‹ Les évangiles synoptiques (volume 2)Chapitre 318 sur 729 · Cf. Mt. xvi, 13-16; supr. p · texte numérisé non relu

Cf. Mt. xvi, 13-16; supr. p

l'impossibilité où ils se trouveront ensuite de résoudre la difficulté signalée par Jésus. Le récit de Marc et de Luc est beaucoup moins dominé par cette préoccupation : il ne semble pas que le Sauveur veuille seulement embarrasser les scribes et faire ressortir l'insuffisance de leur enseignement ; il veut aussi indiquer à la foule et aux scribes eux-mêmes une conception du Messie plus haute que celle dont ils avaient accoutumé d'entretenir leurs espérances. Le second Evangile ne marque pas de rapport étroit entre cette anecdote et celle qui vient d'être racontée, et il n'y a pas entre elles de lien chronologique. Ce récit, comme le précédent, et comme l'apostrophe aux pharisiens qui vient ensuite, a presque l'air d'une pièce rapportée dans Marc, pour compléter le tableau du ministère hiérosolymitain. La déclaration de Jésus touchant la filiation davidique du Messie a dû être autrement préparée. La formule d'introduction : « Jésus dit, enseignant dans le temple l », peut être conforme à l'histoire, mais elle laisse voir aussi que le narrateur ne sait pas à quel propos Jésus a traité la question. Luc. après avoir mentionné les scribes dans la notice qu'il a extraite du dernier récit, leur fait adresser le discours2 ; seulement, au lieu de changer la question que l'on trouve dans Marc : « Gomment les scribes disent-ils que le Christ est fils de David? » en interrogation directe, il s'est contenté d'omettre le mot « scribes », ce qui donne à la phrase une tournure indécise, et accuse un travail de seconde main 3. Matthieu, faisant exprimer par les pharisiens eux-mêmes 4 l'opinion que Jésus leur attribue, paraît également secondaire à l'égard de Marc.

Les scribes enseignaient qu'un fils de David rétablirait l'indépendance nationale, et régnerait glorieusement à Jérusalem. Cette conception ne tient pas devant le témoignage de David lui-même, qui, dans un psaume écrit sous l'inspiration divine, a appelé le

1. Me. 35. y.cd aTcoxpiOet? ô 'I^toû; IXcvev 8i8â<Jxcov Èv ko ïspù>. Cf. v. 38. xai sv xf[ 8i8ayfj aùxou eXeyev..

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