‹ Les évangilesChapitre 77 sur 228 · CHAPITRE UI · texte numérisé non relu

CHAPITRE UI

Main sèche. Concours de peuple. Confession des démons. Élection des apôtres. Blasphème des pharisiens. Péché contre le Saint-Esprit. Mère et frères de Jésus-Christ.

4. Jésus entra une autre fois dans la synagogue, où il se trouva un homme qui avait une main sèche.

2. Et ils l’observaient pour voir s’il le guérirait un jour de sabbat, afin d’en prendre sujel de l’accuser.

3. Alors il dit à cet homme, qui avait une main sèche : Levezvous, denez-vous-là au milieu.

&. Puis il leur dit : Est-il permis au jour du sabbat de faire du bien où du mal? de sauver la vie ou de l’ôter? et ils demeurèrent dans le silence.

5. Mais lui, les regardant avec colère, affligé de l’aveuglement de leur cœur, il dit à cet homme : Etendez votre main. Il l’étendit, et elle devint saine.

6. Aussilôt les pharisiens, étant sortis, linrent conseil contre lui avec les hérodiens (à), sur les moyens de le perdre,

ce qui est rapporté par saint Matthieu, et un pas en avant dans la réprobation du judaïsme. D'où il suit qu’à l’époque où parut l'Évangile de Matthieu, les chrétiens hésitaient encore sur ce qu'ils devaient conserver du mosaisme;, tandis qu’au temps de Marc, commencement du deuxième siècle, la tendance était prononcée vers une rupture absolue et définitive.

(d) Vers. 17-28. — L'opposition entre le mosaïsme et le christianisme est plus tranchée en Marc qu’en Matthieu. Dans le premier évangéliste, Jésus hésite encore, il emploie des ménagements, il transige ; dans Marc, il est incisif, décidé, raide.

(a) Hérodiens, partisans de la dynastie d'Hérode. Le tétrarque de Galilée était Hérode Antipas. Mais en Galilée,

SELON S. MARC. — CHAP. III 1u1

7. Mais Jésus se retira avec ses disciples vers la mer, où une grande multitude de peuple le suivit de Galilée et de Judée,

8. De Jérusalem, de l’Idumée, et de delà le Jourdain ; et ceux des environs de Tyr et de Sidon, ayant entendu parler des choses qu’il faisait, vinrent en grand nombre le trouver (b).

9. Et il dit à ses disciples qu’il lui tinssent là une barque, afin qu’elle lui servit à ne pas être accablé par la foule du peuple.

40. Car, comme il en guérissait beaucoup, tous ceux qui étaient affligés de quelque mal se jetaient sur lui pour le toucher.

41. Et quand les esprits impurs le voyaient, ils se prosternaient devant lui, en criant :

12, Vous êtes le fils de Dieu (c) ; mais il leur défendait avec de grandes menaces de le découvrir.

43. IL monta ensuite sur une montagne, et il appela à lui ceux que lui-même voulut; et ils vinrent à lui.

14. 11 en établit douze pour être avec lui et pour les envoyer prêcher (d) ;

Jésus-Christ est en sûreté; les machinations ne l’atteignent pas. Que ne s’y tenait-il!

(b) Vers. 7-8. — S'il n’y a pas d’exagération, ceci prouve que Jésus n’avait pas besoin de s'éloigner : la réforme le venait trouver.

(c) Tu es Filius Dei : cf. ci-dessus, 1, 24. Il y a progrès aussi dans Marc vers l’affirmation de la messianité de Jésus, c'est-à-dire qu’elle est plus énergique que dans Matthieu. Toutefois, on y voit toujours les précautions prises, et la

peine qu’eurent les chrétiens d'établir cette opinion. (Cf. det., x, 26.)

(d) Excellente pensée : se donner des collaborateurs; les envoyer en mission, leur recommander la prudence; agir selon les circonstances; la conduite de Jésus était tracée. Plus j'y pense, plus il me semble que le christianisme aurait pu suivre tranquillement sa destinée, de l'an 28 à l'an 68 ou 75, sans persécution, sans crucifiement et sous la direction constante du maître. — Jésus a commis deux grandes fautes : 1° en laissant planer l’équivoque sur son messianisme; 2° en allant à Jérusalem. |

15. Et il leur donna la puissance de guérir les maladies et de chasser les démons :

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