‹ Les Évangiles ... première partieChapitre 259 sur 303 · Or, Marie conservait toutes · texte numérisé non relu

Or, Marie conservait toutes

| ces choses en elle-même, les re-

passant dans son cœur.

20. Et les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu de toutesles choses qu'ilsavaient entendues et vues, selon qu il leur avait été dit.

[a] I y a ici, relativement à l’époque de la naissance de Jésus, une contradiction formelle avec ce qui a été dit au commencement de notre document (f, 5). Là, en effet, nous voyons que la naissance de Jean-Baptiste: est prédite à son père, sous le règne d'Hirode. Supposons, pour prendre la limite extrême, que ce soit aux derniers Jours du règne de ce prince. Dans ce cas, Jean-Baptiste sera né au plus tard neuf mois après la mort d’Hérode. Jésus luimême, venu au monde six mois environ après Jean-Baptiste (1, 26), sera donc né quinze mois, au plus tard, après le règne d'Hérode; mais c’est là, nous venons de le dire, une limite extrême, et, d’après le vague de l'expression rapportée plus haut, on peut tout aussi bien supposer que Jean-Baptiste et Jésus lui-même sont nés vers les derniers temps, et même à un moment quelconque du règne d’'Hérode.

Fout autre est la donnée que nous rencontrons 1er : la naissance de Jésus est rattachée à ce que l’auteur appelle « un dénombrement des habitants de toute la terre » ordonné par César Auguste, et exécuté par Quirinius, gouverneur de Syrie. L’historien Josèphe nous à, en effet, conservé le souvenir d’un pareil dénombrement, opéré sous le règne d'Auguste par les soins d'un gouverneur de. Syrie qui s'appelait Quirinius. Ce fut un dénombrement , non pas de toute la terre, mais de la Judée, accompli à l’époque où cette contrée, d’abord concédée par Auguste, à titre de tétrarchie, à Archélaüs, fils d'Hérode, après la mort de son père, fut enlevée à ce prince par Auguste lui-même et réunie à la Syrie (a). Le dénombrement eut évidemment pour objet d'établir l'assiette de Fimpôt qui, désormais, devait être perçu par les Romains (b). Or, 1è règne d’Archélaüs avait duré environ dix ans. C’est donc environ dix ans après la mort d’Hérode qu'eut lieu le recensement

la) Phs de ’Apyekdco opus brorekode mooveunbetons TA bb, méunrerat Kupvtcs Üro Kaïicusoc, do Ürarixos ATOTULNGOpLEVOS Ta év Eupia. |Antig. Jud., lib. XVII, XIE, 5. Vid. Lib. XVIIT, I, 1.)

(b) Ce fut ce dénombrement qui donna lieu à la révolte de Judas le Galaunite. Il. poussait le peuple à l'insurrection en disant que « le récensement C'était la servitude. » (Josèphe, Antig. Jud., XVIII, 1.)

de Quirinius, et c'est par conséquent aussi environ dix ans après la mort d'Hérode qu'il faudrait placer la naissance de Jésus. Il y a, on le voit, un désaccord formel avec la donnée du verset [,:5, qui place cette naissance soit sous le règne même d'Hérode, soit, tout au plus tard, quinze mois après. |

Ces deux données, qui d’ailleurs, comme le morceau même auquel elles appartiehnent, doivent être considérées comme apocryphes, ne sont ni l’une ni l’autre en harmonie avec celle qui se déduit, un peu plus loin, des versets 4 et 23 du chapitre IIT de l'Évangile de Luc; d’après celle-ci, qui semble bien légitimement appartenir à l’évangéliste, la naissance de Jésus et, par-suite, le commencement de notre ère vulgaire doit se placer environ quatre ans après la mort d'Hérode (c).

Les efforts n’ont pas manqué, on peut le croire, pour faire disparaître de l'Évangile de Luc cette multiple anomalie. — Mais que pouvaient tous les commentaires contre le langage si formel des textes?

La vérité est que, pour l’auteur de notre histoire, la question chronologique était 1ei de médiocre ou, pour mieux dire, de nulle importance. Ce qu’il voulait, c'était non pas déterminer une date, mais simplement trouver un moyen de motiver la venue des parents de

(c) De ces trois données, la première seule (Luc, I, 5) peut d’ailleurs se concilier avec celle que nous trouvons dans l'Histoire de l'Enfance au premier Évangile (Matth., IT, 1), et d’après laquelle Jésus serait né sous le règne d'Hérode, environ deux ans après la mort de ce prince (voy. Aunexe I, $ V, nos considérations relatives à la détermination du commencement de l'ère chrétienne).

(d) Voy. sur ce sujet de Wette, Erklærung, et Strauss, Vie de Jésus, S XXXI. On trouve aussi ce débat fidèlement résumé dans l'ouvrage de M. Wallon, De la croyance due à l'Évangile, 2° partie, chap. III, p. 331, 334. Après avoir exposé les diverses solutions présentées, l’auteur indique celle à laquelle il semble personnellement disposé à se rattacher. Il est dit au verset 2, que « ce fut le premier dénombrement qui se fit par Quirinius, gouverneur de Syrie. » (aÜrn ñ droypavn mporn éyévero fyepovevovros Ths Evotas Kupnvicu ). M. Wallon se range à l'opinion de ceux qui veulent que le mot éyévero signifie non pas simplement se fit ou arriva, mais fut accompli, fut achevé, en sorte que ce premier recensement, commencé sous le règne d'Hérode , « ne fut terminé, ne prit son caractère définitif et en même temps son nom » que dix ou douze ans plus tard, après le règne d'Archelaüs, sous l’administration de Quirinius (p. 333).

Jésus, de Nazareth à Bethléhem, et, par suite, la naissance de Jésus dans cette ville. Le recensement de Quirinius, qui, à raison de la circonstance mémorable à laquelle il se rattachait, avait dû laisser une trace profonde dans la mémoire du peuple, lui aura paru fournir un excellent prétexte à ce déplacement; et il s’en sera emparé sans aucunement songer à la concordance rigoureuse des dates.

Il nous reste encore à faire remarquer que la forme latine du nom de Kupñvios est Quirinius, nom qui d’ailleurs était etfectivement celui du gouverneur romain qui opéra le dénombrement ordonné par Auguste après le règne d'Archélaüs. Il est donc singulier que saint Jérôme, qui cependant devait savoir à quoi s’en tenir, ait traduit Kupñvuos par Cyrinus, erreur qui ensuite a passé dans les traductions modernes de la Vulgate, en particulier dans celle de de Sacy, et a rendu ainsi plus difficile à reconnaître, au moins pour le grand nombre, l'erreur historique que nous avons signalée. |

[8] «Bonne volonté aux hommes » {èv dyboémors etdoxix) ce qui peut être différemment interprété, suivant que la bonne volonté s'entend ou de Dieu vis-à-vis, des hommes, ou des hommes eux-mêmes à l'égard de leurs semblables ou de Dieu. La Vulgate à traduit : «€ Pax hominibus bonæ voluntatis »; et de Sacy par suite : «Paix .….... aux hommes de bonne volonté. »

[ce] « Et tous ceux qui lentendirent admirèrent ce qui leur avait été rapporté par les bergers. » Rien ailleurs dans l'Évangile de Luc ne rappelle cette notoriété attachée à la naissance merveilleuse de Jésus. Encore moins peut-on concilier ce qui est dit ici, avec l'obscurité qui semble envelopper l'enfant Messie, alors que, selon le récit du premier Évangile, les Mages viennent à sa recherche peu de temps après sa naissance.

ANNEXE AA. — 8 VI. Luc, II, 21-38.

Circoncision de Jésus et purification de Mariée. — Cantiques de Siméon et de la prophétesse Anne.

21. Le huitième jour, auquel l’enfant devait être circoncis, étant arrivé, il fut nommé Jésus, qui était le nom que l'ange avait annoncé avant qu'il fût conçu dans le sein de sa mère.

22, Etle temps de la purification de Marie étant accompli, selon la loi de Moïse, ils le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur,

23. selon qu'il est écrit dans la loi du Seigneur : Tout enfant mâle premier-né sera consacré au Seigneur ;

24. et pour donner ce qui devait être offert en sacrifice, selon qu’il est écrit dans la loi du Seigneur, deux tourterelles, ou deux petits de colombes.

25. Or 1l y avait dans Jérusalem un homme juste et craignant Dieu,

nommé Siméon, qui vivail dans :

l’attente de la consolation d'Israël, et le Saint-Esprit était en lui.

26. Il lui avait été révélé par le Saint-Esprit qu'il ne mourrait point, qu'auparavant il n’eût vu le Christ du Seigueur.

27. 11 vint donc au temple par un mouvement de l'Esprit de Dieu.

Et comme le père et la mère de l’enfant Jésus l'y portaient, afin d’accomplir pour lui ce que la loi avait ordonné,

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