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CHAPITRE I. Généalogie de Jésus-Christ. Sa Conception et sa Naissance

4. Livre de la Généalogie de Jésus-Christ (a), fils de David, fils d'Abraham. ÿ

2. Abraham engendra Isaac. Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda et ses frères.

3. Juda engendra, de Thamar, Pharès et Zara. Pharès engendra Esron. Esron engendra Aram.

4. Aram engendra Aminadab. Aminadab engendra Naasson. Naasson engendra Salmon. :-

5. Salmon engendra Booz, de Rahab. Booz engendra Obed, de Ruth. Obed engendra Jessé. Et Jessé engendra David, qui fut roi.

: is Le roi David engendra Salomon, de celle qui avait été femme ’Urie.

7. Salomon engendra Roboam. Roboam engendra Abias, Abias engendra Asa.

8. Asa engendra Josaphat. Josaphat engendra Joram. Joram engendra Ozias.

9. Ozias engendra Joathan. Joathan engendra Achaz. Achaz engendra Ezéchias.

10. Ezéchias engendra Manassé. Manassé engendra Amon, Amon engendra Josias. <

11. Josias engendra Jéchonias et ses frères, vers le temps où les Juifs furent transportés à Babylone.

12. Et, depuis qu'ils furent transportés à Babylone, Jéchonias engendra Salathiel. Salathiel engendra Zorobabel.

43. Zorobabel engendra Abiud. Abiud engendra Éliacim, Eliacim engendra Azor.

14. Azor engendra Sadoc. Sadoc engendra Achim. Achim engendra Eliud. ,

15. Eliud engendra Eléazar, Eléazar engendra Mathan. Mathan engendra Jacob ;

: (a) Christi : sur cette qualification donnée à Jésus, voir Strauss, mes notes ci-dessus sur les quatre Évangiles, passim, mes notes sur les Épitres, et ma note sur la chronologie d'Ussérius, à la fin de ce volume.

16. Et Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qui est appelé CHrisr.

17. Il y à donc en tout, depuis Abraham jusqu’à David, quatorze générations; depuis David jusqu'au temps où les Juifs furent transportés à Babylone, quatorze générations; et, depuis qu’ils furent transportés à Babylone jusqu’à Jésus-Christ, quatorze générations (b et c).

18. Quant à la naissance de Jésus-Christ, elle arriva de cette sorte: Marie, sa mère, ayant épousé Joseph, se trouva grosse, ayant conçu dans son sein par l'opération du Saint-Esprit, avant qu’ils eussent été ensemble. :

19. Or Joseph, son mari, étant juste et ne voulant pas la déshonorer, résolut de la renvoyer secrètement.

20. Mais, lorsqu'il était dans cette pensée, un ange du Seigneur lui apparut en songe, et lui dit : Joseph, fils de David, ne craignez point de prendre avec vous Marie, votre femme; car ce qui est né dans elle a été formé par le Saint-Esprit. ‘

21. Elle enfantera un fils, à qui vous donnerez le nom de Jésus ; parce que ce sera lui qui sauvera son peuple, en le délivrant de ses péchés (d).

22. Or tout cela se fit pour accomplir ce que le Seigneur avait dit par le prophète (e), en ces termes:

Se —

(b) VERSET 17. — Manière de retenir la généalogie.

(e) Versers 2-17. — Le soin qu’on a eu de fabriquer une généalogie à Jésus et de le faire naître à Bethléem prouve précisément qu’il n’est ni de la race de David, ni juif; il est Galiléen, natif de Nazareth, et résidant habituel de Capharnaüm. :

(d) Versers 18-21, — Cette fable a son analogue dans toutes les mythologies. a)

(e) Michaélis suspecte l’authenticité de ce passage, parte que, dit-il, le passage cité ne correspond pas littéralement à l'événement auquel il est appliqué; et il refuse de le considérer comme une simple application, attendu la manière solennelle dont il est présenté. A cette occasion, M. le docteur Wisemann, sans accorder d’abord que la prophétie ne regarde point spécialement et uniquement Jésus-Christ, se borne à soutenir, contre Michaëlis, l'authenticité du texte,

23 Une Vierge concevra, et elle enfantera un fils, à qui on donnera le nom d’Émmanuel, c’est-à-dire Dieu avec nous (f). !

24. Joseph, s'étant donc éveillé, fit ce que l'ange du Seigneur lui avait ordonné, et prit sa femme avec lui.

25. Et il ne l'avait point connue (g) quand elle enfanta son filé premier-né, à qui il donna le nom de Jésus.

en faisant voir que la phrase de l’Évangéliste s'emploie fréquemment dans les écrivains syriaques, en Orient, et aujourd'hui même parmi les Arabes, et il en cite des exemples. Les preuves qu’il donne sont en effet très-concluantes, et rien n'empêche d'entendre dans ce sens le passage de saint Matthieu, si l’on prouve que la prophétie qu’il rapporte ne regarde point Jésus-Christ. Mais il ne faut pas oublier, — chose que Michaélis et Wisemann ne pouvaient adopter à cause de leurs préventions dogmätiques, — que les prophètes n'étaient plus entendus chez les Juifs, au temps de Jésus- Christ, et qu'on ne se faisait point scrupule d'y trouver la prophétie de tout ce qu’on voulait, indépendamment du sens littéral, de la suite et de l'esprit des textes. Je pense donc que saint Matthieu est réellement auteur du passage; qu’il l’a entendu de Jésus-Christ; qu'il ne le cite pas par application : l'erreur manifeste où il se jette doit servir de mesure à la croyance que l'on doit avoir dans la compétence des historiens évangéliques à interpréter les Écritures. Mais qui a donné l’idée de faire de telles accommodations à la vie de Jésus? Ici le docteur Strauss répond : Le sens des prophéties était, dès avant Jésus-Christ, détourné de la vérité; et ce fut en raison de ce détournement, en raison de l'opinion qu'on s'était faite de la génération du Messie à venir, que fut imaginée l’histoire de la conception de Jésus.

(f) Premier exemple d'accommodation de textes pris de l'Ancien Testament et convertis en prophéties. Ce passage d’Isaie n’a aucun rapport à l’enfantement de Marie. (Voir mes notes sur Isaie.)

(g) Cognoscebat : cela supposerait qu'il la connut après. Remarquons cette imitation du vieux style biblique; comme

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