‹ Les Évangiles ... première partieChapitre 275 sur 303 · SENTE · texte numérisé non relu

SENTE

« Un jour de sabbat, appelé le second premier... » — On n’a pas pu jusqu'ici expliquer d’une manière satisfaisante cette dénomina-

tion. Peut-être faut-il n’y voir autre chose qu’une faute de copie. (Voy. de Wette, Erklærung.)

Sur ce Sermon dans la plaine, qui n'est presque entièrement qu'un extrait du Sérmon sur la montagne du premier Évangile, voyez notre Examen, p.198. Nous ajouterons seulement les remarques suivantes relatives aux versets VI, 31, 36, 39-40, 43-45.

« Traitez les hommes de la même manière que vous voudriez qu'ils vous traitassent, » — Dans l'Évangile de Matthieu (VIT, 12), ce verset est sans rapport avec ce qui le précède et avec ce qui le suit. Luc, qui, probablement, s’en est aperçu, a cru bien faire en le transportant ici; mais si l’on veut bien y prendre garde, on verra qu'il n’a fait que substituer à un inconvénient un autre pire. En effet, si l’on essaie d'établir le lien entre notre verset et celui qui précède, la conséquence à laquelle on sera conduit sera celle-ci : « qu'il ne faut pas redemander votre bien à celui qui emporte, par la raison que vous devez le traiter comme vous voudriez qu’il vous traitât. » Et si par contre vous cherchez le lien avec ce qui suit, vous serez conduit à cette autre conséquence : qu’il faut aimer ceux qui ne vous aiment pas; qu'il faut faire du bien à ceux qui ne vous en font pas; qu'il faut prêter à ceux qui ne vous prêtent pas; par la raison que vous voudriez vous-même qu’on vous aimât sans être aimé de vous; qu'on vous fit du bien sans en attendre de vous; que l’on vous prêtât sans rien recevoir de vous. Cela est un peu subtil, sans doute, mais enfin cela est rigoureusement logique, et la moindre des choses que lon ait à demander à celui qui prétend écrire un Évangile est d’être logique.

« Soyez done pleins de miséricorde comme votre Père est plein de miséricorde. » — C'est ainsi que Luc transforme le magnifique

précepte du premier Évangile : « Soyez donc, vous autres, parfaits, comme votre Père céleste est parfait, » nous donnant ainsi la preuve qu'il n'a pas compris ce qu'il y a de plus élevé dans l’enseignement de Jésus. |

Ces versets sont la reproduction, le premier de Matth. XV, 14, le second de Matth. X, 24-25, deux passages étrangers au Sermon sur la montagne; et, d’ailleurs, sans aucun rapport entre eux. Or, leur interposition brise l’enchaînement naturel des versets, Luc, VI, 37-38, et Luc, VI, 41-42, qui, de même que les versets correspondants du premier Évangile (Matth. VII, 1-5), se tiennent entre eux et se lient au développement de cette pensée : « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés. » Il est probable que détachés du texte, suivant le procédé habituel de l’auteur, ils se sont trouvés par hasard

reportés à cette place. Ils ne reparaissent pas ailleurs dans l’Évangile de Luc.

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«L'arbre qui produit de mauvais fruits n’est pas bon, etc.» — On remarquera que Luc combine ici les deux passages de Matthieu, VIL 16-18, et XII, 34-35, qui sont en effet très-analogues.

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— JÉSUS GUÉRIT LE SERVITEUR DU CENTENIER DE CAPHARNAUM. — (VOYez sur ce passage notre Examen, p. 198.)

L'intervention des Anciens en faveur du centenier (VIT, 4) qui ne se trouve pas dans le récit du premier Évangile, mérite d’être remarquée. Elle change, jusqu'à un certain point, le caractère du fait, puisque ce n’est plus simplement comme Gentil, ou quoique Gentil, que le centenier obtient la faveur de Jésus, mais aussi à ütre d'ami des Israélites.

Ce changement n’est peut-être pas sans rapport avec la suppression des versets de Matthieu, VIE 11-12, qui sont un véritable ana-

thème contre les Juifs. Ces deux versets ont été reportés par l’auteur à l'espèce d'enquête, que, dans sa Section dogmatique, il a ouverte sur cette question : «y en aura-t-il peu de sauvés? » (Luc, XIII, 28-29.)

En général, on peut dire que le mauvais vouloir bien prononcé de Luc à l’égard des Juifs, n’égale point cependant celui qui se manifeste dans certains passages interpolés du premier Évangile.

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