‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 238 sur 729 · Cf. II Rois, ix · texte numérisé non relu

Cf. II Rois, ix

On coupe aussi des branches d'arbres ou d'arbustes dans les champs voisins pour en joncher la route1. L'enthousiasme atteint à son comble, lorsque, après avoir contourné la montagne des Oliviers, on arrive à l'endroit où la route commence à descendre, en vue de la cité sainte.

Ce détail tout à fait précis, mentionné par Luc, a pu sembler emprunté par lui à une source particulière, dont le lieu d'origine ne pourrait guère être que Jérusalem 2. Mais le mont des Oliviers semble être pour l'évangéliste le lieu de la gloire messianique, et Ion peut se demander s'il n'a pas voulu opposer la descente triomphale du Christ à la triste montée de David fuyant devant Absalon 3, sur cette même pente du mont des Oliviers. Marc et Luc localisent en ce point la manifestation, probablement pour faire droit aux prophéties 4 ; Matthieu seul pense qu'elle s'est poursuivie jusque dans les rues de la ville.

La foule pousse des cris de joie, acclamant en Jésus le Messie, fils de David. Luc observe que cet enthousiasme de la foule était causé par les miracles que le Sauveur avait faits b. Il tient à atténuer le caractère messianique de la manifestation, et il continue à prendre des précautions pour que le lecteur ne prête pas à Jésus lui-même l'espérance que le Christ est censé avoir combattue par la parabole des Mines. Luc entend bien que l'on célèbre la gloire du roi-Messie ; mais il ne veut pas que l'incident garde sa signification historique spéciale, comme si Jésus et les siens pensaient inaugurer en cet instant la royauté messianique. Telle paraît être cependant la signification originelle soit du récit, soit de la démarche même du Sauveur.

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