CHAPITRE XX VI (a
Conspiration des Juifs. Parfum sur la tête de Jésus-Christ. Trahison de Judas. Cène pascale. Eucharistie. Renoncement prédit de saint Pierre. Tristesse de Jésus-Christ. Baiser de Judas. Fuite des disciples. Jésus- Christ est mené à Caïphe. Renoncement et pénitence de saint Pierre.
1. Jésus, ayant achevé tous ces discours, dit à ses disciples :
2. Vous savez que la pâque se fera dans deux jours (b), et que le Fils de l’homme sera livré pour être crucifié.
3. Au même temps, les princes des prêtres et les anciens du peuple s’assemblèrent dans la salle du grand-prêtre, appelé Caïphe,
rs Et tinrent conseil ensemble, pour trouver moyen de se saisir adroitement de Jésus, et de le faire mourir.
5. Et ils disaient : Il ne faut point que ce soit pendant la fête (c), de peur qu’il ne s’excite quelque tumulte parmi le peuple.
que le Messie viendrait du ciel régner sur la terre, combler de gloire et de richesse les fidèles sectateurs du culte moisiaque. Mais lui : Non, non, voici ce que viendra faire le Fils de l’homme, dit-il : il vous punira, vous, mauvais riches, etc.
Autant le chapitre précédent laisse voir l’interpolation, la supposition, autant l’âme puissante, la conscience vigoureuse de Jésus se retrouvent dans celui-ci.
(a) Nous voici au dénoùment. C’est maintenant qu'il s’agit de savoir si, oui ou non, Jésus s’est donné pour le Messie. Les trois premiers Évangiles l’affirment. Jésus (plus bas, 63-64) le déclare sous la foi du serment. Le quatrième, au contraire, supprime cette interrogation : si bien qu’enfin nous ne saurions à quoi nous en tenir au juste sur la cause du supplice de Jésus, si nous n’avions pour nous renseigner que la lettre des historiens.
(b) Avant-veille de Pâques, conseil des prêtres.
(c) Non in die festo. Le projet était de remettre l’arrestation après la fête. Le fait qui suit en décida autrement.
6. Or, Jésus étant à Péthanie, dans la maison de Simon le léreux ; 7. Une femme vint à lui avec un vase d’albâtre, plein d’une huile de parfum de grand prix, qu’elle lui répandit sur la tête (d), lorsqu'il était à table. |
8. Ce que ses disciples voyant, ils s’en fâchèrent, et dirent : À quoi bon cette perte?
9. Car on aurait pu vendre ce parfum bien cher, et en donner l'argent aux pauyres. -
10. Mais Jésus, sachant ce qu'ils disaient : leur dit: Pourquoi faites-vous de la peine à cette femme? Ce qu’elle vient de faire envers moi est une bonne œuvre.
41. Car vous aurez toujours des pauvres parmi vous; mais, pour moi, vous ne m’aurez pas toujours.
12. Et lorsqu'elle a répandu ce parfum sur mon corps, elle l’a fait pour m’ensevelir par avance (e).
(d) Super caput. D'après Jean (x, 3), c'est sur les pieds ‘de Jésus que cette huile est versée : ce qui dérange l’économie de l’histoire et estun pur mensonge. (Cf. Jean, loco citato, et Marc, xiv, 3, note.)
(e) Cf. Marc, xiv, 3-8, et notes b et d.
“Il est curieux de voir Jésus, comme Jules César, obligé de dissimuler et de repousser le titre de Messie, que des exagérés et des imprudents lui décernaient. On sait que, Marc-Antoine ayant essayé de placer un diadème sur la tête de César, à la tribune aux harangues, les murmures du peuple avertirent César du danger, et qu’il fut forcé de décliner bien haut l'idée de royauté qu’on lui prêtait. C’est de ce jour que Brutus, Cassius et leurs amis, qui jusqu'alors s'étaient ralliés à
- César, conspirèrent contre lui. On acceptait César pour dictateur, comme Jésus pour prophète; on n’en voulait pas pour roi. Il est donc prouvé, par cette histoire, qu'avant la Passion, les apôtres de Jésus ne le reconnurent pas pour Messie, mais bien pour Rabbi. Le reconnurent-ils plus tard ? C’est une question. — En tout cas, il me semble voir ici le motif de la défection de Judas, qui fut seul chargé du crime de tous. Ce n’est que peu à peu, — les Evangiles le répètent à satiété, —
SELON S. MATTHIEU. — CHAP. XXVI ti
13, Je vous le dis en vérité, partout où sera prêché cet évangile, c’est-à-dire dans toutle monde, on racontera à la louange de cette femme ce qu’elle vient de faire.
14. Alors un des douze, appelé Judas Iscariote, alla trouver les princes des prêtres,
15. Et leur dit : Que voulez-vous me donner, et je vous le livrerai? Et ils convinrent de lui donner trente pièces d'argent (f).
16. Depuis ce temps-là, il cherchait une occasion favorable de le livrer.
47. Or, le premier jour des azymes, les disciples vinrent trouver Jésus, et lui dirent : Où voulez-vous que nous vous préparions ce qu’il faut pour manger la pâque ?-
18. Jésus leur répondit : Allez dans la ville, chez un tel (g), et lui dites : Le maître vous envoie dire : Mon temps est proche; je viens faire la pâque chez vous avec mes disciples.
19. Les disciples firent ce que Jésus leur avait commandé, et préparèrent ce qu’il fallait pour la pâque.
20. Le soir (k) étant donc venu, il se mit à table avec ses douze disciples.
que les apôtres en vinrent, après la mort de leur maître, à le croire Messie. Sur ce point, la populace les avait devancés.
(f) Jésus, traité en perturbateur , décrété d’arrestation, et forcé de se cacher, avait échappé maintes fois aux Juifs. A la fin, dénoncé par Judas, il fut arrêté dans sa retraite au moment même où il venait avec eux de célébrer la Pâque. —Sur ie motif de la trahison de Judas, que n’a pas deviné Strauss, voir Marc, xiv, 18, note; cf, Strauss sur la trahison de Judas. — Triginta argenteos, circonstance empruntée de Zacharie, X1, 12. (Cf. plus bas, xxvir, 9-11.)
(g) Ad quemdam : cf. Marc, x1v. Jésus use à Jérusalem de l'hospitalité orientale.
(h) Vespere. C’est le soir du 14 au 15 nisän, au con traire de ce que dit Jean, xx, 14, qui fait crucifier Jésus le jour même de la manducation. (Cf. à ce sujet Strauss.) La fête de Pâques durait plusieurs jours ; le premier et le dernier étaient les plus solennels. Ces jours-là, il était défendu d’exéeuter les criminels. Il faut donc admettre, d’après Matthieu, que désus-Christ fut crucifié le 15 nisàn, le lendemain de la
91. Et lorsqu'ils mangeaient, il leur dit : Je vous dis, en vérité, que l’un de vous me trahira. ; PEUR
22. Ces paroles leur ayant causé une grande tristesse, chacun d'eux commença à lui dire : Serait-ce moi, Seigneur?
93. Il leur répondit : Celui qui. met la main avec moi dans le plat, est celui qui me trahira. c | Ë
24. Pour ce qui est du Fils de l’homme, il s’en va selon ce qui a été écrit de lui; mais malheur à l'homme par qui le Fils de l'homme a été trahi : il vaudrait mieux pour lui qu'il ne fût jamais né.
28. Judas, qui fut celui qui le trahit, prenant la parole, lui dit: Maître, est-ce moi? Il lui répondit : Vous l'avez dit; c’esi vousmême.
26. Or, pendant qu’ils soupaient, Jésus prit du pain ; et, l'ayant béni, il le rompit, et le donna à ses disciples, en disant : Prenez, et mangez; ceci est mon corps.
27. Et, prenant le calice, il rendit grâces, et il le leur donna, en disant : Buvez-en tous;
28. Car ceci est mon sang, Le sang de la nouvelle alliance, qui sera répandu pour plusieurs, pour la rémission des péchés (ietj).
première fête de Pâques; et cependant on voit-par toutes les circonstances de la résurrection qu’il a dû être crucifié la veille.
(à) In remissionem peccatorum, sic apeouv auaprauv. Un critique a remarqué que ces mots ne se retrouvent pas dans les autres passages parallèles, et que Jésus, qui a parlé souvent de sa mort, ne l’a jamais présentée comme un sacrifice de propitiation pour les autres hommes. En conséquence, il prétend qu’il faut rapporter ces paroles aux opinions qui avaient cours dans l’époque des apôtres.
(7) Vers. 26-28. — Substitution du sacrifice de Melchisédech aux sacrifices sanglants de Moïse : voilà tout le mystère de la fameuse Cène. (Cf. Marc, xiv, 17 et suiv.) — Hoc est corpus meum, ou, suivant d’autres, voilà ma chair, c’est-à-dire voilà ma victime, la victime de mon sacrifice, la victime que l’on offrira dans ma religion.
La cérémonie du calice est plus claire : Voici le sang qui sera répandu dans la nouvelle alliance pour les expiations
29. Or, je vous dis que je ne boirai plus désormais de ce fruit de la vigne, jusqu’à ce jour auquel je le boirai de nouveau avec vous dans le royaume de mon Père (4).
30. Et, ayant chanté le cantique d'actions de grâces, ils allèrent à la montagne des Oliviers.
31. Alors Jésus leur dit : Je vous serai à tous cette nuit une occasion de scandale; car il est écrit : Je frapperai le pasteur, et les brebis du troupeau seront dispersées.
32. Mais, après que je serai ressuscité, j'irai avant vous en Galilée. |
33. Pierre lui répondit : Quand vous seriez pour tous les autres un sujet de scandale, vous ne le serez jamais pour moi.
34. Jésus lui répartit : Je vous dis, en vérité, que dans cette même nuit, avant que le coq chante, vous me renoncerez trois fois.
35. Mais Pierre lui dit : Quand il me faudrait mourir avec vous,
de tous. Celui qui n’est pas frappé de l’allusion qui se trouve entre l'institution de la Cène et l'institution du sacrifice de Moise (Exod., xx1v, 8), hic est sanquis fœderis quod pepigit Dominus, paroles que Jésus-Christ emploie à son tour presque textuellement, celui-là ferme les yeux à la lumière. « Moïse vous a donné la chair des victimes; ma chair, ma victime à moi, la voilà (montrant le pain); Moïse vous a donné le sang pour l’expiation ; voilà le sang de ma nouvelle religion (le vin). Faites cela à mon exemple ; offrez comme moi ce sacrifice. »
Il faut remarquer qu’en hébreu, en syriaque, le même mot 1%2 peut se traduire caro, corpus et victima.
Il y a lieu de croire que les premiers chrétiens n’ont pas entendu différemment l’Eucharistie; et il serait curieux de rechercher comment peu à peu s’est formé le monstrueux dogme de la transsubstantiation, tel qu’il a été chanté par saint Thomas et que l'enseigne aujourd’hui l'Église romaine.
(k) Annonce de l’arrivée prochaine du Messie. Elle prouve que l’auteur de l'Évangile le croyait ressuscité, et espérait en conséquence le revoir bientôt, boire et manger avec Ils:
jene vous renoncerai point. Et tous les autres disciples dirént aussi la même chose.
36. Alors Jésus arriva avec eux dans un lieu appelé Gethsémani; et il dit à ses disciples : Asseyez-vous ici pendant que je m'en irai là, pour prier. ner :
31. Et, ayant pris avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, il commença à s’attrister et à être dans üne grande affliction (1).
38. Alors il leur dit : Mon âme est triste jusqu’à là mort; demeuréz ici, et veillez avec moi. ;
39. Et, s’en allant un peu plus loin, il se prosterna le visage contre terre, priant et disant : Mon Père, s’il est possible, faites que ce calice.s’éloigne de moi; néanmoins, qu'il en soil, non comme je le veux, mais comme vous le voulez. -
40. Il vint ensuite vers ses disciples; et, les ayant trouvés endormis, il dit à Pierre : Quoi! vous n’avez pu veiller une heure avec moi ?. é !
41. Veillez et priez, afin que vous ne tombiez point dans la tentation; l'esprit est prompt, mais la chair est faible (m).
42. Il s’en alla encore prier une seconde fois, en disant : Mon Père, si ce calice ne peut passer sans que je le boive, que votre volonté soit faite.
43, Il retourna ensuite vers eux, et les trouva encore endormis, parce que leurs yeux étaient appesantis par le sommeil.
44. Et, les quittant. il s’en alla encore prier pour la troisième fois, disant les mêmes paroles (n).
45. Ensuite il vint trouver ses disciples, et leur dit : Dormez maintenant, et vous reposez : voici l'heure qui est proche, et le Fils de l’homme va être livré entre les mains des pécheurs.
46. Levez-vous, allons ; celui qui doit me trahir est près d'ici (o).
(?) Scène de l’agonie. Il faut qu’elle ait été vraie et que les apôtres l’aient racontée maintes fois, pour qu’on l'ait retenue, alors qu’il importait à la nouvelle secte d'élever si haut le sacrifice volontaire de Jésus.
(m) L'esprit est vif, mais la chair est faible; Jésus a dû dire cela de lui-même pour expliquer que sa volonté était immuable, mais que la nature en lui succombait. (Cf. Luc et Jean.)
(n) Vers 39-44. — Trois prières, nombre cabalistique.
(o) Vers. 45-46. — Jésus va être arrêté ; il le sait ; il va audevant des soldats. Il importait à l'évangéliste de présenter
47. Il n’avait pas encore achevé ces mots, lorsque Judas, un des douze, arriva, et avec lui une grande troupe de gens'armés d’épéés et de bâtons, qui avaient étéenvoyés par les princes des prêtres et par les anciens du peuple.
48. Or, celui qui le trahissait leur avait donné un signal pour le connaître, en leur disant : Celui que je baiserai, c’est celui-là même que vous cherchez ; saisissez-vous de lui.
49. Aussitôt donc il s’approcha de Jésus, et il lui dit : Maître, je vous salue. Et il le baisa.
50. Jésus lui répondit : Mon ami, qu'êtes-vous venu faire ici? Et en même temps, tous les autres, s’avançant, se jetèrent sur Jésus et se saisirent de lui. .
51. Alors un de ceux qui étaient avec Jésus, portant la main à son épée (p) et Ja tirant, en frappa un des serviteurs du grandprêtre, ei lui coupa une oreille.
52, Mais Jésus lui dit : Remettez votre épée dans son lieu ; car tous ceux qui prendront l'épée périront par l’épée (q).
53. Croyez-vous que je ne puisse pas prier mon Père, et qu’il ne m'’enverrait pas ici, en même temps, plus de douze légions d’anges (r)?
54. Comment donc s’accompliront les Écritures, qui déclarent que cela doit se faire ainsi?
55. En même temps, Jésus, s'adressant à cetle troupe, leur dit: Vous êtes venus ici armés d’épées et de bâtons pour me prendre, comme si j'étais un voleur; j'étais tous les jours assis au milieu de vous, enseignant dans le temple, et vous ne m'avez point arrêté.
56. Mais tout cela s’est fait, afin que ce que les prophètes ont écrit fût accompli. Alors les disciples, l’abandonnant, s’enfuirent tous,
57. Ces gens, s'étant donc saisis de Jésus, l’emmenèrent chez
cette arrestation comme volontaire. Jean, sur ce point, est encore plus explicite.
(p) Comment! les disciples du Nazaréen portaient des épées!
(g) Condamnation de la guerre,
(r) Il ne tient qu’à Jésus de fuir, il a des légions d’anges à son service, en vrai Messie qu'il est; mais il faut accomplir les Écritures!.. Tout cela est d’un absurde qui n’a pu se produire qu’une fois.
Caïphe, qui était grand-prêtre, où les scribes et les anciens étaient
assemblés. ; 47 ; é 58. Or, Pierre le suivait de loin jusqu’à la cour de la maison
du gand-prêtre ; et, étant entré, il s’assit avec les gens, pour voir la fin de:tout ceci.
59. Cependant les princes des prêtres et tout le conseil cherchaient un faux témoignage contre Jésus pour le faire mourir ; 60. Et ils n’en trouvèrent point qui fût suffisant, quoique plusieurs faux témoins se fussent présentés. Enfin, il vint deux faux témoins.
61. Qui dirent : Celui-ci a dit : Je puis détruire le temple de Dieu, et le rebâtir en trois jours (s). |
62. Alors le grand-prêtre, se levant, lui dit : Vous ne répondez rien à ce qu'ils déposent contre vous?
63. Mais Jésus demeurait dans le silence. Et le grand-prêtre lui dit : Je vous commande, par le Dieu vivant, de nous dire si vous êtes le Christ, le Fils de Dieu.
64. Jésus lui répondit : Vous l’avez dit ({); je le suis, mais
(s) Vers. 59-61. — Absurde. Il était vrai (d’après le récit évargélique) que Jésus avait annoncé la ruine de Jérusalem et du temple ; il était vrai qu’ils’était flatté de le rebâtir en trois jours ; il était vrai qu’il s'était vanté d’être le Christ : chose ridicule, sacrilége aux yeux des Juifs, crime de rébellion aux yeux des Romains.
(é) Jésus convient de ce: qu’on lui reproche; il s'affirme sous la foi du serment comme Mess. Il ajoute à cette affirmation l’annonce de sa prochaine arrivée glorieuse et surnaturelle. De trois choses l’une : ou il était fou, comme le crut Hérode; ou il mentait, et dans ce cas il méritait la mort; ou bien enfin il disait vrai, et alors il n’y avait plus qu’à applaudir et se prosterner. — Le conseil des prêtres trouva que Jésus n’était point un insensé, et je suis de cet avis; il jugea ensuite que sa messianité n’était qu’une tentative ambitieuse, charlatanesque et pleine de périls, de tout point incroyable, et c’est aussi mon opinion. Restait donc que Jésus-Christ fût condamné comme séditieux et agitateur : à quoi je défie le sens commun de contrevenir.
Voilà ce qui résulte du récit de Matthieu, mais qui ne suffit
SELON S. MATTHIEU. — CHAP, XXVI (ut
je vous déclare que vous verrez dans la suite le Fils de l'homme (w), Es à la droite de la majesté de Dieu, venir sur les nuées du ciel.
65. Alors le grand-prêtre déchira ses vêtements, en disant : II a blasphémé; qu'avons-nous plus besoin de témoins? Vous venez vous-mêmes de l'entendre blasphémer.
66. Que vous en semble? Ils répondirent : Il a mérité la mort.
point à la critique; car il est évident ici que les auteurs de cette narration ont eu tout intérêt à ce que Jésus s’affirmät comme Messie, sous la foi du serment, et fût condamné comme tel. Cet intérêt est si grand, si manifeste, qu'il suffit pour révoquer en doute toute l’histoire de la passion, comme toutes celles des miracles, légendes, etc., que la critique relève à chaque pas dans les Évangiles.
Pourquoi donc a été crucifié Jésus ?.… Je crois ne pas sortir de la vérité et du naturel en disant qu’il fut mis à mort, comme tant d’autres avant lui, traités de faux prophetes de leur vivant, parce qu'ils attaquaient les puissances du jour, et honorés comme véritables après leur mort. (Cf. Marc, xiv et xv.)
{u) Filium hominis : allusion évidente à Daniel (vu, 13 et suivants), où il est parlé d’un personnage mystérieux quasi filius hominis, qui vient avec les nuées, et qui comparait devant l'Ancien des jours. La tradition juive interprétait ce passage de leur Messie futur, roi glorieux et immortel : en sorte que l'expression devint parmi eux synonyme de Messie. C’est ainsi qu’elle est prise-par Jésus, ou plutôt appliquée par les Évangélistes à Jésus. (Cf. Jean, xi1, 34; Matthieu, vu, 20 et passim.)
Dans ce passage, il est fait aussi allusion au psaume cix, 1 : Sede à dextris meis. Je ne crois pas en conséquence à l’authenticité de cette réponse de Jésus; elle est de l’invention des messianistes. La vérité est que Jésus se fut. (CF, 63, et plus bas, xxvi, 12, Marc, xiv, 61, et xv, 5; Luc, xxm, 9; Jean, xx, 9).
671. Alors ils lui crachèrent au visage, et ils le frappèrent à coups de poing; et d’autres lui donnèrent des soufflets (0),
68. En disant : Christ, prophétise-nous, ef dis qui est celui qui l'a frappé? u
69. Pierre cependant était au dehors, assis dans la cour; et une servante, s’approchant, lui dit : Vous étiez aussi avec Jésus de Galilée.
0. Mais il le nia devant tout le monde, en disant : Je ne sais ce que vous diles. É
71. Et lorsqu'il sortait hors la porte, pour entrer dans le vestibule, une autre servante, l'ayant vu, dit à ceux qui se trouvèrent là : Celui-ci était aussi avec Jésus de Nazareth.
72. Pierre le nia une seconde fois, en disant, avec serment : Je ne connais point cet homme. . x
13. Peu après, ceux qui étaient là, s’avançant, dirent à Pierre : Certainement. vous êtes aussi de ces gens-là; car votre langage vous fait assez connaître,
74. Il se mit alors à faire.des serments exécrables, et à dire, en jurant, qu’il n’avait aucune connaissance de cet homme; et aussitôt le coq chanta.
78. Et Pierre se ressouvint de la parole que Jésus lui avait dite : Avant que le coq chante, vous me renoncerez trois fois. Étant donc sorti, il pleura amèrement.