Wernle
permettent d'y voir un élément tardif de la rédaction ; dans la source où l'histoire de la veuve était associée à celle de l'ami importun, elle n'avait aucune raison d'être, la morale des deux paraboles résultant assez clairement de leur contexte. On remarquera que, dans la réflexion finale, c'est le Christ qui est juge, et non pas Dieu, comme dans l'application de la parabole.
Luc, xvm, 9. Il dit aussi à certains, qui s'étaient persuadé qu'ils étaient justes, et qui méprisaient les autres, la parabole suivante : 10. « Deux hommes montèrent au temple pour prier, l'un pharisien, et l'autre publicain. 11. Le pharisien, debout, fit en lui-même cette prière : « 0 Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, (qui sont) voleurs, injustes, adultères, on bien aussi comme ce publicain. 12. Je jeûne deux fois la semaine; je donne la dîme de tous mes profits. » 13. Le publicain, se tenant à distance, n'osait pas même lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine en disant : « 0 Dieu, aie pitié de moi qui suis un pécheur. » 14. Je vous le dis, celui-ci est descendu chez lui justifié, plutôt que l'autre. Car quiconque s'élève sera abaissé, et quiconque s'abaisse sera élevé. »
Le publicain va fournir un exemple de la prière que Dieu exauce, et qui est la prière d'un humble. La parabole est censée dirigée contre « certains qui s'étaient persuadé qu'ils étaient justes, et qui méprisaient les autres ». Toutefois ce n'est pas seulement à leur sujet que la parabole a été prononcée : on dit qu'elle leur a été adressée à eux-mêmes. Le vague de la formule donne à penser qu'elle a été suppléée par l'évangéliste , comme celle qui introduit la parabole précédente, et par le même moyen, c'est-à-dire par une conjecture fondée sur le récit même. Si les personnes visées ne sont pas des pharisiens, ce sont des gens qui leur ressemblent fort. L'évangéliste a pensé aux pharisiens l, mais il a évité de les nommer, parce qu'un pharisien figurait dans le récit. Luc n'a certainement pas pensé à des disciples 2. Les pharisiens se croient irréprochables parce qu'ils observent exactement la Loi. Jésus a condamné cette justice avant Paul. La confiance que ces orgueilleux ont en eux-mêmes est blâmée, sans que l'on signifie par là qu'il faut se confier seulement en la grâce de Dieu, et espé-