, on lui présenta plusieurs possédés ; et il en chassa les malins esprits par sa parole, et guérit tous ceux qui étaient malades ;
17. Afin que cette parole du prophète Isaïe fût accomplie : il a ps lui-même nos infirmités, et il s'est chargé (i) de nos mala-
ies.
(c) Fidem, cf. plus loin, 1x, 22.
(d) Ironie d’un Galiléen à l’adresse des Juifs. (e) Annonce manifeste de la conversion des Gentils.
(f) Filii regni, ce sont les Juifs, les orthodoxes; on les haïssait pour leur orgueil.
(g) VERsETS 5-13. — Cette anecdote du Centurion, qui rappelle celle de Corneille (Act., vi), est suspecte. Elle tend à justifier la vocation des Gentils et le rejet des Juifs : choses auxquelles Jésus ne dut penser point, ou avec une extrême circonspection, s’il était Juif, mais qui s'explique beaucoup mieux si lui-même est Galiléen.
. (k) Socrum.… febricitantem. Sur les guérisons des malades opérées par Jésus, voir Luc, x, 3h, et xu, 14 ; Matth, 1x, 50, t SOC, V, 1h.
(à) Portavit, c'est-à-dire sustulit, il ôta.— I] y a une autre interprétation de ce passage d’Isaïe, et qui prévaut parmi
18. Or Jésus, se voyant environné d’une grande foule de peuple, ordonna à ses discipées de le passer à l’autre bord du lac.
19. Alors un scribe ou docteur de la loi, s’approchant, lui dit : Maître, je vous suivrai en quelque lieu que vous alliez,
20. Et Jésus lui répondit : Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids; mais le Fils de l’homme (j) n’a pas où reposer sa tête.
21. Un autre de ses disciples lui dit : Seigneur, permettez-moi d’aller ensevelir mon père, avant que je vous suive. :
22. Mais Jésus lui dit : Suivez-moi, et laissez aux morts le soin d’ensevelir leurs morts (k).
es Il entra ensuite dans la barque, accompagné de ses disciples.
24. Et aussitôt il s’éleva sur la mer une si grande tempête, que la barque était couverte de flots; et lui cependant dormait.
25. Alors ses disciples s’'approchèrent de lui, et l’éveillèrent, en lui disant : Seigneur, sauvez-nous ; nous périssons.
26. Jésus leur répondit : Pourquoi êtes-vous timides, hommes de peu de foi? et se levant en même temps, il commanda aux vents et à la mer, et il se fit un grand calme.
27. Alors ceux qui étaient présents furent dans l'admiration, et ils disaient : Quel est celui-ci, à qui les vents et la mer obéissent?
28. Jésus étant passé à l’autre bord, au pays des Géraséniens (ou Gergéséniens, ou Gadaréniens), deux possédés, qui étaient si furieux que personne n’osait passer par ce chemin-là, sortirent des sépulcres, et vinrent au-devant de lui.
29. Ils°se mirent en même temps à crier, et à lui dire : Jésus,
les théologiens : c'est celle qui en fait une annonce de la rédemption. — Fausse interprétation.
(ÿ) Filius hominis (cf., Ezech. 1, 1), phrase ironique, où Jésus se moque de l’opinion messiaque et se pose en contradicteur ; comme s’il disait : Peux-tu croire à un Messie plus pauvre qu’un renard et un tiercelet?.… Hors de cette interprétation, le mot est sans sel et sans portée. (Cf. Matth., xxvi, 64; cf. mes notes, passim, sur cette appellation, et cf. Strauss.)
(k) Versers 19-29. — Anecdotes et bons mots de Jésus. Cela a l'air plutôt d'être le produit de l'opinion sur la mission de Jésus.
Fils de Dicu, qu'y a-t-il entre vous et nous? êles-vous venu ici pour noùs tourmenter avant le temps? |
30. Or il y avait, dans un lieu peu éloigné d'eux, un grand troupeau de pourceaux qui paissaient ; , |
31. Et les démons le priaient, en lui disant : Si vous nous chassez d'ici, envoyez-nous dans ce troupeau de pourceaux.
32. Il leur répondit : Allez. Et, étant sortis, ils eñtrèrent dans ces pourceaux. En même temps tout ce troupeau courut avec impétuosilé se précipiter dans là mer; et ils moururent dans les eaux (l). : |
AE ceux qui les gardaient s’enfuirent; et, étant venus à la ville, ils racontèrent tout ceci, et ce qui était arrivé aux possédés. | 34. Aussitôt toute la ville sortit pour aller au-devant de Jésus; et, l'ayant vu, ils le Supplièrent de se retirer de leur paÿs.