‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 115 sur 729 · Cf. B. Weiss, Lk · texte numérisé non relu

Cf. B. Weiss, Lk

Dans le texte abrégé du troisième Evangile, Jésus ne dit pas expressément que peu de gens pourront passer par la porte étroite, c'est-à-dire seront sauvés, mais il le donne à entendre en disant que beaucoup ne pourront pas entrer. Il semble toutefois qu'on n'ait pas voulu attirer l'attention sur ce petit nombre, mais sur ceux qui seront exclus du royaume, à savoir les Juifs incrédules, et sur les Gentils qui y seront admis à leur place. Telle est l'impression qui résulte du discours pris dans son ensemble, et tel a été le point de vue de l'auteur : un petit nombre de Juifs entreront dans le royaume; la plupart se seront voués eux-mêmes à la géhenne ; mais Dieu recrutera de nombreux élus parmi les nations. La métaphore de la « porte étroite », et la comparaison des retardataires, dans leur sens primitif, ne concernent pas la conversion des Gentils : la première insiste sur les difficultés à vaincre pour être sauvé, la seconde sur la nécessité d'être prêt pour l'avènement du royaume. La porte étroite est la repentance, condition indispensable pour avoir part au royaume des cieux, quoique le plus grand nombre ne veuille pas s'y soumettre. De la simple exhortation contenue dans le premier Evangile, le troisième fait un pressant appel, motivé sur ce que le royaume est près de venir, et qu'il ne sera bientôt plus temps de faire pénitence pour y entrer. Grâce à cette modification, la comparaison de la porte étroite a pu servir d'introduction à la parabole qui suit.

La parabole n'a pas non plus son développement complet. Elle n'est pas annoncée comme parabole, et ressemble plutôt à une description allégorique. On dirait qu'elle a été rattachée à la comparaison t, parce qu'il y est aussi question d'une porte à laquelle on vient frapper. Mais la signification de la porte n'est pas la même

1. La liaison est artificielle et ne va pas sans difficulté, car on ne voit pas d'abord si le v. 25, âç* ou av iyspôf) xtX., se rattache grammaticalement à ce qui précède (cf. v. 7), ou constitue une phrase indépendante. Et dans la dernière hypothèse, on peut encore se demander si le v. 25 tout entier forme une phrase antécédente, subordonnée au v. 26, ou bien si la phrase antécédente s'arrête à : « Seigneur ouvre-nous », la suite : « répondant, il vous dira : « Je ne sais pas d'où vous êtes », formant la proposition conséquente. Le v. 25 pourrait être une intercalation de Luc résumant la parabole des Vierges ; les vv. 26-27 feraient une suite naturelle au v. 24, et le rapport avec Mt. vu, 13-14, 21-23, donnerait à penser que la leçon de la porte étroite et l'avertissement à ceux qui avaient bu et mangé avec le Sauveur voisinaient dans la source commune de Matthieu et de Luc (cf. B. Weiss, loc. cit.).

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