Act. xn
6. Voir QÉ. 11. Jean a dû mourir à Jérusalem, non pas en même temps que son frère Jacques, en 44 (opinion de Schwartz, Ueber den Tod der Sôhne Zebe-
peut signifier simplement qu'ils ont bu au calice des douleurs, et qu'ils ont été roulés dans les flots de l'angoisse, à l'exemple de leur Maître. Ils devront, comme Jésus, mourir pour l'Evangile. Pour celui qui a rédigé cette prédiction, la mort sanglante des Zébédéides était un fait acquis, appartenant au passé, comme la passion même de Jésus.
Quant à la place que Jean et Jacques réclament dans le royaume, Jésus ne peut la leur assigner : les places seront données à ceux pour qui Dieu les a préparées1; c'est le Père qui, d'avance, a décidé ces choses. Il n'appartient pas à Jésus de modifier ses décrets. En tant que Messie, il exécute la volonté divine et ne la règle pas; il amène le royaume des cieux, il ne fixe pas les conditions de sa venue; il est l'envoyé du Père, non l'arbitre des destinées.
Marc,' x, 41. Et les Matth. xx, 24. Et Luc, xxu, 25. Et il y
dix (autres), ayant en- les dix (autres), ayant eut querelle entre eux,
tendu cela, se mirent à entendu (cela), furent à qui serait regardé
s'indigner contre Jac- indignés contre les deux comme (le) plus grand,
ques etJean. 42. Etles frères. 25. Et Jésus, les 25. Et il leur dit : « Les
appelantauprès(de lui), appelant auprès de lui, rois des nations les
Jésus leur dit : « Vous dit.: « Vous savez que tiennent soumises, et
savez que ceux qu'on les chefs des nations ceux qui ont pouvoir
regarde comme chefs les tiennent soumises, sur elles sont appelés
des nations les tiennent et que les princes exer- bienfaiteurs. 26. (Qu'il
soumises, et que leurs cent leur pouvoir sur n'en soit) pas ainsi de
princes exercent le pou- elles. 26. Il n'en sera vous; mais que le plus
voir sur elles. 43. Or il pas ainsi parmi vous, grand parmi vous soit
n'en est pas ainsi pour Mais celui qui voudra, comme le plus jeune,
vous. Mais celui qui parmi vous, devenir et le chef, comme le ser-
voudra devenir grand grand, sera votre servi- vant. 27. Car qui est le
parmi vous sera votre teur ; 27. et celui qui plus grand, de celui qui
serviteur, 44. et celui voudra, parmi vous, est à table, ou du ser-
d'entre vous qui voudra être le premier, sera vant ? N'est-ce pas celui
daei, Berlin, 1904, qui accuse l'auteur des Actes d'avoir supprimé le martyre de Jean, pour laisser place à la légende d'Éphèse), mais après lui, et avant la composition du second Évangile. Wellhausen, Le. 102.
1. Me. 40. àXX'oiî (Ss. a lu : àXX'àXXw, « à un autre », dans Marc, mais non dans Matthieu; mss. lat. « aliis ») rjToi'ixaa-cou. Mt. 23, ajoute utto xou rcaipoç [i.ou. On doit sous-entendre : ootirpt-Tai, « il sera donné », ou ioxCv; « il appartient » de s'asseoir en telle place, à ceux à qui la place est prédestinée.
l'avenir du fils de l'homme 239
être le premier sera l'es- votre esclave; 28. de qui est à table? Et moi, clave de tous. 45. Car même que le Fils de au milieu de vous, je le Fils de l'homme aussi l'homme n'est pas venu suis comme le servant, n'est pas venu afin afin d'être servi, mais 28. Mais vous, vous êtes d'être servi, mais afin afin de servir et de don- ceux qui ont persévéré de servir et de donner ner sa vie comme ran- avec moi dans mes épreusa vie comme rançon çon pour plusieurs. » ves. 29. Et moi, je vous pour plusieurs. » attribue le royaume,
comme mon Père me l'a attribué, 30. afin que vous mangiez et buviez à ma table, dans mon royaume, et que vous soyez assis sur des trônes, jugeant les douze tribus d'Israël. »
Les autres disciples sont censés avoir été témoins de la scène précédente ; ils ont entendu ce qui se disait. Gomme ils sont dans les mêmes dispositions que Jacques et Jean, ils s'offusquent des prétentions de ceux-ci. Pourquoi donc veulent-ils être les premiers? Chacun aurait souhaité avoir le siège de droite, ou tout au moins celui de gauche. Y a-t-on des droits particuliers lorsqu'on est fils de Zébédée? Pour calmer tout le monde, Jésus, faisant venir le groupe des dix auprès de lui, avec les deux qui ont déjà reçu leur leçon, expose le principe d'après lequel tous doivent se comporter dans le présent, en attendant le règne glorieux dont il n'a pas à déterminer les conditions *. La leçon n'est pas tout à fait dans le sens de la question débattue, car il ne s'agit plus des droits de chaque apôtre, mais du devoir commun à tous. Cette leçon, authentique en substance, est rattachée à l'incident des Zébédéides par une combinaison rédactionnelle, comme celle du renoncement à la protestation de Pierre contre la première annonce de la passion.
Dans le monde, ceux qu'on regarde comme les maîtres des autres hommes, parce qu'ils ont le pouvoir de leur commander, se conduisent réellement en dominateurs, et tiennent leurs subordonnés en état de sujétion 2. Tout autre sera, dans la société des disciples, c'est-àdire, au point de vue des évangélistes, dans l'Église, la conception de l'autorité. La grandeur y est une charge, etlaprimauté un service. Les
1. Cf. Me. ix, 33-35. Mt. xviii, 1-2, 4 ; Le. ix, 46-47, 48 b ; supr. pp. 67-69.
2. Me. 42. oï8<zts on oïSoxouvueçapyeiv xwv lôvwv (non pas : « ceux qui ont l'apparence de l'autorité », mais :< ceux qui ont qualité de chefs, qui sont reconnus comme tels » ; cf. Gal. ii, 9; Mt. 25. oî àpyovxeç) xaxâxupteuouatv aùxœv xaî oî j-iEfâXoi aùxàiv xaTîÇouaiàÇouatv aù-iov. Ss. paraît avoir lu oî àpyovTe;, et omet xaî oî jj.eyàXoi xrÀ.
vrais maîtres sont le grand nombre des inférieurs, dans l'intérêt desquels existent, travaillent et se dévouent ceux qui semblent supérieurs *. Le langage de Marc, autantqu'onen peut juger par les passages parallèles 2, est déjà influencé par celui de Paul, que l'evangéliste a peut-être en vue dans le disciple qui se fait tout à tous 3. Mais l'influence de Paul est encore bien plus sensible dans la suite. Le Fils de l'homme lui-même s'est soumis à la règle qu'il veut inculquer à ses disciples. Au lieu de venir comme un prince qui se fait servir, il est venu comme un serviteur qui travaille pour autrui. Mais son travail à lui était unique, car il avait à offrir sa propre vie, et à la sacrifier pour le salut d'un grand nombre 4. Sa vie est la rançon qu'il apporte pour la rédemption des hommes. Elle est donnée pour tous ; mais tous ne profitent pas de ce suprême sacrifice. C'est pourquoi l'on peut dire, en considérant seulement les résultats, qu'elle a été donnée pour « plusieurs » . L'antithèse est entre le rédempteur unique et la pluralité des rachetés, comme dans les paroles de la cène, qui procèdent du même esprit et de la
1. Me. 43. où-/^ oÛtwç 8É èanv (s'arat) èv u[xïv àXX'o; av 0E'Xr) fJiéya; ysve'aOat év ouïv luxai u[j.tov 8câxovoç, [44. xal oç av OéXrj Èv ùu.ïv slvat 7:pwto;, k'arat ràvxwv SouXo;. Cf. I Cor. ix, 19.